Chef d'oeuvre toute catégories sur la paranoia & bien sûr l'aveuglement face à la vraie richesse ; ce film est à relier aux autres productions de Welles, sinon évidemment à " La conjuration des imbéciles " de J.K.T.
Un film monstre qui vous écrase par l'ampleur de son sujet et la virtuosité de sa mise en scène. Dans cette histoire d'honneur, de corruption et de trahison, seuls les hommes ayant le courage de se salir les mains pourront en sortir grandi. Que ce soit Vargas qui se trempe dans des eaux boueuses ou Quinan qui se rend compte de l'atrocité de son entreprise lorsque du sang coule sur ses mains, ils sont sauvés, le premier en retrouvant sa dignité, l'autre car il peut enfin mourir en paix, ce grand taureau blessé. Ces deux personnages sont magnifiques, et antagonistes en diable. Mexicain contre Américain, intègre contre corrompu, rigueur contre manipulation: "La soif du mal" joue des faux-semblants et des contradictions, use de cet extraordinaire jeu de miroir qui parsème le film de moments grandioses. Le dénouement, finalement, n'a pas très grand intérêt. Le courage de Welles de manier des sujets aussi amples et de le faire avec un tel talent (le plan séquence de l'ouverture est peut-être ce qui a été tourné de plus extraordinaire dans l'histoire du cinéma) font de ce film l'un des plus grands, à l'instar de "Sueurs Froides", "Le Parrain" ou plus récemment, "There Will Be Blood".
Malheureusement vu en V.F, je n'ai pas eu le choix, mais j'ai eu la chance de tomber sur la version adaptée des écrits de Welles, et non la version éditée. Donc c'est la version 1h55 (et non 1h30). Je continue donc mes visionnages de Welles, dont je suis tombé définitivement amoureux, par La Soif du Mal, pas le moins connu du réalisateur.
Et bien ma foi, cet homme est vraiment un génie. Il ne suffirait que du long plan séquence d'introduction pour en être convaincu, tout du moins rien que pour l'aspect formel : incroyable jeu des lumières, positionnement de la caméra, animation, détails, clins d'oeil. C'est résolument moderne et inventif. Et ce n'est heureusement pas que la scène d'introduction qui vaut le détour. De nombreux plans très inventifs s'enchaînent tout le long du film, probablement plus encore que Citizen Kane par exemple.
Les acteurs, essentiels dans le film, sont également à leur avantage. Certes Orson Welles est un peu dégueu, tout bouffi, mais garde sa classe naturel. Les seconds rôles, que je ne vais pas énumérer, sont pratiquement tous convaincants - et essentiels. Bon après, Charlton Heston c'est pas ma tasse, mais il s'en sort pas mal - la surprise venant de Janet Leigh, au jeu assez incroyable, surtout quand elle joue dans des phases angoissantes (pas vraiment les romantiques). Enfin elle est aux antipodes de Psychose, sortit 2 ans après, où elle joue l'angoissé : ici elle est d'une nonchalance et d'un détachement assez divin, plus rayonnant encore avec sa beauté.
L'ambiance, associée au scénario, est géniale. On a la un pur film noir, probablement le meilleur que j'ai vu, avec les codes classiques : Los angeles (certes, nous n'y sommes pas ici; mais nous sommes pas loin), des mexicains, des policiers pourris et honnêtes, mais qui ont tous une classe à crever, et un flair incomparable, des guerres d'egos mêlés à des repliques cultes. Surtout, ce que j'ai apprécié, c'est une nouvelle fois l'humour, qui parfois touche presque au burlesque, mais qui est toujours bien senti. Le ton décalé rend une nouvelle fois le film très agréable à suivre, si bien que nous n'avons pas de difficultés à se l'avaler. De plus, l'idée de jeu permanent entre les frontières américaines et mexicaines, la confrontation entre deux polices, deux visions de la justice, confère une originalité certaine à l'oeuvre, la où des films noirs classiques dépeignent le plus souvent une histoire de corruption et d'anti-corruption au sein de la police même.
La soif du mal est un excellent film, un excellent Welles. Est-il le meilleur film noir? Ma méconnaissance du cinéma m'empêche de répondre; c'est en tout cas, par mon expérience, mon ressenti.
Classique du cinéma qui résume parfaitement le génie de son acteur/réalisateur, "La soif du mal" est un chef d'oeuvre intemporelle porté par le désormais disparu Charlton Heston. La réalisation est tout simplement géniale et mériterait qu'on en parle pendant des heures.
Un tout grand classique du film noir et du cinéma tout simplement. D'ailleurs la réalisation vertigineuse et toujours inventive, les mouvements de caméra sont géniaux, tout les 15 secondes il se passe quelque chose à voir ou entendre (les dialogues sont intelligents). Les acteurs sont tous parfaits mais Janet Leigh je la trouve particulièrement grandiose ainsi que Orson Welles qui offre une prestation mémorable.
Un très bon film policier dont le scenario n'est pas vraiment tourné sur l'enquête mais sur les policiers eux même! La réalisation est impeccable, les acteurs incroyables (Charlton Heston vs Orson Welles!!!) et l'ambiance noire est très bien rendu! A voir
Je viens tout juste de revoir ce film et j'en reste bouche bée. Le degré de maîtrise atteint par Welles au niveau de la réalisation, avec ses longs plans-séquences et notamment celui qui ouvre le film qui est tout simplement extraordinaire, est parfait. L'intrigue initiale n'est qu'un prétexte, un point de départ et est laissée de côté: on parle ici de la vie et pas dans ce qu'elle a de plus joyeux. C'est le film noir par excellence : alcool, drogues, meurtres, corruption, tout y est. Servi par une interprétation exceptionnelle de Charlton Heston, de Welles (méconnaissable en flic devenu une épave humaine), et de tous les personnages secondaires (notamment Dietrich en pute mexicaine qui lit l'avenir dans les cartes, sorte de fantôme traversant le film); le film atteint des sommets de perfection. Les contre-plongées, les habiles contrastes de lumière disent tout de ce que pensent et vivent les protagonistes, notamment dans la scène finale sous le pont. Noir, très serré, magnifique. Pour moi, le meilleur film d'Orson Welles (si, si...) et donc l'un des meilleurs films de tous les temps.
L'ambiance est superbe, O.Welles grandiose: la Soif du Mal a bien l'allure d'un classique à la photographie hors du commun. Le déroulement de son script ne se fait malheureusement pas aussi bien que la réalisation enchante: ses errances scénaristiques minent un long-métrage pourtant marquant.
Avec ce chef d'oeuvre Welles délaisse un peu le scénario ( il est bien et prenant mais ce n'est pas ce qu'il y a de plus important dans le film ) pour se consacré entierrement à sa mise en scènes, à sa photographie et réalise une oeuvre au style baroque, exprésionniste, dans laquelle il multiplit les jeux de lumière à l'aide d'un noir et blanc très contrasté et fabrique des plans séquences virtuoses à l'image de la première scène. Ce long plans sequence, absolument inégalé, est une belle représentation de l'art d'Orson Welles, démesuré, grandiose, étrange, unique.
C'est bien, mais pas extraordinaire. Je m'attendais à avoir plus de frisson. On retrouve bien son style atypique, mais seule le tout premier plan m'a extasié, ce plan super long, en parcourant la ville est vraiment magistral. Mais outre ce plan, j'ai trouvé que le film manquait un peu de rythme, et l'histoire ne m'a pas passionée. Globalement, un bon film.
Paradoxale. Telle est mon impression à l'égard de ce "Touch Of Evil". A la fin de sa vision, un double sentiment m'a envahi. En effet, une admiration sans précédent venait être gâchée par une tension émotionnelle très peu présente, à tel point que la virtuosité technique observée presque deux heures durant fut parfois entrecoupées de périodes d'ennui à mon appréciation. Aucune baisse de rythme n'est accordée, la mise en scène est extrêmement inventive, constituée de plans tous plus fous et originaux les uns que les autres, reliés entre eux par un montage soutenu mais jamais saccadé. Tout le vocabulaire cinématographique est concentré dans cette oeuvre, un modèle pour sa palette très large de trouvailles absolument géniales. Visuellement, c'est grandiose et scénaristiquement, ça l'est tout autant. L'utilisation de récits parallèles se révèle d'une rare efficacité, créant ainsi un véritable suspense, aussi bien de situations que de chronologies, envoyant valser toute convention possible et développant convenablement ses protagonistes tout en les enrôlant de mystère. Les ruptures sont grandioses, l'histoire délaissant toute dramaturgie pour trouver une plus grande puisssance mais aussi choquer le spectateur pas ses alternances nombreuses et osées, tel un puzzle psychologique. L'interprétation est de tout premier ordre, Welles en tête avec un charisme indéniable, très bien suppléé par Charlton Heston, la vénéneuse Janet Leigh ou encore l'apparition nostalgique de Marlene Dietrich. Oui, tout cela est plastiquement superbe et comporte de grandes qualités d'écriture, mais l'outrance et l'absence de sentiments profonds agace. A vouloir tout perfectionner, le cinéaste perd parfois son public, se complaisant dans une certaine "orgie" sur tous les bords, énervant par une trop grande facilité faisant perdre par moments toute humanité à son oeuvre, "trop parfaite" pour convaincre.
On ne présente plus ce chef d'oeuvre où le réalisateur joue sans arrêt avec les nerfs du spectateur ! C'est noir, très noir... mais c'est également et surtout très brillant !
Un chef d'oeuvre. Un film noir à l'atmosphère glauque. Le scénario est passionnant, la confrontation Welles - Heston magique,les dialogues intelligents... on pourrait continuer longtemps. Un très grand film d'un génie.
Qui n'a pas vu "La Soif du mal" ne sait pas ce qu'est un film noir, un grand film noir... Le FILM NOIR! Orson Welles fait de l'art quand les autres font du cinéma. Le plan séquence du début du film est un chef d'oeuvre à lui tout seul. L'atmosphère brûlante du film, moite, étouffante, glauque à souhait, soulignée par une musique envoûtante, une maîtrise parfaite des contre-plongées, des plans serrés, un art du dialogue époustouflant et servie par des acteurs au sommet de leur art (Charlon Heston à mille lieues de ses héros sans peur et sans reproches, Janet Leigt comme un ovni tout droit sortie d'une planète interdite, Orson Welles, plus brillant que jamais, méconnaissable et torturé), fait de cette oeuvre un monument du septième art. Crépusculaire, ce film fait partie des cinq plus grands films jamais tournés!!!