Everybody Loves Touda
Note moyenne
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Nisrine Nis
Nisrine Nis

1 critique Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 décembre 2024
Bien que l’intrigue soit intéressante à suivre, certaines incohérences nuisent à sa crédibilité et à son impact.

spoiler: - Touda est décrite comme quelqu’un qui a passé toute sa vie dans un village rural, sans accès à l’éducation. Cependant, l’actrice, ainsi que ses parents et son amie proche, parlent avec un accent qui reflète clairement un milieu urbain, notamment Casablanca ou Rabat. Cette incohérence est particulièrement frappante dans des scènes comme celle où elle prend un taxi et demande un hôtel – la manière dont elle prononce "hôtel" ne correspond pas à ses supposées origines rurales. Une autre incohérence apparaît dans la scène finale, où le personnage principal lui demande en français : « Quel est votre nom ? » Malgré le fait que son personnage soit censé être sans éducation et illettré, elle comprend et répond, ce qui ne cadre pas avec son histoire.


spoiler: - Touda a un enfant sourd et communique avec lui en langue des signes. Cependant, le film ne donne aucune explication sur la façon dont elle, une femme non éduquée venant d’un village rural avec peu de ressources, a appris cette compétence. - Le film introduit de nombreux personnages secondaires, mais la plupart manquent de profondeur ou d’importance. Ils apparaissent brièvement et contribuent peu à l’intrigue. Cela aurait été plus captivant si nous avions appris davantage sur leurs histoires ou leurs liens avec le parcours de Touda. - Dans une scène où le groupe de Touda est arrêté par les autorités lors de leur voyage depuis le village, le film montre qu’ils sont arrêtés par la police. Cependant, dans les zones rurales marocaines, ces endroits relèvent de la gendarmerie, et non de la police. Ce détail, bien que mineur, nuit à l’authenticité du film. - Lors de son arrivée à Casablanca, Touda est montrée errant dans le quartier de Maarif, coiffée avec les cheveux attachés et portant son foulard comme un bandana. Ce look ne correspond pas à ses origines rurales – elle aurait probablement porté une djellaba traditionnelle et un foulard noué modestement autour de la tête. - Lorsque Touda essaie d’inscrire son enfant dans une école pour sourds à Casablanca, le directeur lui demande de ramener son enfant pour une évaluation, mais ajoute : « Votre enfant sera choqué. » Cette phrase est confuse et peu claire. L’enfant est-il censé être choqué par la modernité de la ville, par l’environnement de l’école ou par autre chose ? - Touda affirme que son rêve ultime est de chanter de l’Aïta. Cependant, lorsqu’elle se produit à la fête des riches – un moment qui aurait pu mettre en valeur son rêve – elle chante du Chaâbi à la place, un style qu’elle chante tout au long du film, ce qui laisse le public perplexe.


Certaines scènes semblaient inutiles ou déplacées, comme la scène de sexe, par exemple, qui n’apportait rien à l’histoire. De même, la scène où Touda tente de synchroniser son chant avec l’Adhan semblait ajoutée uniquement pour choquer, plutôt que pour servir le récit. Un autre point est que, dans la culture marocaine rurale, il est très peu probable qu’un père soutienne sa fille à devenir cheikha. L’ouverture d’esprit de son père à l’égard de sa carrière semble complètement irréaliste et incohérente avec les normes culturelles. Malgré ces défauts, le film a plusieurs points forts : la cinématographie est magnifique et capture l’essence du Maroc rural et urbain de manière impressionnante. Les performances vocales étaient captivantes, mettant en valeur le talent et l’âme de la musique marocaine traditionnelle. La représentation de la vie nocturne à Casablanca était fidèle, illustrant la richesse et la complexité de la culture de la ville après la tombée de la nuit. En conclusion, je donnerais au film une note de 2.5/5. C’est un film visuellement impressionnant avec du potentiel, mais qui échoue à livrer un récit cohérent et crédible.
Yaya 🦋
Yaya 🦋

1 critique Suivre son activité

1,0
Publiée le 29 mai 2025
Si son intention était de rendre à la Aita sa gloire d'art ancestral dans le chef de la société marocaine, c'est un échec et pas des moindres.
Touda est une mère célibrataire, statut déjà très peu respecté, qui entretient de plus une relation inappropriée avec un homme qui trahit sa femme et ses enfants pour des moments fugaces de satisfaction égoiste. Tous les hommes qui l'entourent entendent ses chansons comme des invitations et le film commence d'ailleurs sur le sauvage viol de Touda par un groupe d'hommes pour lesquels elle avait chanté à une petite fête. Là où monsieur Ayoush aurait pu saisir l'occasion pour faire face au fléau que sont les violences sexuelles, il se contenta d'effleurer ce sujet extrêmement sensible, au point de le banaliser comme un dommage collatéral de la vie de femme ou du moins de la vie de Sheikha. Il semble utiliser la sexualité pour choquer et démontre par ce procédé que la provocation a apparemment pour lui bien plus de valeur que la transmission d'un réel message.
En ce qui concerne son fils Yassine, sourd et muet, à nouveau il s'agit là d'une opportunité manquée de faire une critique constructive de la société. A la place, le film mentionne de manière superficielle les difficultés de Touda à trouver un établissement adapté aux besoins de son fils, en minimisant tout à fait les stigmates débilitants auxquels font face les enfants comme Yassine, sans compter le cruel manque de subventions publiques. [/spoiler]
Le film se termine sans grands dénouements et nous prenons congé de Touda exactement là où nous l'avons rencontrée au début, malmenée par les brutes qui l'emploient et l'écoutent et réduite à une vulgaire fille de joie qui s'avère aussi avoir une jolie voix... Elle n'est guère émancipée par ses circonstances, encore moins par ce portrait presque fétichiste de son art!
Somme toute, un film bâclé, de toute évidence conçu pour un public occidental et qui détériore plus la réputation déjà chancelante de la Sheikha auprès de l'opinion générale marocaine qu'il n'en fait l'éloge. La seule victoire de ce film est un usage qualitatif du visuel avec certaines très jolies scènes vers la fin, et encore... Si vous avez réellement à coeur la Aita et le féminisme, passez votre chemin.
Im@x33
Im@x33

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4,0
Publiée le 22 mai 2024
Vu au festival de Cannes

Nisrine Erradi est excellente dans le rôle de Touda. Une femme forte et tendre à la fois, Belle et déterminée. Elle doit assumer son rôle de mère célibataire et persévérer pour atteindre son rêve de devenir une Cheikha malgré toutes les humiliations et les difficultés à laquelle elle est confronté. On voyage avec les chants traditionnels marocain.
juliette121895
juliette121895

2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 décembre 2024
Everybody loves Touda.. ou pas.
Un super film qui mérite plus de visibilité ! Un sujet sensible, d'actualité, et nécessaire.
Ike
Ike

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2,0
Publiée le 9 mai 2025
Le film prolonge la ligne éditoriale de Nabil Ayouch, avec ses qualités visuelles mais aussi ses limites narratives. Comme dans Razzia, le scénario reste en surface. Il effleure les enjeux sans vraiment les approfondir.
Ayouch propose encore une fois un Maroc misérable, pauvre, illettré. Une réalité qui existe, certes, mais dont l’exploitation systématique finit par sonner comme un cliché.
Nisrin Erradi livre une performance remarquable, sensible et puissante, qui donne au personnage principal une profondeur que le scénario ne lui offre pas toujours. Dommage que le reste du film ne soit pas à la hauteur de son jeu.
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