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Rémi G.
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5,0
Publiée le 27 mars 2023
Par une douceur stupéfiante, ce voyage au cœur des sentiments vous transpercera le cœur et vous bouleversera l'âme d'une manière totalement insoupçonnée. Une des plus belles surprises cinématographiques.
Une oeuvre haute courure ou apparaissent dans ce lieu du conservatisme qu'est Salé, l'arbitraire policier au coin d'une rue, seule representation d'un Etat absent pour les malades, l'évocation des juifs disparus, le sexe interdit mais présent dans une société bigote. Seul l'atelier de cette petite famille fait transparaitre quelques lueurs, visages et mains s'entremêlent dans d'exquis plans d'étoffes
Un film bouleversant portée par un magnifique trio d'acteurs Une mention spéciale à lubna Azabal Sur un thème difficile , la mise en Scène et le jeu tout en subtilité du trio font passer des émotions puissantes où l'amour est sublime aussi bien de la femme pour son mari que de lui pour son apprenti Entre la réserve du mari et la joie de vivre et d'aimer De la femme fidèle bien que trompée Un hymne à la vie et à l'amour à la fidélité de l'attachement dans un couple atypique Aucun voyeurisme aucun Cliché une belle histoire avec en plus la découverte d'un métier , d'un art meme 2h d'émotion qui vous prend et ne vous lâche plus avec une belle fin noble même si on la devine Alors que cinema se perd en suites de nanards en films sans ambition voici enfin un film qui vous donne envie de retourner dans les salles pour vivre l'émotion pure du bon cinéma Surtout ne loupez pas ce chef d'œuvre
Les premières 45 min sont interminables.. le film devrait commencer à la 46e min .. très beaux plans , photographies .. les acteurs jouent admirablement cependant trop beaux pour être réalistes cependant un bon moment de cinéma
Ne cherchez pas un subtil fil bleu dans le film. Tout est dit dans la lenteur des scènes et se résume à l'intimité d'un couple "traditionnel" au Maroc. L' homosexualité y est montré sans agression , tout en douceur avec bienveillance. Les regards en disent parfois plus long que les paroles, c'est la cas pour ce trio d'acteurs émouvants et justes. Le caftan en toile de fond enveloppe une réalité du pouvoir de la religion et des traditions au Maroc.
Quel magnifique film de Maryam Touzani, plein de d'humilité et d'Amours. Au pluriel, car c'est un remarquable focus sur un métier artisanal tellement précis, technique et difficile, de l'or dans les mains de Halim ( Saleh Bakri ), un couple ( Halim et Mina : Lubna Azabal ) admirable. Mariés, ils peuvent presque tout surmonter. Les scènes sont presque toutes réalisées dans une demie pénombre, l'appartement ou l'atelier étant très sombres, et propices aux regards bien plus expressifs que les dialogues économes. Quelle sensualité se dégage des gestes entre Halim et son apprenti Youssef ( Ayoub Missioui ), tout comme dans l'ordinaire du couple. L Azabal est vraiment touchante, dans un rôle que son corps a complètement investi. Elle est la pierre angulaire d'un équilibre subtil, pétrie de tolérance et de pudeur. Aborder la maladie et l'homosexualité dans une telle intimité jamais déplacée, force l'admiration et procure une incroyable émotion exacerbée par une certaine lenteur de circonstance. Phénoménal.. !!**
Séance suivie d'une rencontre avec la réalisatrice Maryam Touzani. Échange intéressant et riche, entre une femme sincère et un public charmé et séduit. Le Caftan bleu, une belle histoire , histoire d'amours, pudiques et délicates, pour elle, pour lui, entre eux. Amour aussi pour cette art traditionnel, ce métier de maître tailleur, être le maalenn : celui qui sait, celui qui à le savoir faire ; savoir faire du passé, en voie de disparition et la transmission, la complicité, la passion. Il y a aussi des non dits , des choses qui se cachent, à peine évoquées et pourtant tout est évidence. Un sujet tabou dans cette ville marocaine, dans cette société maghrébine, l'homosexualité . Le film le suggère sans jamais la nommer, par pudeur sans doute , par peur aussi peut-être ? Peur de choquer ? Le film qui sort au Maroc pourrait être l'ouverture vers un débat. D'ailleurs comme par mimétisme seul un spectateur en fin de débat le prononcera enfin . Surprenant ! L'homosexualité est pourtant clairement le vrai sujet du film. La sensualité est omniprésente dans chaque plan du film. Les images de l'intime, le détail des corps, la lumière qui auréole les objets du quotidien, l'émotion qui passe dans les silences. La caresse sur les tissus... chaque image extrêmement soignée. Et la subtilité du jeu des acteurs : leur humanité, leur délicatesse et surtout la prestation de Saleh Bakri... ses yeux qui expriment la tendresse , le désir et tout s'éclaire. Poésie des images, des gestes, des regards échangés. Caftan bleu , couleur bleue... , l'immensité du ciel , de la mer, symbole de liberté.... la dernière scène au café, tant d'espoir.
Ce petit film (avec peu des moyens) a un centre gravitationnelle, il est Lubna Azabal (Mina) qui porte le poids le plus important de ce film triangulaire avec une toile de fond (c’est le cas de le dire) le caftan bleu qui est le fil conducteur de cette histoire d’amour toute en subtilité et plein de nondits, d’ailleurs la plupart de dialogues sont les silences et surtout les regards, plus parlants que les meilleurs dialogues. Le seul bémol est, pour moi, les quelques lenteurs en trop dus précisément au retenus et les nondits qui ralongent un peu la durée. Malgré ces petits détailles, qu’à la fin ne sont pas un handicap, cette histoire d’un triangle amoureux a su m’émouvoir comme aucun film ne l’avait fait depuis longtemps. Le 20 dernières minutes valent pour tout le reste et la scène où tous les trois se mettent à danser m’a procuré une émotion de gaité inégalable. Pour ceux qui veulent connaître ce qui peuvent vivre et resentir les homosexuels dans le Magreb, où le silence sur ces sujets est dans leur culture. Allez voire ce petit bijoux, en laissant vos prejugés à la maison.
"Le Bleu du caftan" en compétition l'an dernier au festival de Cannes (hélas parti bredouille dans la section un Certain Regard) est un drame marocain pertinent. En effet il faut souligner le courage de la réalisatrice Maryam Touzani pour évoquer dans son film l'homosexualité au Maroc d'une manière subtile et réaliste dans un récit émouvant et courageux avec des acteurs en état de grâce (Saleh Bakri, Ayoub Missioui et mention spéciale à Lubna Azabal ).
Un film d'une rare sensibilité ! Les émotions et les sentiments sont sans cesse là pour lutter contre les préjugés et les certitudes. Des acteurs talentueux et beaux de vérité. Un chef d'œuvre !!!
« Un certain regard » au Festival de Cannes (2023), Prix de la critique internationale. Il s’agit bien ici d’un « certain regard », avec certainement prise de risque pour obtenir le visa des autorités marocaines de tutelle mais cette fois ça passe, sans doute parce que le propos est à dessein très édulcoré. Ce n’est pas toujours le cas quand le cinéma marocain contemporain explorant la société conservatrice, empêtrée dans ses traditions, dans ses interdits, se risque sur des sujets considérés localement comme tabous. Avec sans doute l’idée en arrière-plan de faire peu à peu bouger les lignes. Mais le risque c’est toujours de franchir la ligne rouge. C’est ce qui arriva d’ailleurs à « Much Loved » (2015), de Nabil Ayouch, le compagnon à la ville et sur les plateaux de Maryam Touzani, la réalisatrice et scénariste ici (Nabil Ayouch est le producteur). L’interdit de la référence cinématographique que je cite portait sur la prostitution féminine que les autorités du cru en charge de la censure, pas plus que la société, ne souhaitent voir étaler. Cette fois c’est l’homosexualité masculine qui est abordée par touches légères. Du domaine de l’intime, condition qui aura permis que ce film marocain ne soit pas voué aux gémonies des autorités de l’autre côté de la Méditerranée. L’ensemble relève d’un exercice de style. Assez typique de ce qui plait à Cannes mais qui ne rencontrera certainement pas un large public. On pourra aussi s’étonner qu’un film en partie financé par des fonds dédiés à la Francophonie soit en V.O. intégrale. Le Maroc, pays francophone aussi, mais ici en Darija (la langue arabe locale). Sous-titré bien entendu.
chef d'oeuvre absolu. spoiler: Le satin est souple et robuste comme l'amour qui relie ces êtres et la transmission va bien au delà de celle du métier d'art. Les circonvolutions des fils d'or et le raffinement des boutons nous rappellent la fragilité des relations humaines et notre propre vulnérabilité.