Thématique clairement sociale pour ce scénario. Les limites de la solidarité et du soutien réciproque seront posés avec des réponses pour une large part « non militantes » qui, même si elles ne manquent pas de gêner, sont sans doute (hélas ?) assez conformes à la vraie vie. On pense à « Deux jours et une nuit » (2014) dont la mise en scène posait déjà les intérêts immédiatement contraires des protagonistes pourtant soumis aux mêmes lois et rapports de forces qui les écrasent.
Le film évite le manichéisme du gentil squatteur et du méchant propriétaire et aborde les dérives mutuelles. Un bon sujet, de bons acteurs, mais une mise en scène rantanplan.
Un bon film faisant la lumière sur ce procédé de loger des personnes moyennant finance durant le temps d'inoccupations de bureau pour éviter les squatteurs. Vanter par tous les médias comme une grande avancée... comme bien souvent lorsque des entreprises s'engouffrent dans un business c'est qu'il n'y a rien de philanthrope Une nouvelle exploitation de la misère a des fins mercantiles Le film nous dépeint très bien cela à travers le prisme d'une maman solo qui va être tiraillé moralement entre sauver sa peau et celle de son fils ou sauver des personnes qui sont dans un niveau de misère similaire au sien ... Le film évite la niaiserie dans les choix de l'héroïne ! Et ça en fait un film réaliste Très bon moment de cinéma
Dès le départ on est un peu gêné par deux petits détails, une agent immobilier qui est au chômage (ça doit être rare aussi longtemps !) et qui se permet d'accueillir son propriétaire conciliant avec autant d'arrogance. D'emblée on a bien du mal à acquiescer ce personnage. Le scénario dénonce évidemment ce dispositif, sans doute nécessaire et/ou opportun contre les squatteurs souvent irrespecteux vis à vis des locaux investis, mais qui reste aussi un gouffre pernicieux et bancal qui n'est pas sans rappeler l'univers des marchands de sommeil. Le film est dirigé et donc manichéen. Et pourtant, il compense par l'absence d'angélisme de par les choix de Inès qui lutte constamment entre la morale, sa morale et la question de nécessité surtout quand on a aussi la responsabilité de maman. Par contre, le film est particulièrement démago sur toute la partie concernant l'ado, seulement 14 ans et auquel on veut nous faire croire que les gamins ont tous une conscience politique et une maturité certaine, logique et salutaire. Ca doit exister quelque part... Le film reste plein d'acuité même si il force l'opinion, et permet de regarder en face des sujets comme la servitude volontaire et forcément les dérives qui vont obligatoirement avec. Site : Selenie.fr
Désolée, mais je ne comprends pas les avis positifs sur ce film. Film lent, on attend un rebondissement, ok il se passe des choses mais c'est mou... à part les 30 dernières minutes qui deviennent intéressantes. De grand moment de malaises, notamment lors des moments de rap de son fils, filmé bien trop longtemps et de bien trop près... Le film avait du potentiel mais je suis vraiment déçu. J'aime beaucoup louise Bourgoin, bon jeu d'actrice, mais je dirais plutôt un téléfilm qu'un film. A regarder en streaming.
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3,0
Publiée le 16 janvier 2024
Quelques mois seulement après "Le Marchand de sable", "Anti-Squat" évoque lui aussi la crise du logement en France, mais aussi ces marchands de sommeil "modernes". Moderne parce qu'on ne parle plus de personnes peu fréquentables qui louent des biens miteux pour une fortune, mais d'une société qui loue des espaces qu'ils gèrent pour éviter que des squatteurs viennent s'y installer. Les résidents et non pas des locataires sont soumis à un règlement très strict et à du travail dissimulé... Ce qui frappe dans ce film et qui est encore une différence marquante avec celui cité au début, c'est qu'on parle de personnes en situation précaire alors qu'elles ne devraient pas l'être. Il y a quand même un professeur et une infirmière... Le propos va au-delà de la simple crise du logement ou de l'abus de pouvoir et c'est ce qui rend l'histoire intéressante au même titre que ce dilemme moral auquel Inès est confrontée. Un drame social sans misérabilisme qui est un peu austère et manque de relief par moment, mais l'ensemble est convaincant.
Anti-Squat est une société protégeant les immeubles du squat. Elle engage des résidents pour occuper les bureaux le temps de quelques mois, ceux-ci devant être "flexibles". Comprenez : vivre dans des conditions précaires ! "Anti-Squat" soulève bien la question de la précarité du marché du logement. Où tout le monde galère et finit par devoir répondre à une autre entité, ce à tous les niveaux. Et où les solutions innovantes cachent un moyen pour les riches d'exploiter la misère des pauvres. Les intentions sont nobles. Il y a même quelques touches ironiques amusantes. Mais dans l'ensemble ça reste un peu moyen. Déjà parce que le scénario est manichéen (gentils résidents modestes, contre entreprise imbuvable). Et puis parce qu'il y a des choses qui ne tiennent pas toujours la route. Les retournements de veste de certains personnages. Ou la relation entre la protagoniste et son fils, à laquelle on ne croit pas vraiment. D'ailleurs Louise Bourgoin incarne cette anti-héroïne de manière pète-sec et antipathique. C'était sans doute le but, de montrer ce personnage peu avenant qui ne cherche qu'à régler ses propres problèmes. Mais cela n'en fait pas une protagoniste très attachante.
Après "Corporate", Nicolas Silhol sort de l'entreprise pour s'attaquer à un nouveau sujet : le mal-logement. Peu de changement toutefois : de nouveau un huis-clos et une critique de l'oppression dans le monde du travail. Son regard critique est intéressant, la froideur de Louise Bourgoin colle parfaitement au personnage central, mais on pourra regretter quelques maladresses qui font perdre un peu de force au film. Nicolas Silhol n'a pas maitrisé sa narration : de la question du mal logement, on glisse vers celle de l'oppression dans le monde de l'entreprise (bis-repetita) puis à celle de la soumission au système (le fils versus la mère). Du coup, tout est effleuré mais rien n'est vraiment traité. Le film tombe dans le manichéisme en faisant du gosse de 14 ans un parangon de vertu. Pire, Nicolas Silhol fait un parallèle grossier avec la collaboration, au détour d'une scène. Point Godwin. Un film bien réalisé mais un scénario à retravailler.
Très bon jeu d acteur, Louise Bourgoin convaincante dans le rôle d Ines tiraillée entre ses valeurs et la précarité dans laquelle elle se trouve. La froideur du décor n a d'égale que la rudesse d une époque, ou l exploitation de la misère est à tous les niveaux
Anti-Squat. Tourné dans l'ancien bâtiment de la S2P, banque de Carrefour à Évry. Les difficultés à se loger, même pour des personnes travaillants. Trois étoiles.
Inès est recrutée par Anti-squat pour assurer la sécurité d’immeubles vides. Le concept est simple : installer des résidents à l’intérieur pour assurer une présence dans l’immeuble, l’entretenir à moindre frais mais en contrepartie de règles strictes. C’est la petite goutte qui fait déraper un projet mal engagé. Car évidemment les résidents sont les dindons de la farce. Un film social sous forme de thriller passionnant et haletant porté par une Louise Bourgoin très convaincante.
Un thriller social assez convenu (qui lorgne du côté de Ken Loach) qui illustre l’exploitation des plus précaires, porté néanmoins par la convaincante Louise Bourgoin en mère courage et ambiguë, partagée entre la morale et son intérêt personnel. 2,25
Louise Bourgoin interprète un personnage plus complexe qu'il n'y paraît dans ce drame social qui pourrait ressembler à une dystopie s'il ne sonnait pas aussi juste. Elle est formidable de détermination et de contradictions.
plongée dans un monde réaliste où chacun essaye de s'en sortir quitte à renier ses convictions. Louise Bourgoin joue juste, elle nous entraine dans cette histoire.