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Marc Taton (Belgique)
42 abonnés
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4,0
Publiée le 23 mai 2025
Un film tout en subtilité sur un sujet tabou : l'homosexualité au Maroc, Maryam Touzani signe ici un très bon film à la fois subversif et tout en retenue, c'est un huis clos (enfin presque) qui se concentre sur un trio de comédiens au top. Puissant et émouvant "Le Bleu du Caftan" vaut sincèrement le détour.
Le film a été salué pour le courage qu'il y a à parler d'homosexualité au Maroc. Peut-être, mais c'est là un petit détail comparé à ses qualités intrinsèques.
Un charme inouï d'abord. J'ai vu le film quatre fois (en visionnage, à Visions d'Afrique 2022, au Fespaco, puis pour le Ciné Club de Loches), et à la quatrième j'avais en fait toujours plus de plaisir à retrouver Halim, Mina et Youssef, des gens charmants, presque des amis.
La pudeur des personnages, reflet de leur respect mutuel plus que la discrétion obligée d'homosexuels réprouvés, participe à leur charme. Le trio d’interprètes est parfait, mais le résultat tient à une direction des acteurs remarquable.
La concentration de l'action dans un périmètre restreint et assez clos, l'appartement, la boutique et pour deux scènes, le hammam, renforce le sentiment d'intimité
NB. L'affiche initiale du film était magnifique ; certainement efficace pour la promotion du film, elle prolonge le plaisir des spectateurs longtemps après avoir vu le film.
Le Bleu du caftan est un film Marocain présenté dans la section "un certain regard" au Festival de Cannes,qui explore avec subtilité la vie intime et secrète de Hakim et Mina,un couple marié depuis de nombreuses années.Ensemble,ils tiennent une boutique artisanale de Caftans traditionnels dans la médina de Salé,au Maroc.Mais derrière les murs de leurs magasin de de leurs foyer,Halim et Mina partagent un Secret lourd et difficile:Halim,bien qu'il soit marié à Mina ,est homosexuel.Ce sujet est un profond tabou dans leurs société,et pour se conformer aux attentes sociales,Halim garde cette part de lui même bien enfouie.Leur relation,construite autour de ce silence,repose sur un équilibre fragile. L'histoire prend un tournant lorsque Mina tombe gravement malade Dans le même temps,un jeune apprenti, Youssef, rejoint leur atelier.L'arrivée de cet apprenti perturbe le quotidien bien réglé du couple.Avec son énergie et sa curiosité, Youssef introduit une nouvelle dynamique qui va bouleverser leurs vies.Ce jeune homme,sans le vouloir, amène Halim à faire face à des sentiments et des désirs qu'il a longtemps réprimés.Alors que Mina et Halim traversent une période douloureuse.Cet apprentissage émotionnel va les rapprocher de manière inattendue.Malgré les non-dits et la douleur,un amour profond et sincère unit Halim et Mina.Les aidant à se soutenir mutuellement dans l'épreuve et à affronter leurs craintes les plus intimes. Le Bleu du caftan aborde un sujet complexe et rarement exploré dans le cinéma Arabe:La difficulté d'être homosexuel dans un pays musulman, où les normes culturelles et religieuses laissent peu de place à l'acceptation de l'homosexualité.Ce film abordé cette question avec beaucoup de pudeur et de respect,rendant son traitement d'autant plus audacieux et nécessaire.Les acteurs incarnent leurs rôles avec une délicatesse et une justesse incroyable,donnant vie à des scènes pleines d'émotions et de tendresse.Certaines scènes sont marquantes par la douceur des gestes,les regards et les silences échangés. Certaines scènes s'étirent longuement,avec des moments où l'action semble presque suspendue,ce qui peut donner une impression de longueur.La caméra s'attarde sur des instants de grande intimité,comme une scène de caresse ou un passage au hammam,ce qui peut parfois mettre le spectateur dans une situation inconfortable.L'histoire est racontée avec un rythme lent et contemplatif Laissant le temps à chaque scène de se dérouler, ce qui fait que beaucoup peuvent deviner l'évolution de l'intrigue bien avant les personnages eux-mêmes. L'une des grandes forces de ce film réside dans la manière dont il traite les émotions avec beaucoup de retenue et de pudeur.Plutôt que d'exposer les sentiments de façon explicite.Le Bleu du Caftans choisit de les suggérer, laissant aux regards et aux silences le soin de communiquer ce qui ne peut être dit.cette approche, élégante et poétique, peut toutefois créer une certaine distance pour le spectateur,qui pourrait souhaiter un accès plus direct aux pensées et aux émotions des personnages pour mieux saisir leur complexité intérieure. Visuellement Le Bleu du Caftans est un véritable régal pour les yeux.La mise en scène met en valeur la beauté des caftans,la richesse des tissus et l'atmosphère de la médina de Salé,qui devient un personnage à part entière dans le film.Les couleurs des étoffes.Les gestes précis du travail de travail de couture et les détails soignés des costumes symbolisent les émotions tissées spectateur,et nouées au fil des années entre Halim et Mina.Ce soin accordé à l'esthétique renforce l'authenticité des sentiments enfouis.
L'amour avec un grand A! Des acteurs remarquables! La beauté est partout y compris là où on ne l'attend pas! On passe d'une émotion à l'autre dans une douceur infinie! J'aime décidément beaucoup les réalisateurs/trices d'orient!
Mitigée par le traitement superficiel de l'homosexualité, qui est pourtant annoncée comme LE ressort du film. En effet, le jeune apprenti ne sert à rien... Si ce n'est de mettre en lumière voire de renforcer les liens qui unissent Mina et Halim. On ne sait rien de cet apprenti à part son prénom. Quel est son âge ? Quelle est sa motivation à exercer ce métier ? Comment vit-il son homosexualité ? spoiler: Comment vit-il ce triangle amoureux ? Même question concernant la vie sexuelle et sentimentale de Halim. Le couple de façade que forme Mina et Halim est trop lisse, comme si la situation qu'ils vivaient était facile, acceptable : Mina ne pose pas de questions, le regard des autres et la crainte de se faire prendre ne sont pas évoqués/ traités alors que l'homosexualité est encore condamnée au Maroc !
Belle mise en scène, intrigue très intime, c'est poignant, remarquablement interprété, mais j'ai trouvé ce film beaucoup trop long et lent par rapport à son contenu, car il y a au moins trois quarts d'heure où il ne se passe rien, et cela manque de rythme.
Le bleu du caftan, film sorti en 2022 et représentant le cinéma marocain aux Oscars relate l’histoire de Halim, un maalem (artisan du tissu), sa femme Mina, et leur apprenti Youssef.
Cette histoire traite le sujet évident de l’artisanat de manière très délicate et sensuelle. La réalisatrice montre, grâce aux nombreux plans serrés, un travail minutieux et délicat du travail de la main, la beauté du tissu, ainsi que la dévotion pour une pièce en cours de réalisation. De plus, Halim refuse formellement d’utiliser des machines à couture, malgré les remarques des clientes comme une qui a affirmé que de nos jours personne ne voyait la différence. Ce film est alors une éloge à l’artisanat. Pour continuer, l’homosexualité est un sujet traité avec courage, puisqu’au Maroc, l’homosexualité est illégale. En effet, Halim et Youssef ressentent une grande attirance, puis au fil du film un amour sincère, avec respect pour Mina.
Cependant, contrairement aux différentes critiques professionnelles ou même de mon ciné-club, je n'ai pas apprécié le jeu d'acteur de l'acteur jouant Youssef : j'ai trouvé que son attirance pour Halim semblait superficielle, et qu'il n'y a pas d'évolution dans son regard envers Salim tout au long du film. Après, j'ai trouvé qu'il y avait trop de plans serrés, et que la première partie de l'histoire ne relatait aucun rebondissement. Pour continuer sur les points positifs selon moi, j'ai adoré la transmission de la culture marocaine (linceul, bruits de la rue, couleurs chaudes), ainsi que l'attrait à la religion.
Enfin, le personnage de Mina m'a beaucoup touché. Malgré sa maladie, elle a toujours souhaité être une femme forte, emplit de caractère et indépendante. Elle possède une force intérieur et un grand amour pour Halim, ce qui lui a permis de se battre face à la maladie du cancer du sein. De plus, montrer concrètement le sein de Mina est un message puissant de la réalisatrice Maryam Touzani, ce qui m'a beaucoup plus. (ceci n'est que mon avis personnel)
Je conseille à quiconque n'a pas vu ce film de le voir.
Un film qui allie la délicatesse du drap et du travail minutieux avec celle des sentiments et de la douceur des gestes. Il y a une sensualité et une pudeur incroyables entre ces deux hommes Le rôle de la femme est également superbe. Le film est sensible et beau. Il révèle aussi cette attirance même si le sujet est aussi axé sur la mort et la peur de la perte de l’autre.
En 2022, la réalisatrice marocaine Maryam Touzani signe un film extrêmement sensoriel dont la principale qualité, à savoir le caractère languissant du récit, constitue également son unique défaut. Cette histoire d’amour avec un grand A s’exprime au moyen d’une mise en scène feutrée où les regards, les actes tactiles, les non-dits prédominent sur la démonstration matérielle. Il en ressort une forme de sensualité charnelle et artistique néanmoins noyé dans un océan de lenteur. Bref, une peinture délicate sur la passion.
le lent battement d'une paupière, l'aiguille pénétrant le tissu dont le chatoyant est rendu de manière saisissante, l'amour d'une femme pour son mari qui cache le lourd secret. L'amour de cet homme qui n'est pas possible…Un chant à l'amour et à la compassion, la tolérance, l'ouverture à l'autre tel qu'il est.
Enfin vu ce film dont on ne m’avait fait que des éloges et raté en salle. Il y a longtemps qu’un film ne m’avait touché ainsi (avec Sans jamais nous connaitre cette année). Une histoire d’amour interdite et impossible où rien n’est dit ou presque. Tout passe dans les regards, les gestes et les non-dits justement. La mise en scène est aussi discrète et sobre que le scénario et le jeu des acteurs. Le talent de Luna Azabal n‘est plus à prouver, elle est formidable ici une fois de plus. Les deux acteurs Saleh Bakri et le jeune Ayoub Missioui sont impeccables, deux belles révélations. L’ensemble est fait avec une belle justesse et une grande délicatesse. Tout glisse avec une douceur et une sensualité infinies comme les doigts sur les étoffes soyeuses présentes partout ici. Un film raffiné, pudique, élégant et sensible, d’une grande retenue, l’un des plus beaux de ces dernières années. Splendide et bouleversant. Un chef d’œuvre.