427 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
50 critiques spectateurs
5
1 critique
4
10 critiques
3
26 critiques
2
11 critiques
1
2 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Stéphane R
30 abonnés
498 critiques
Suivre son activité
2,5
Publiée le 6 janvier 2026
Le film sans doute le moins séduisant de Nabil Ayouch. On est moins emporté par le personnage principal, par son engouement pour une musique très traditionnelle à laquelle il peut être difficile d'adhérer (un peu comme pour le maître de Kabuki). La spirale que décrit le film, qui enferme cette chanteuse aux limites de la prostitution, demeure intéressante dans sa description
Une femme décide de tout quitter et de rejoindre Casablanca dans l’espoir d’accomplir son rêve de devenir une Cheikha, une artiste traditionnelle marocaine qui chante sans pudeur ni censure des textes de résistance, d’amour et d’émancipation. C’est de ce dernier thème dont il est fortement question dans un récit faisant le portrait d’une femme de caractère éprise de liberté et de voir son corps lui appartenir face au patriarcat. Le réalisateur Nabil Ayouch filme au plus près l’actrice Nisrin Erradi remplissant l’écran de sa verve trempée dans l’acier.
Un film poignant, touchant, ou se mêle divers thèmes, la politique d abord ou sévit comme dans tous les pays du maghreb un patriarcat assez sévère ou les femmes isolées sont durement traités, vivant dans une misère en plus l héroïne à un enfant handicapé, l art ou l on découvre un chant l aita poétique avec une ambiguïté sociale qui aux yeux des hommes catégories ses femmes comme des femmes trop libéré et qui amène comme au début du film à des abus sexuelles. C est surtout le thème de l espoir et de la souffrance pour ce personnage de touda joué par l actrice nisrin erradi admirablement dont on s attache tout au long jusqu a la fin qui est bouleversante qui montre le courage et l intégrité de cette jeune fille.
Si son intention était de rendre à la Aita sa gloire d'art ancestral dans le chef de la société marocaine, c'est un échec et pas des moindres. Touda est une mère célibrataire, statut déjà très peu respecté, qui entretient de plus une relation inappropriée avec un homme qui trahit sa femme et ses enfants pour des moments fugaces de satisfaction égoiste. Tous les hommes qui l'entourent entendent ses chansons comme des invitations et le film commence d'ailleurs sur le sauvage viol de Touda par un groupe d'hommes pour lesquels elle avait chanté à une petite fête. Là où monsieur Ayoush aurait pu saisir l'occasion pour faire face au fléau que sont les violences sexuelles, il se contenta d'effleurer ce sujet extrêmement sensible, au point de le banaliser comme un dommage collatéral de la vie de femme ou du moins de la vie de Sheikha. Il semble utiliser la sexualité pour choquer et démontre par ce procédé que la provocation a apparemment pour lui bien plus de valeur que la transmission d'un réel message. En ce qui concerne son fils Yassine, sourd et muet, à nouveau il s'agit là d'une opportunité manquée de faire une critique constructive de la société. A la place, le film mentionne de manière superficielle les difficultés de Touda à trouver un établissement adapté aux besoins de son fils, en minimisant tout à fait les stigmates débilitants auxquels font face les enfants comme Yassine, sans compter le cruel manque de subventions publiques. [/spoiler] Le film se termine sans grands dénouements et nous prenons congé de Touda exactement là où nous l'avons rencontrée au début, malmenée par les brutes qui l'emploient et l'écoutent et réduite à une vulgaire fille de joie qui s'avère aussi avoir une jolie voix... Elle n'est guère émancipée par ses circonstances, encore moins par ce portrait presque fétichiste de son art! Somme toute, un film bâclé, de toute évidence conçu pour un public occidental et qui détériore plus la réputation déjà chancelante de la Sheikha auprès de l'opinion générale marocaine qu'il n'en fait l'éloge. La seule victoire de ce film est un usage qualitatif du visuel avec certaines très jolies scènes vers la fin, et encore... Si vous avez réellement à coeur la Aita et le féminisme, passez votre chemin.
Nabil Ayouch, à qui l'on doit le très remarqué "Much Loved" (2015), dresse ici le portrait d'une femme déterminée dans le Maroc d'aujourd'hui. Ces femmes sont appelées Cheikates car elles revendiquent une certaine liberté en chantant l'Aïta. A travers le personnage de Touda, jeune provinciale rêvant de Casablanca, le cinéaste dresse le portrait d'une réalité cruelle pour celles qui ne se soumettent pas aux désirs de ces messieurs (il n'y a qu'un pas entre chanteuse et prostituée pour certains). Nisrin Erradi illumine ce film par son charisme et son magnétisme, et malgré une fin en suspens (quid du fils sourd-muet?), le message passe quand même avec de belles mélodies.
Le film prolonge la ligne éditoriale de Nabil Ayouch, avec ses qualités visuelles mais aussi ses limites narratives. Comme dans Razzia, le scénario reste en surface. Il effleure les enjeux sans vraiment les approfondir. Ayouch propose encore une fois un Maroc misérable, pauvre, illettré. Une réalité qui existe, certes, mais dont l’exploitation systématique finit par sonner comme un cliché. Nisrin Erradi livre une performance remarquable, sensible et puissante, qui donne au personnage principal une profondeur que le scénario ne lui offre pas toujours. Dommage que le reste du film ne soit pas à la hauteur de son jeu.
10 595 abonnés
11 630 critiques
Suivre son activité
2,0
Publiée le 18 mars 2025
À travers sa musique et ses chants qui sont un appel à la liberté et à la dignité, Touda rêve d'une vie meilleure pour son fils et elle. Elle sait qu'elle ne peut compter que sur elle-même si elle veut y parvenir, mais difficile de faire son trou dans une société patriarcale avec un métier stigmatisé qui lui cause plus de problèmes qu'il ne lui offre d'opportunités. Après une introduction brutale qui n'apporte rien à l'histoire, on suit son difficile quotidien alors qu'elle tente de concilier sa vie d'artiste et de mère célibataire. Nabil Ayouch jongle avec les deux aspects de sa vie et crée une boucle narrative qu'il ne va jamais briser. "Everybody Loves Touda" n'est donc qu'une succession de scènes qui se ressemblent dans une histoire qui manque cruellement de profondeur. Je m'attendais à un beau récit d'émancipation à travers ce genre musical, mais le résultat est décevant et ennuyeux malgré une bonne Nisrin Erradi qui est la seule éclaircie de ce film qui passe à côté de l'essentiel.
Tu m'étonnes que tout le monde aime Touda ! Touda est tellement flamboyante, pleine de vie, de passion, enivrée par le rêve dequitter sa ville de province pour rejoindre Casablanca et devenir une cheikha. Touda, c'est Nisrin Erradi, une actrice fantastique, totalement investie par le rôle, d'une incroyable présence à l'écran. Ce film est probablement le plus abouti de Nabil Ayouche. Certes "Razzia" et "Much love" étaient déjà très politiques mais il y a ici une subtilité qui pouvait faire défaut dans ses précédentes oeuvres. C'est le désenchantement et l'affirmation d'une femme que filme Nabil Ayouch mais aussi le Maroc rural et ses archaïsme, confronté au mirage d'une modernité qui n'a guère transformé les hommes. Puissant.
Le réalisateur et scénariste marocain Nabil Ayouch m’enchante quasiment à chacun de ses films depuis 2012 avec Les Chevaux de Dieu, Much Love ou Razzia. Du très grand cinéma ! Et ces 102 minutes – qui représenteront le Maroc aux prochains Oscars -, ne me démentiront pas. Touda rêve de devenir une Cheikha, une artiste traditionnelle marocaine, qui chante sans pudeur ni censure des textes de résistance, d’amour et d'émancipation, transmis depuis des générations. Se produisant tous les soirs dans les bars de sa petite ville de province sous le regard des hommes, Touda nourrit l’espoir d'un avenir meilleur pour elle et son fils. Maltraitée et humiliée, elle décide de tout quitter pour les lumières de Casablanca... Une avalanche d’émotions pour le portrait d’une rebelle au pays de Mohammed VI. Ce drame musical est un hommage aux Cheikhates, des femmes en rébellion contre le pouvoir en place et qui chantaient l’Aïta, un genre musical marocain normalement porté par les hommes. Bravant l’interdiction de faire de la musique, les Cheikhates risquaient gros pour vivre de cette passion. Si ces femmes ont été adulées par la population marocaine à une époque, elles sont perçues comme des femmes de mauvaise vie depuis les années 60/70. Ce film leur rend hommage. La scène finale est un somptueux plan séquence de 8 minutes qui, à lui seul, vaudrait de voir ce film. Nisrin Erradi, - dont je vais reparler plus loin -, s’est formée pendant un an et demi avec des Cheikhates professionnelles, pour apprendre à chanter, à danser, à jouer de la percussion et même à parler comme elles. Le film est conçu comme un voyage à travers les saisons, à travers le pays, comme à l’intérieur du cœur de l’héroïne, une voix d’or et un caractère bien trempé. Une ode à la liberté absolument bouleversante. J’avais découvert, comme beaucoup de monde, Nisrin Erradi en 2020 dans l’excellent Adam de Maryam Touzani, coscénariste et compagne du cinéaste. Présence incandescente, regard de braise… cette femme, c’est le feu en personne. Elle enflamme le film de bout en bout. Joud Chamihy, Jalila Tlemsi, El Moustafa Boutankite, lui donnent une excellente réplique. Apreté et douceur, intensité et sensualité, font de ce récit trépidant et sans concessions, un portrait implacable de réalisme d’une chanteuse éprise de liberté dans un Maroc plus que complexe. A voir !
Nisrin Erradi est formidable ! Mais ce dernier film de Nabil Ayouch ne me semble pas à la hauteur des précédents. Il laisse le spectateur sur le bord de la touche, ne donnant pas accès aux règles du jeu. Quelle est cette musique, quelle est cette langue, que pense Touda ?... Tout tourne autour des gros plans, magnifiques, sur Touda qui marche, Touda qui chante, Touda qui... On reste à la porte. Dommage !
Quelle actrice et quelle chanteuse. Cette histoire impressionne par sa modernité, et en même temps, on croit être dans les années 60. Une étude intéressante des mœurs du Maroc d’aujourd’hui, tellement différent de ce que l’on pense… très belle réalisation.
Ai vu « Everybody loves Touda » du réalisateur marocain Nabil Ayouch. Beau film sur le chant et la musique marocaine. Touda (Nisrine Erradi) vit dans une petite ville et chante de la variété dans des bars où elle fait aussi de l’animation pouvant aller jusqu’à pousser les clients à boire, voir plus… Mais son rêve est de devenir Cheikha pour chanter des Aïta (qui signifie « cri ») qui doit sortir des tripes de l’interprète pour exprimer la douleur et l’amour, les bonheurs et les souffrances. Mais au Maroc comme dans bien des pays, une femme qui chante sous le regard emplis de désir et de mépris de la part des hommes, est humiliée et maltraitée. Aussi Touda décide de tout quitter pour faire carrière à Casablanca pour s’affranchir et ne faire aucun compromis tout en chantant le répertoire qu’elle aime. Nabil Ayouch n’a pas son pareil pour magnifier la femme marocaine. La beauté de la photographie (Virginie Surdej) et le charisme fou de son interprète principale sont les atouts de ce film sur la musique. Hélas le réalisateur veut raconter trop de choses et parfois perd le spectateur avec son scénario trop touffu, manquant de cadre et de tenu. L’apprentissage du répertoire, la transmission orale de ces chansons, le regard de la société sur les artistes féminines étaient des sujets suffisamment importants et essentiels pour s’en tenir là. Peut être aurait il aussi fallu moins de chansons (sublimement interprétées par ailleurs) pour laisser plus de place à de la psychologie. Touda est un personnage fougueux, exalté qui a tendance à s’éparpiller dans tous les sens (un peu comme le film) et ses faits et gestes ne sont pas toujours très compréhensibles. Certaines scènes sont trop répétitives et souvent un peu longues, d’autant que celles de dialogues n’ont pas la puissance des scènes chantées et dansées. C’est dommage car la thématique et le talent fou de Nisrine Erradi auraient mérités plus de concision de la part Nabil Ayouch plus inspiré dans certains autres de ses films (Mektoub, My land, Much loved)