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Olivier Barlet
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4,0
Publiée le 7 juillet 2025
Une formidable introduction à la démarche de Germaine Acogny. Ce ne sont pas tant les explications données qui nous éclairent, mais ce que le cinéma donne le mieux à voir : les corps en action. Le résultat du travail de formation est là : au-delà des chorégraphies précises qui permettent au groupe d’illustrer son élan, on voit des êtres habités. Ils ont appris à se décoincer, à vivre dans la danse leur flamme intérieure, et développer leur singularité en harmonie et synergie avec les autres et la nature. Lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures : /
La danseuse Germaine Acogny a créé à Toubab Dialaw, sur la Petite Côte, à l’est de Dakar, un lieu unique, l’École des sables. Le documentaire très classique de l’Allemande Greta-Marie Becker nous en ouvre les portes.
Avec quelques images d’archives, il revient sur l’histoire de cette danseuse née au Bénin en 1944, élève de Béjart, qui administra pour lui dans les années 70 l’antenne africaine de son école de danse à Dakar avant de voler de ses propres ailes.
La documentariste a gagné la confiance de la danseuse qui lui a ouvert son intimité et lui a raconté le couple étonnant qu’elle forme avec Helmut Vogt, un architecte allemand qui a dressé les plans de l’École des sables.
Une structure est née, dans un site splendide. Des stages de danse y sont organisés, qui attirent des danseurs du continent africain et d’ailleurs. On aurait aimé en savoir plus sur leur organisation et sur le recrutement des danseurs. Ces stages sont-ils ouverts à tous ? ou bien ses participants sont-ils sélectionnés ? Qui les finance ? les danseurs ? leurs compagnies ? leurs pays ? les tarifs varient-ils selon que le stagiaire est africain ou pas ? Germaine Acogny dirige-t-elle une compagnie par ailleurs qui recruterait ses danseurs parmi ses anciens stagiaires ?
On est un peu frustré de ces questions sans réponse. On se console en regardant les danseurs s’exercer. On voit aussi quelques images des spectacles donnés par Germaine Acogny elle-même en solo ou avec ses danseurs, par exemple "Le Sacre du printemps" ou dans "Fagaala" sur le génocide au Rwanda.
Comme son titre l’indique, "Germaine Acogny", l’essence de la danse, le film de Greta-Marie Becker, est principalement consacré à Germaine Acogny, danseuse, chorégraphe et pédagogue. Née le 28 mai 1944 à Porto-Novo, la capitale du Bénin, arrivée au Sénégal 4 ans plus tard, elle est à la fois une figure importante de la danse africaine et de la danse contemporaine. Avec son mari Helmut Vogt, elle a créé l’association Jant-Bi, « soleil » en wolof, en 1994. En 1996, Cette association a posé la première pierre de l’École des Sables à Toubab Dialaw, un petit village de pêcheurs sénégalais situé au bord de la mer, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Dakar et ce Centre International des Danses Africaines Traditionnelles et Contemporaines a été inauguré en juin 2004. Ce que tout le monde, dorénavant, appelle la technique Acogny représente l’épine dorsale de cette école. De cette technique, Germaine Acogny dit qu’elle est inspirée de la danse classique, de la danse moderne, de la méthode Martha Graham et, surtout de la tradition africaine. Germaine Acogny considère que sa technique requiert avant tout de bonnes aptitudes en matière de mobilité de la colonne vertébrale et du bassin. Pour elle, le buste, c’est le soleil, les fesses, ce sont deux demi lunes et le pubis, ce sont les étoiles, le tout représentant un mini cosmos dans le corps. Appelée Maman Germaine lorsqu’elle est à l’École des Sables, Germaine Acogny possède d’autres titres de gloire très importants, par exemple l’obtention d’un Lion d’or de la danse lors de la Biennale de Venise de 2021, par exemple l’obtention du Grand Prix de l’Académie des Beaux-Arts en chorégraphie en octobre 2023. A propos de ce Grand Prix, la surprise sera grande chez de nombreux spectateurs d’apprendre que c’est par un message de … Didier Deschamps que Germaine Acogny avait été prévenue de cette distinction. Que voulez vous, il n’y a pas sur terre qu’un Didier Deschamps sélectionneur, il y a aussi un Didier Deschamp danseur et Correspondant de l’Académie des beaux-arts ! Pour la critique complète, allez sur le site dont la dénomination comprend critique et film avec le tiret du 6 entre les 2 mots.
Le sujet est passionnant et le spectateur ne peut qu'apprendre beaucoup. Mais à mes yeux ce documentaire ne propose aucune construction narrative interne, aucun projet discernable, ce qui génère de l'ennui trés logiquement : le temps de l'œuvre cinématographique n'etant pas repérable ce flot d'images se déverse aleatoirement.
Ce film capte quelque chose de rare : la transmission d’un art qui dépasse les gestes pour toucher à la mémoire, au souffle, à l’âme. Pas de fioritures, pas de folklore. Juste un corps, une parole, un ancrage. On sort du film plus habité.