Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes :
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Imagine une équipe de super-héros en cure de désintoxication identitaire. Voilà, tu y es. Thunderbolts balance sur l’écran une bande de marginaux de seconde main, unis dans une mission dont même eux semblent ignorer le but. Et nous aussi, très honnêtement.
Là où on espérait un chaos stylisé façon Dirty Dozen version Marvel, on se retrouve avec un comité d’entreprise en reconversion morale. Yelena, toujours Florence Pugh en mode « j’ai plus de punchlines que de balles », fait le job, voire le film. Les autres ? Des hologrammes en quête d’une ligne de dialogue potable.
Jake Schreier tente de diriger l’orchestre avec une baguette en mousse. Sa mise en scène ? Propre. Trop propre. On sent qu’il veut faire dans la sobriété élégante, mais ça finit comme un plat gastronomique sans sel. Pas indigeste, non, mais fade comme une réplique de Bucky.
Parlons-en : Sebastian Stan semble avoir oublié s’il est là pour tuer, pleurer ou compter les jours jusqu’à la retraite. John Walker (Wyatt Russell) flotte entre deux humeurs, comme un vin mal décanté. Et David Harbour ? Il cabotine. On sourit, puis on oublie. Julia Louis-Dreyfus essaie bien de glisser un peu de verve dans le sablier, mais même avec Harrison Ford en caméo ronchon, ça manque de croquant.
Mais, attention, le film croit dur comme vibranium qu’il a un propos. Sur quoi ? Le pardon, l’identité, la zone grise… mais chut, faut pas trop en parler, ça risquerait de devenir intéressant. Le pire, c’est qu’on devine des idées derrière tout ça. Des fragments. Mais Marvel semble plus préoccupé par ses échéances que par ses personnages.
Thunderbolts ? Une esquisse de rébellion formatée. Une dissonance molle. Un festival de presque. On attend le frisson, on a l’impression d’assister à un entretien RH entre super-héros désabusés. Une sorte de 12 hommes en colère, mais sans la colère. Ni les hommes. Ni la table.