"Ne pas aller bien, c'est OK, mais il faut se faire aider." Voici le très beau (et étonnamment profond) message principal du dernier film Marvel, qui aborde la dépression, la difficile acceptation de son mal-être, la sensation de néant et d'isolement que ressentent les victimes, mais aussi l'écoute et les mains tendues qui sont autant de marches à l'escalier qui permet lentement de sortir du trou... Oui, le personnage de Bob nous a (beaucoup) touché. Thunderbolts* n'est donc pas un film de super-héros bourrin avec cent milliard de vannes pour les enfants de 4 ans, n'a pas d'effets numériques bâclés et baveux, ne joue pas sur la popularité des noms à son casting...bref, c'est une bouffée d'air frais après une longue apnée parmi des productions Marvel fainéantes. Oui, le film n'est pas parfait, à l'image de son montage très pénible dans la première partie du film (on alterne entre une mission d'infiltration et un gala, sans transitions, et sans que le parallèle des scènes ne soit pertinent pour l'intrigue), de son Red Guardian parfois un peu lourdingue (il est là pour compenser les autres personnages qui sont très sérieux), de son absence regrettable de BO (pas de musique dans le film), des incohérences et facilités scénaristiques (dans une agence d'espionnage ultra-secrète, l'assistante passe plein de coups de fils compromettants sans que jamais personne n'écoute... Agence d'espionnage en carton). Mais voilà, le rythme est bon, les thématiques sur les problèmes psy sont bien gérées, le personnage de Bob est très attachant (et identifiable, si vous avez un jour connu le fond du trou psycho), on a été surpris par
l'éviction d'un des héros dès le début (alors qu'on trouvait son costume cool, "hop elle est morte",
on ne l'a pas vu venir) et aussi par la rapidité avec laquelle
Sentry écrase Bob (cela illustre bien le dernier signe d'alerte que craignent les psys : le changement radical d'apparence, souvent annonciateur d'un "passage à l'acte" rapide, ici la mort de Bob au profit de Sentry
). Aussi, l'intrigue est pour une fois toute simple : pas de palabres interminables comme le récent Captain America Brave New World, ici on est sur un scénario identique à celui d'un épisode des Super-Nanas qui combattent un mime dépressif qui retire les couleurs et la joie de vivre à Townsville... Oui, Thunderbolts* a un scénario diffusable sur Cartoon Networks, mais au moins il n'essaie pas de se la raconter, et balaie d'un revers de mains les éternelles (et interchangeables) batailles à coups de poings et voitures qui volent pendant un quart d'heure (les fins des Marvels depuis un moment), ici la résolution est aussi minimaliste et simple qu'un
bon vieux câlin quand le dépressif est en chute libre mentale : la scène est celle qu'on a préférée.
On ajoute que si la première scène post-générique ne sert à rien, la seconde commence enfin (si la suite est dans la même veine que ce Thunderbolts* plus mature) à nous intéresser. Beaucoup de promesses, beaucoup de mystères... Mais ces mystères ne sont rien comparés à la Grande Question : c'était un sponsor de chaînes, ou de pneus, au final ?