Shoah
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Laurent H
Laurent H

62 abonnés 1 016 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 janvier 2011
Bouleversant, c'est bien sûr long, le calvaire a dû l'être aussi.
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

273 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 janvier 2010
La durée colossale de «Shoah» (France, 1985) de Claude Lanzmann désamorce la valeur commerciale qui menace tout produit cinématographique. Voir neuf heures et demi de témoignages autour de l’extermination programmée des Juifs par le IIIème Reich découragent assurément les curieux, et par là même obscènes, spectateurs qui voudraient saisir la logique d’un tel événement. C’est un non-sens de vouloir sonder les causes dans une telle folie politique. «Shoah» ne donnera pas à comprendre mais à se ressouvenir. Sans prosélytisme marqué, Lanzmann enquête tant auprès des Juifs survivants des camps et de Varsovie que des anciens membres du parti nazi. Devant les deux positions, Lanzmann ne filme pas de la même façon. Plein cadre pour les Juifs afin de saisir au plus proche la corde vibrante des affects (quitte à verser dans le pathos) et caméra cachée pour les anciens nazis, dans une image perturbée par le parasitage. Seul un ex-nazi, consentant à être filmé et confondant dans ses explications, sera filmé de la même manière que les Juifs. L’immense sensibilité de documentariste de Lanzmann provient de l’esthétique qu’il prête à son montage. Lorsqu’une voix vient raviver le souvenir des camps de concentration et qu’à l’image glisse le plan des vestiges du lieu, c’est une archéologie de la mémoire, de l’Histoire et de la géographique qui s’opère. De nombreux plans, par leur composition striée, redoublent cette stratification à défaire de la mémoire Juive. Le cinéma sert une construction éthique de la mémoire. Pour autant, Lanzmann ne confectionne pas une œuvre muséale (qui par définition œuvre autant à la mémoire qu’à l’oubli). De par sa durée, le film, qui ne souffre paradoxalement d’aucune longueur, accomplit un labeur de réminiscence à l’échelle Humaine. En complément de «Nuit et brouillard» qui engage une prise de conscience sur le terrain des émotions, «Shoah» se souvient à force de révélations, par le biais d’une investigation qui exhale le savoir dans les souvenirs
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 30 décembre 2009
Pour ne pas oublier , j'ai visité deux camps celui de Auschwitz II (Birkenau) et le Struthof en ALSACE , croyez moi on ne s'en remet pas j'arrive pas a imaginer toutes les horreurs et ne veut pas y croire et pourtant cela n'est pas une fiction , Une pensée pour tout Ceux qui y sont mort .

PS : la solution final <<<<< je vous le conseil en documentaire , sinon nuit et brouillard , n'oubliez jamais le drame et pour moi le pire moment de l'histoire de l'humanité.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 21 mars 2009
Shoah... voici un film difficile à noter ! Le sérieux de la documentation laisse des doutes. De nombreuses choses paraissent invraisemblables et aucune source n'est donnée. Il faut prendre tel quel ce que raconte le réalisateur. Etrange aussi de réduire une fois de plus la seconde guerre mondiale à la seule souffrance juive. Car bien évidement de nombreux peuples ont souffert. 9H30 de choses plus ou moins vrais, sans aucun sérieux d'un point de vue historique et scientifique. Plus un film de fiction qu'un documentaire. Il ne peut avoir échappé à l'opinion que l'imagination du romancier, les excès du lyrisme du poète, la partialité intéressée du politicien, et les relents de haine (justifiés!) des victimes servent tour à tour de toile de fond aux récits jusqu'ici publiés et racontés.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 janvier 2013
Inutile de regarder les 6 heures de films. Une demi-heure, une ou deux heures suffisent à vous remuer et vous bouleverser.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 25 février 2009
Une longueur décourageante.
Une oeuvre qui refuse les images d'archives pour dérouler des témoignages : on en retient que les Polonais étaient furieusement antisémites. Mais c'est tellement dilué que je ne sais plus vraiment si c'est l'idée principale...
Assez déroutante aussi, la personnalité de Lanzmann qui semble considérer la Shoah comme "SA" chose : croirait-il être le seul à avoir expliqué (ou même compris !) la Shoah ? C'est ce que son attitude et ses commentaires laissent penser.
stanley
stanley

83 abonnés 769 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 juin 2015
Shoah est un film document, un film somme qu’il faut avoir vu et montrer à toutes les générations passées et futures. La seule condition est de segmenter sa vision en un nombre d’épisodes suffisants, car le film est lourd et peut, selon un certain angle de vision, paraître statique. Lanzmann ne se sert d’aucun artifice pour exhiber les souffrances et les horreurs passées. Point d’images d’époques, style les archives de l’INA, d’ajout musical mais seulement des témoignages d’une force inouïe où l’émotion rejaillit et peut faire pleurer le spectateur (tel le témoignage du coiffeur en plein exercice de sa profession en Israêl confronté au récit de son rôle dans les camps où il récoltait les cheveux des femmes). De très longs plans séquences sur les visages de rescapés où témoins qui gardent toute leur dignité et exposent d’une certaine façon, assez froidement, voir mécaniquement les faits. On l’a compris, cet empirisme n’est qu’un moyen de défense suscité pour aider au deuil. Shoah est aussi un voyage parfois insoutenable dans les méandres de la tragédie. Il montre les lieux du vestige des camps prisonniers du froid de l’hiver à l’aide de travellings précis. Les moyens de transport sont filmés d’une façon personnelle (trains, bateaux …). Le train avancant vers nous tel un monstre ante déluvien à la face noire et aux yeux rouges. Le film se déplace aux USA, en Suisse, en Israël, en Pologne et en Allemagne aux endroits où se trouvent les anciennes victimes. A noter un passage exceptionnel où il fait témoigner les polonais sur leur perception des feujs durant la guerre avec ce personnage central qui témoigne et qui reste figé tel un plan fixe à l’écran. Il y a quelque chose d’hypnotique dans cette partie magistrale. Le cinéaste prend même le risque de montrer des sourires aux visages des témoins, voir de l'humour. La seule fois où Lanzmann change de narration est lorsqu’il nous montre un ancien bourreau chanter (à l'insu de son plein gré) comme il le faisait quarante ans auparavant. Lanzmann nous livre peut être le plus fort des documents sur les camps d’extermination avec Alain Resnais (Nuit et brouillard).
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 29 septembre 2006
Si ce film présente un caractère novateur par l'absence d'emploi d'images d'archives et par une construction presque exclusivement centrée autour des témoignages de survivants à l'holocauste ( seul intérêt que l'on puisse finalement trouver à " Shoah " ), il comporte également certains aspects de mise en scène qui n'apportent rien à l'ensemble et peuvent même lui être nuisible car trop révélatrices d'un trop grand parti pris ( manque d'objectivité camouflé sous la volonté de faire une oeuvre universelle ? ). Le réalisateur ne semble pas maîtriser totalement le sens du déroulement de son oeuvre, et le remplacement d'une haine par une autre se fait peu à peu jour. Quand à la durée exceptionnelle du film ( 9 H 30 réparties en deux périodes ), elle est avant tout due à des longueurs phénoménales qui lassent par leur totale vacuité. Bref, l'ensemble présenté est bien en-dessous d'un " Nuit et Brouillard " d'Alain Resnais, bien plus édifiant.
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