On pouvait espérer un chant du cygne, on a eu un bruit sourd. Venom: The Last Dance enterre la franchise comme on enterre un animal de compagnie qu’on n’aimait pas tant que ça : vite fait, sans émotion, et avec une pelle bancale.
Tom Hardy, habituellement magnétique même dans des seconds rôles sans relief, semble ici en pilote automatique, comme s’il n’y croyait plus lui-même. Et à vrai dire, comment lui en vouloir ? L’histoire est une caricature de ce qu’on ne veut plus voir : un méchant "super méchant", aussi creux qu’un slogan de supermarché, qui rend Venom presque attendrissant par contraste — ce qui est précisément le problème. Le symbiote n’a jamais été taillé pour les câlins.
C’est laid, trop sombre, souvent flou, parfois même gênant. Et le scénario ? Une coquille vide, un prétexte. On déroule une trame vue mille fois, sans la moindre prise de risque, sans la moindre étincelle.
Les dialogues, eux, restent fidèles à la "tradition" de cette saga : poussifs, mal rythmés, avec cet humour douteux qui tombe toujours à côté. Aucun échange ne claque, rien ne marque, si ce n’est une impression persistante de gêne.
On sort de là avec la sensation d’un rendez-vous manqué. Ce personnage, iconique parce qu’hostile, s’est fait avaler par une mécanique hollywoodienne qui cherche à le lisser, à le rendre fréquentable. Mais Venom n’est pas là pour plaire. Il est là pour faire peur, pour déranger, pour mordre. Là, il fait tapisserie. Et c’est triste.