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Pascal
256 abonnés
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2,5
Publiée le 7 janvier 2025
Si " much loved" (2015) avait retenu l'attention ( et quelques ennuis rencontrés par le cinéaste franco marocain N.Ayoub avec les autorités marocaines), " Everybody ..." est ( selon moi) moins réussi.
Il y a une idée : une jeune chanteuse du répertoire traditionnel tente de s'émanciper grâce à son art, mais malheureusement pas ( ou si peu ) de scénario.
Ce n'est pas faute d'avoir un casting à la hauteur et une technique cinématographique maîtrisée, mais "Everybody..." tourne finalement en rond pendant presque toute sa durée.
Son rôle potentiel de passeur ( transmettre à un public occidental qui ignore tout du style musical interprété par son personnage principal) reste au bord du chemin.
Ça fait beaucoup ou plutôt pas assez, pour ne pas être ( pour ma part ) déçu et même pour tout dire un peu agacé, de voir cette partie du sujet laissée en friche.
Il reste, certes, les dix dernières minutes ou le cinéaste trouve enfin un souffle, mais il est déjà bien trop tard.
Le dernier film de Nabil Ayouch est un film simple.
Il commence par une scène mémorable, typique de l'efficacité sèche du réalisateur marocain, qui fit merveille dans Much loved.
Il s'agit d'une fête dans laquelle se produit une chanteuse qui rêve de devenir Cheika (chanteuse traditionnelle). La scène commence de façon solaire et se termine dans un chaos terrible.
Le film bascule ensuite dans une chronique sociale classique : il s'agit de dresser le portrait sensible d'une femme illettrée qui doit élever seul son fils sourd. Cet aspect est assez convenu, même s'il est très réaliste. Le véritable atout du film, presque documentaire, réside dans la découverte de ce chant très spécifique des Cheikhas, l'Aïta, une sorte de poésie très libre qui semble précurseur du raï.
L'actrice Nisrin Erradi joue avec une force incroyable cette femme forte et volontaire, qui se heurte malheureusement à la misogynie extrême des hommes marocains, encore une fois ici exposée avec une grande âpreté par Nabil Ayouch.
Everybody loves Touda est un film dur, parfois désespérant, qui se termine par une scène déchirante en écho de la première, jusqu'à ce que Touda explose dans un dernier cri de rage.
Touda quitte le Maroc des campagnes pour rejoindre celui des villes afin de donner une chance à son fils muet et pour devenir une Cheikha. Nabil Ayouch comme à son habitude scrute la société marocaine et ses ambivalences, comme ces endroits enfumés où les hommes s’adonnent à tous les plaisirs, y compris les proscrits. Et il dresse une fois de plus un superbe portrait de femme jouée par une Nisrin Erradi incandescente.
Le personnage de Touda est très interessant et le film permet de connaître ces femmes hautes en couleur avec une forte personnalité au sein d’une culture où leur place est à faire
Sujet intéressant, mais englouti sous l'approche racoleuse d'Ayouch, comme si souvent. Une scène initiale de viol, dont on peut se dispenser, une scène de sexe inutile, un fils muet à titre de grosse ficelle, trop, c'est trop !
Nisrin Erradi interprête magnifiquement le rôle principal de Touda. Ce film est le récit de la lutte d'une femme qui veut atteindre son rêve de devenir chanteuse malgré de nombreux obstacles. Elle est maman solo et doit subvenir aux besoins de son fils sans pour autant céder à la convoitise des hommes. Le drame est ainsi mêlé au plaisir que peut procurer l'écoute du chant. La générosité de Touda se trouve souvent en butte avec le regard d'une société qui la déconsidère. De plus, ce film donne l'opportunité de parcourir des lieux exotiques et de révéler le quotidien d'une famille marocaine ordinaire. Il mérite sa sélection au dernier festival de Cannes.
« On aime bien Touda» Un titre en anglais pour un film marocain peut laisser perplexe. Sinon, le film nous montre la dure vie de la courageuse Touda qui chante dans les fêtes de son bled (au risque d’être violée par des hommes avinés en fin de soirée…) et veut percer en partant à Casablanca pour y devenir « Cheikha ». Bien incarné par la dynamique Nisrin Erradi, ses danses et chants entraînants. La fin est frustrante mais cette ode à la lutte contre les dominations est intéressante.
Rien que la performance de l'actrice principale vaux-le détour. c'est une véritable immersion dans le Maroc hors des sentiers battus que vous découvrirez dans ce film. Pas de tabou, mais une explosion d'injustices inhérente à la condition féminine..
Everybody Loves Touda est un cri, un chant, âpre et intelligent, porté par la performance incandescente de Nisrin Erradi. Touda, chanteuse de l’Aïta, voit son art captif d’une société où la femme est jugée, marchandisée et leur corps exposé aux regards destructeurs de leurs patrons adipeux et des spectateurs voyeuristes.
Le film s’ouvre sur une agression brutale, plantant dès les premiers instants le décor d’un monde où l’espace public réduit le féminin à une précarité constante. Ce moment initial devient le prisme à travers lequel le spectateur observe la lutte constante de Touda pour exister en tant que femme et artiste. L’Aïta, ce chant des sheikhats, devient l’arme fragile pour exister.
La quête artistique de Touda, sans cesse bridée par le poids des regards et des injonctions masculines, trouve paradoxalement son souffle dans ces mêmes figures oppressives. Ce sont eux, les hommes qui l'entravent, et qui deviennent aussi les porteurs des aides nécessaires à son ascension. C'est dans cette tension que réside toute l'intelligence du film.
Cependant, Le récit peine parfois à insuffler l'élan fiévreux que promettent ses séquences musicales. Enserré dans un schéma narratif trop convenu et didactique, il limite l'empathie envers les dilemmes intérieurs de son personnage, laissant entrevoir une richesse émotionnelle qu'il n'atteint jamais pleinement.
En somme, Everybody Loves Touda n'est pas un pamphlet contre les hommes, mais une exploration nuancée des rapports de pouvoir dans une société définie. À travers son héroïne, le film questionne les dynamiques genrées, tout en célébrant leur capacité à résister, à s'exprimer et à transformer leur réalité.
Très belle interprétation pour ce personnage féminin qui cherche à percer dans le monde de la chanson traditionnelle, face à une horde machiste, sexiste et patriarcale. La scène finale laisse un peu perplexe.
Bien que l’intrigue soit intéressante à suivre, certaines incohérences nuisent à sa crédibilité et à son impact.
spoiler: - Touda est décrite comme quelqu’un qui a passé toute sa vie dans un village rural, sans accès à l’éducation. Cependant, l’actrice, ainsi que ses parents et son amie proche, parlent avec un accent qui reflète clairement un milieu urbain, notamment Casablanca ou Rabat. Cette incohérence est particulièrement frappante dans des scènes comme celle où elle prend un taxi et demande un hôtel – la manière dont elle prononce "hôtel" ne correspond pas à ses supposées origines rurales. Une autre incohérence apparaît dans la scène finale, où le personnage principal lui demande en français : « Quel est votre nom ? » Malgré le fait que son personnage soit censé être sans éducation et illettré, elle comprend et répond, ce qui ne cadre pas avec son histoire.
spoiler: - Touda a un enfant sourd et communique avec lui en langue des signes. Cependant, le film ne donne aucune explication sur la façon dont elle, une femme non éduquée venant d’un village rural avec peu de ressources, a appris cette compétence.
- Le film introduit de nombreux personnages secondaires, mais la plupart manquent de profondeur ou d’importance. Ils apparaissent brièvement et contribuent peu à l’intrigue. Cela aurait été plus captivant si nous avions appris davantage sur leurs histoires ou leurs liens avec le parcours de Touda.
- Dans une scène où le groupe de Touda est arrêté par les autorités lors de leur voyage depuis le village, le film montre qu’ils sont arrêtés par la police. Cependant, dans les zones rurales marocaines, ces endroits relèvent de la gendarmerie, et non de la police. Ce détail, bien que mineur, nuit à l’authenticité du film.
- Lors de son arrivée à Casablanca, Touda est montrée errant dans le quartier de Maarif, coiffée avec les cheveux attachés et portant son foulard comme un bandana. Ce look ne correspond pas à ses origines rurales – elle aurait probablement porté une djellaba traditionnelle et un foulard noué modestement autour de la tête.
- Lorsque Touda essaie d’inscrire son enfant dans une école pour sourds à Casablanca, le directeur lui demande de ramener son enfant pour une évaluation, mais ajoute : « Votre enfant sera choqué. » Cette phrase est confuse et peu claire. L’enfant est-il censé être choqué par la modernité de la ville, par l’environnement de l’école ou par autre chose ?
- Touda affirme que son rêve ultime est de chanter de l’Aïta. Cependant, lorsqu’elle se produit à la fête des riches – un moment qui aurait pu mettre en valeur son rêve – elle chante du Chaâbi à la place, un style qu’elle chante tout au long du film, ce qui laisse le public perplexe.
Certaines scènes semblaient inutiles ou déplacées, comme la scène de sexe, par exemple, qui n’apportait rien à l’histoire. De même, la scène où Touda tente de synchroniser son chant avec l’Adhan semblait ajoutée uniquement pour choquer, plutôt que pour servir le récit. Un autre point est que, dans la culture marocaine rurale, il est très peu probable qu’un père soutienne sa fille à devenir cheikha. L’ouverture d’esprit de son père à l’égard de sa carrière semble complètement irréaliste et incohérente avec les normes culturelles. Malgré ces défauts, le film a plusieurs points forts : la cinématographie est magnifique et capture l’essence du Maroc rural et urbain de manière impressionnante. Les performances vocales étaient captivantes, mettant en valeur le talent et l’âme de la musique marocaine traditionnelle. La représentation de la vie nocturne à Casablanca était fidèle, illustrant la richesse et la complexité de la culture de la ville après la tombée de la nuit. En conclusion, je donnerais au film une note de 2.5/5. C’est un film visuellement impressionnant avec du potentiel, mais qui échoue à livrer un récit cohérent et crédible.
Charmant et agréable, le film vaut pour ses passages musicaux et la fougue de ses interprètes. Le discours néoféministe convenu, le caractère répétitif des situations et une mise en scène un peu sage en réduisent la portée. On a connu Nabil Ayouch plus inspiré.