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Jipéhel
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4,0
Publiée le 21 septembre 2023
De la misère
En 2016, on avait apprécié le 1er film de Nicolas Silhol, Corporate. Entre temps, il avait cosigné deux excellents scénarii pour Les Eblouis et dernièrement, pour Magnificat. Avec ces 95 minutes de drame social, il réussit de nouveau à nous passionner pour une chronique d’une dystopie annoncée. Inès est menacée de se faire expulser de chez elle avec Adam, son fils de 14 ans. A la recherche d’un emploi, elle est prise à l’essai chez Anti-Squat, une société qui loge des personnes dans des bureaux inoccupés pour les protéger contre les squatteurs. Son rôle : recruter les résidents et faire respecter un règlement très strict. Inès est prête à tout pour se faire embaucher et s’en sortir avec Adam. Mais jusqu’où ira-t-elle ? Glaçant, révoltant et hélas très édifiant du monde dans lequel on s’enfonce à grands pas. S’il est un genre dans lequel le cinéma français rayonne, c’est bien le film politico-social. En voilà un bel exemple avec ce qu’il faut de tension, de pédagogie et d’émotion pour tenir en haleine un public stupéfait devant tant de bassesses. Qu’est-ce que la loi anti-squat ? Un système légal qui permet aux propriétaires de confier leurs biens vacants à des organismes publics ou privés afin d’y loger des résidents temporaires. Le but de ce dispositif est de protéger les espaces vacants (bureaux, couvents, Ehpads...) d’une occupation illicite et de trouver des places d’hébergements pour les personnes en situation précaire. A lire comme ça, on se dit que ce dispositif – inspiré des Pays-Bas -, va apporter des solutions pour pas mal de sans-abris. Détrompez-vous ! Car, lesdits logements sont mis à disposition temporairement, pour une redevance moins importante que les loyers du marché. En contrepartie, ils sont encadrés par des règles locatives très flexibles pour les propriétaires, mais plus contraignantes pour les résidents : l’expulsion possible pendant la trêve hivernale, les enfants et les animaux interdits dans les locaux et pas plus de deux invités, l’interdiction de s’exprimer dans les médias et de s’absenter plus de deux jours sans autorisation. Cette loi Anti-Squat déposée le 18 octobre 2022 et promulguée le 14 juin 2023 par le Sénat et l’Assemblée Nationale, durcit les sanctions liées aux squats de locaux et pérennise cette expérimentation de système locatif. C’est donc ce qu’on appelle pudiquement la protection par l’occupation qui nous est décrit dans ce film pathétique jusqu’à la nausée. On comprend que, dans les faits, la mise en pratique de cette idée est plus guidée par le profit que par l’humain. Restriction des libertés, servitude volontaire et, face à ces dérives, la tentation de la révolte servent de toile de fond à l’histoire d’Inès qui voit un engrenage infernal se refermer sur elle. Ce monde de demain, c’est déjà aujourd’hui. Louise Bourgoin, sans nul doute dans son meilleur rôle à ce jour, nous gratifie d’une performance formidable. Elle ne quitte pas l’écran et en profite pour le crever. Elle est fort bien entourée par le jeune Samy Belkessa, une révélation, Sâm Mirhosseini, Kahina Laroucine, Antoine Gouy, Adèle Wismes, entre autres. Silhol film sans misérabilisme la pauvreté et la déshumanisation qui rongent notre société dans un thriller social très réussi. On ne sort pas de là en faisant des claquettes, c’est certain, mais plutôt avec un goût amer au bord des lèvres, mais aussi avec la sensation d’avoir appris quelque chose d’encore plus déprimant sur ce monde libéral qui nous écrase.
Cette remarquable analyse des enjeux de l'immobilier et du logement est interprétée par une comédienne redoutable dans un scénario implacable d'efficacité. Si efficace que ce thriller social se passe d'émotions artificielles au profit de vraies vies de gens autour d'un exercice de rap tellement à propos.
Anti-Squat démarre sur une idée de départ réellement intéressante, exploitant un dispositif social encore peu connu et pourtant riche en potentiel dramatique. Nicolas Silhol installe d’emblée une atmosphère tendue, presque clinique, et certaines scènes parviennent à créer une ambiance efficace, jouant habilement sur l’architecture froide du lieu, la surveillance permanente et la pression insidieuse exercée sur les occupants.
Ce début solide laisse espérer un thriller social prenant, mais le film peine à conserver cet élan. Le rythme devient rapidement inégal, les scènes intermédiaires manquant de tension ou s’étirant sans faire avancer l’intrigue. À cela s’ajoute une montée dramatique souvent prévisible, qui suit les codes attendus du thriller psychologique sans parvenir à les renouveler.
Résultat : on se laisse embarquer dans la première partie, intrigué par le concept et par l’univers installé, mais l’intérêt décline progressivement. Le récit semble tourner en rond, et la dimension critique ou sociale, pourtant prometteuse, ne suffit pas à relancer l’implication du spectateur.
Anti-Squat n’est pas dénué de qualités — son atmosphère et son idée centrale en témoignent — mais son exécution inégale et trop balisée limite son impact.
Un Ken Loach à la française, c'est forcément intéressant. Une jeune femme qui élève seule son fils se trouve prise dans les dilemmes moraux qu'inflige le capitalisme le plus glauque, et s'en sort comme elle peut, non sans dégâts. C'est joué et filmé de manière convaincante et l'on est tenu en haleine, même si le sujet est plombant. A voir.
Super idée, ambiance glaciale et scénario pas comme les autres. Hélas, louise Bourgoin ne parvient pas à sauver le film. Clichés éculés, mère blonde et enfant rappeur, mère isolée, ado receleur, français méchants et capitalistes. Quel gâchis d'assister à ces sketchs qui mis bout à bout ne donnent pas un film mais tout juste un pamphlet de lycéen révolté.
J'ai beaucoup aimé l'aspect social sous fond de thriller. Je trouve également que les mécanismes de la manipulation sont bien rodés et efficace...un manipulation qui en entraîne une autre...entre âge diabolique. Je trouve aussi intéressant de montrer un personnage avec un poste haut-placé qui se retrouve en situation de précarité
La morale du film est claire : la fin justifie les moyens. Ou comment exploiter les miséreux en utilisant d’autres miséreux pour pouvoir nourrir tranquillement le capitalisme. Le sujet de base est très intéressant mais je n’ai pas vraiment aimé la façon dont il a été traité ici.
Du social antisocial. Grave et dure est la situation dans laquelle nous met ce film. Comment lorsqu'on a plus, ne pas être injuste envers ceux qui ont moins. Et quand on a peu, à quelle injustice est on prêt pour avoir plus? Le quotidien des gens qui aimeraient bien avoir à se loger, pour une nuit, un bail, une vie, est combat constant. C'est un monde urbain sans pitié qu'est le notre. La précarité nous guette, elle attend. On aurait tort de se croire à l'abri. Ma Note sera de 2.75 sur 5. Pour ce film réaliste, nous mettant le nez face une crise du logement certaine.
Très bon film. Cette réalité qu'on aimerait être une dystopie fait froid dans le dos. Un film à voir pour le thème traité et pour l'interprétation de Louise Bourgoin qui est une fois de plus excellente.
Alléché par ce scénario original qui exploite la misère social et par un casting intéressant je me suis laissé prendre au jeu. Le film aurait sans doute aller plus loin dans l'apreté et la violence pour prendre aux tripes mais cela reste un bon moment
Vraiment très bien. Univers un poil dysphorique sur fond de justice sociale. Une réflexion morale intéressante, et des acteurs très justes dans leur jeu. Vraiment pas déçu !
Encore une fois, le cinéma français prouve qu’il sait aborder des sujets sociaux graves avec justesse et tension. Le film m’a surpris par son réalisme et son ambiance pesante, presque documentaire. Louise Bourgoin est excellente dans un rôle complexe, humain et troublant. J’ai trouvé le scénario bien , et la fin, amère mais lucide, m’a bien remué.