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C'est lent, c'est lent, c'est lent. Le film tient du défit à ne pas dormir avec ses plus de 2h30 d'une lenteur insoutenable. Scorsese réalise un projet peut-être trop personnel pour être accessible par tout le monde. Pas même une musique pendant tout ce temps, même si l'idée est l'immersion on aurait aimé plus de narration musiqcale.
Il aura fallu des années à Scorsese pour adapter Silence, le roman de Shusaku Endo. Il en résulte une œuvre riche, autant dans sa symbolique que par la puissance des images.
Rodrigues et Garupe partent au Japon pour tenter de retrouver Ferreira qui est celui qui leur a tout appris et qui vivrait selon les rumeurs comme les autres Japonais après avoir renié sa foi. Sur place, ils se rendent compte que les chrétiens sont traqués puis torturés s'ils refusent de désavouer publiquement leur foi. Cette quête va mettre leur croyance à rude épreuve surtout que les Japonais comprenant qu'il était inutile de tuer au hasard vont comme ils disent s'attaquer à la racine pour couper le lien et endiguer le flux qui nourrit spirituellement les croyants restant. La première partie est forte, on assiste à de terribles tortures qui ne sont pas visuellement insoutenables, ça serait trop facile, mais on ressent toute la force de ces scènes intenses qui se déroulent pourtant dans une ambiance très paisible... Dans la suite, c'est beaucoup plus axé sur la psychologie du héros avec beaucoup de discussions et une introspection pour savoir si tout cela vaut le coup... "Silence" est un film contemplatif, sans artifice, profond, intéressant et captivant qui est donc très bon malgré quelques longueurs et une certaine redondance au niveau des scènes.
Un film très américain, réalisation très efficace, très bon jeu des acteurs mais c'est la violence à l'état pur. C'en est insupportable et c'est horriblement lont. Espérons que les japonais valent mieux que ce qu'en décrit Martin Scorcese.
Pourquoi aller voir un film pareil ?
Pourquoi aller voir un film pareil ?
Dans un film âpre, long et intense, Scorcese interroge sans arrêt la foi à l'épreuve du silence assourdissant que ces nouveaux croyants entendent en écho à leurs prières. Si le film est plein et intense, il ne se repose jamais sur son scénario à la recherche d'un effet de manche, ou d'une émotion factice, Scorcese livre un film comme une idée, vaporeux et labyrinthique, violent et assourdissant. Et il laisse les faits être interprétés. Difficile de juger le film tout de suite après sa diffusion, il faut laisser infuser en soi les questions soulevées, les pistes de réponse apportées, à questionner la foi de ces prêtres portugais du 17ème siècle, de ces nouveaux croyants japonnais qui paieront de leur vie une religion qu'ils réinterprètent. Mais c'est le monde d'aujourd'hui, pas si différent dans l'approche du prosélytisme que Scorcese interroge.
Probablement le film le plus réfléchi et le plus abouti de Martin Scorsese, sans doute parce que c’est aussi le plus personnel. Il faut dire que ça fait grosso modo 20 ans qu’il écrit ce film alors qu’il n’est ni plus ni moins que l’adaptation cinématographique du roman éponyme d’un écrivain japonais catholique. Aussi je ne rédigerai pas cet avis comme j’ai l’habitude de le faire. Parce que ce "Silence" va en surprendre plus d’un, et sera sujet à bien des controverses, ou tout du moins divisera le public. Et quand on regarde l’ensemble des commentaires publiés par les internautes, ça a déjà commencé. Il y a de grandes chances pour que ceux qui sont tombés amoureux du cinéma scorsesien à travers des œuvres telles que "Taxi driver", "Les affranchis", ou bien "Casino", ou plus récemment "Le loup de Wall Street", risquent fort d’être déçus. A l’inverse, ceux qui n’accrochent pas à son travail en général pourraient être agréablement surpris par ce "Silence". Pourtant, le cinéaste nous a habitués à nous offrir des spectacles diversifiés, avec notamment "La couleur de l’argent", ou encore "Les nerfs à vif". Là, non : il nous sert quelque chose de très différent, en sachant que je n’ai pas encore découvert "La dernière tentation du Christ", pas plus que "Kundun". Cependant on reconnait aisément la patte du réalisateur, notamment avec la narration en voix off si chère au cinéaste. Après, dans la mise en boîte, c’est certainement la réalisation la plus sage (ou sobre, comme vous préférez) que je lui connaisse. Pourtant, et c’est là qu’est le délicieux dilemme, on ressent très tôt la tension que suscitait une telle situation. Une tension qui va perdurer et évoluer tout au long du film. Cette tension qui fait qu’on sent que des choses graves peuvent se passer à tout moment, comme si nous étions sans arrêt sur le fil du rasoir. Cette tension se concrétisera même parfois par des scènes chocs dont les horreurs peuvent pousser le spectateur à détourner le regard
spoiler:
, en particulier lors des représailles faites sur la famille d’un chrétien japonais
. Des scènes dures, il y en a quelques-unes, et c’est ce qui explique l’avertissement envers le jeune public. Ne nous y trompons pas, "Silence" n’est de toute façon pas fait pour un jeune public. Je ne suis même pas sûr qu’il soit accessible à tout le monde. Mais pour ceux qui seront captivés par le "jardinage des marécages", nul doute qu’ils trouveront cette œuvre poignante, sidérante, voire dérangeante. Quoiqu’il en soit, on ne peut en aucun cas rester indifférent devant ce douloureux épisode de christianisme, tout comme le personnage joué par Andrew Garfield ne l’est. Une fois de plus, ce comédien nous rend une copie parfaite, littéralement habité par son rôle comme il a pu l’être à l’occasion de "Tu ne tueras point". Je dirai même qu’il est peut-être un cran au-dessus… Pour le coup, il est tentant de dire qu’il a la foi en son personnage de la même manière que son personnage a la foi… en sa foi. Il faut dire qu’il s’est donné tous les atouts pour réussir sa prestation, en ayant étudié le jésuitisme durant un an, poussant même le vice à faire une semaine de vœu de silence lors d’une retraite spirituelle. Son interprétation est d’autant plus remarquable que les conditions de tournage ont été épouvantables, entre les pentes abruptes et accidentées et la boue épaisse donnée par une météo instable. Cependant Scorsese a réussi à tourner la météo à son avantage, avec des prises de vues embrumées, enveloppant ainsi une lointaine contrée d’un voile de brouillard qu’on peut interpréter comme étant le flou de… on va dire d’une "guerre ethnique" peu avouable. Avec son cadrage millimétré, il ressort de la mise en images une certaine austérité qui contribue à instaurer la tension dont j’ai parlé plus haut, mais une austérité qui magnifie les paysages naturels, les personnages, et le récit. Certains plans, notamment les portraits, remplacent avantageusement toutes répliques alors que le style de Scorsese est déjà, nous le savons tous, très bavard à la base, ce qui est encore le cas ici. Il en ressort une belle photographie, avec un magnifique plan qui annonce l’espoir de jours meilleurs, celui où on voit le bateau se dessiner au beau milieu des eaux océanes, en plein halo de lumière qui n’est rien d’autre que le reflet de la lune, avec en fond un immense tapis d’étoiles. Le plan qui m’a le plus marqué, et qui montre la grande maîtrise de la lumière naturelle, par ailleurs utilisée une bonne partie du film. Alors certes, tout n’est pas parfait. "Silence" n’est pas exempt de longueurs (notamment sur la fin), les prêtres portugais parlent anglais, une langue que même l’ensemble des paysans japonais maîtrise plus ou moins alors que nous ne sommes que dans la première moitié du XVIIème siècle ! De ce long "Silence", on retiendra surtout la profondeur du propos grâce à la précision chirurgicale des dialogues, espacés quelquefois par des moments de silence (si, si, il y en a) eux aussi très parlants, et grâce aussi à la très bonne interprétation des acteurs, à commencer par Andrew Garfield qui porte le film sur les épaules, ainsi que Liam Neeson qui a trouvé ici un rôle enfin à la mesure de son immense talent d’expression scénique. Plus le rôle est difficile, plus il est bon, je trouve… Bravo aussi à ces petits japonais "anonymes", en particulier à ceux qui accueillent les ecclésiastiques sur les terres du pays du Soleil Levant car ils sont criants de vérité et de naturel. Un film atypique, pas distribué dans toutes les salles, comme c’est souvent le cas des films vraiment particuliers et pendant lequel il est nécessaire d’observer le plus grand silence (oh !oh !) pour ne rien perdre de l’attention qu’il demande. Observez, écoutez, et regardez combien la mission de ces émissaires jésuites était difficile, engagés dans un combat visant à coloniser l’esprit des âmes d’un pays où même Dieu... observe le plus grand silence…
. Des scènes dures, il y en a quelques-unes, et c’est ce qui explique l’avertissement envers le jeune public. Ne nous y trompons pas, "Silence" n’est de toute façon pas fait pour un jeune public. Je ne suis même pas sûr qu’il soit accessible à tout le monde. Mais pour ceux qui seront captivés par le "jardinage des marécages", nul doute qu’ils trouveront cette œuvre poignante, sidérante, voire dérangeante. Quoiqu’il en soit, on ne peut en aucun cas rester indifférent devant ce douloureux épisode de christianisme, tout comme le personnage joué par Andrew Garfield ne l’est. Une fois de plus, ce comédien nous rend une copie parfaite, littéralement habité par son rôle comme il a pu l’être à l’occasion de "Tu ne tueras point". Je dirai même qu’il est peut-être un cran au-dessus… Pour le coup, il est tentant de dire qu’il a la foi en son personnage de la même manière que son personnage a la foi… en sa foi. Il faut dire qu’il s’est donné tous les atouts pour réussir sa prestation, en ayant étudié le jésuitisme durant un an, poussant même le vice à faire une semaine de vœu de silence lors d’une retraite spirituelle. Son interprétation est d’autant plus remarquable que les conditions de tournage ont été épouvantables, entre les pentes abruptes et accidentées et la boue épaisse donnée par une météo instable. Cependant Scorsese a réussi à tourner la météo à son avantage, avec des prises de vues embrumées, enveloppant ainsi une lointaine contrée d’un voile de brouillard qu’on peut interpréter comme étant le flou de… on va dire d’une "guerre ethnique" peu avouable. Avec son cadrage millimétré, il ressort de la mise en images une certaine austérité qui contribue à instaurer la tension dont j’ai parlé plus haut, mais une austérité qui magnifie les paysages naturels, les personnages, et le récit. Certains plans, notamment les portraits, remplacent avantageusement toutes répliques alors que le style de Scorsese est déjà, nous le savons tous, très bavard à la base, ce qui est encore le cas ici. Il en ressort une belle photographie, avec un magnifique plan qui annonce l’espoir de jours meilleurs, celui où on voit le bateau se dessiner au beau milieu des eaux océanes, en plein halo de lumière qui n’est rien d’autre que le reflet de la lune, avec en fond un immense tapis d’étoiles. Le plan qui m’a le plus marqué, et qui montre la grande maîtrise de la lumière naturelle, par ailleurs utilisée une bonne partie du film. Alors certes, tout n’est pas parfait. "Silence" n’est pas exempt de longueurs (notamment sur la fin), les prêtres portugais parlent anglais, une langue que même l’ensemble des paysans japonais maîtrise plus ou moins alors que nous ne sommes que dans la première moitié du XVIIème siècle ! De ce long "Silence", on retiendra surtout la profondeur du propos grâce à la précision chirurgicale des dialogues, espacés quelquefois par des moments de silence (si, si, il y en a) eux aussi très parlants, et grâce aussi à la très bonne interprétation des acteurs, à commencer par Andrew Garfield qui porte le film sur les épaules, ainsi que Liam Neeson qui a trouvé ici un rôle enfin à la mesure de son immense talent d’expression scénique. Plus le rôle est difficile, plus il est bon, je trouve… Bravo aussi à ces petits japonais "anonymes", en particulier à ceux qui accueillent les ecclésiastiques sur les terres du pays du Soleil Levant car ils sont criants de vérité et de naturel. Un film atypique, pas distribué dans toutes les salles, comme c’est souvent le cas des films vraiment particuliers et pendant lequel il est nécessaire d’observer le plus grand silence (oh !oh !) pour ne rien perdre de l’attention qu’il demande. Observez, écoutez, et regardez combien la mission de ces émissaires jésuites était difficile, engagés dans un combat visant à coloniser l’esprit des âmes d’un pays où même Dieu... observe le plus grand silence…
Une œuvre à la fois troublante et envoutante, questionnant le rapport d'un homme de foi, avec justement sa foi, dans un cadre qui la renie. C'est beau. Profond. Réalisé de main de maître. Magistralement interprété. Porté par une bande originale superbe. Mais clairement pas destiné à tous les publics. Le film fait presque 2h50, et a un rythme lent. C'est un drame très humain, dramatique et historique. Privilégiant les moments de d'introspection et de questionnements de son protagoniste principal face à la dureté des évènements qu'il subit et auxquels il assiste impuissant, dans une culture qui lui est totalement étrangère. Toutes les personnes ayant un rapport particulier avec le concept de foi, ou se questionnant sur celle-ci adhèreront. Les autres non. À voir si l'on sait à quoi s'attendre.
très dur, il y a un peu de l'histoire de Job et un peu de 1984 dans ce film. l'église persécutée existe encore aujourd'hui malheureusement
Grosse déception. Le film peine à décoller et traîne en longueur. Les acteurs, pas toujours convaincants, ne compensent pas le sentiment de vide. De belles images et un contexte historique intéressant nous font malgré tout penser à un documentaire ennuyeux.
Scorsese signe la encore un très beau film qui brille par la précision de sa mise en scène et nous montre de magnifiques images de paysages japonais. Le film souffre toutefois de sa longueur et cette volonté de faire l'éloge des missionnaires catholiques peut être gênante quand on connaît l'histoire de cette religion. Mais le film devient réellement pertinemment quand il met de côté cet éloge pours'intéresser à la notion de foi, comment la conserver face aux persécutions et aux atrocités présentes dans le film et surtout face au silence divin qui laisse les protagonistes seuls, sans réponse pour leurs prières.
Vraiment dommage qu'il y ait 20 minutes de trop dans ce bon film. On ne peut s'empêcher de penser à Mission, comme si une suite pouvait être possible même sur un autre continent. Au delà de la réalisation très japonaise, malgré la reconstitution stupéfiante, on ne peut parfois que s'ennuyer tant il est difficile de traduire un dialogue avec Dieu...
Dur de ne pas spoiler si on veut donner son avis sur ce film. C'est du Scorsese, c'est plein de sous entendu, on croit qu'il y a une belle morale. Mais cela montre tout le tourment de Martin Scorsese et ses idées bien arrêtées sur la religion chrétienne. Plus fin et plus sournois que la dernière tentation du Christ, mais au résultat identique.
"Nippophile", passez votre chemin. Pas d'aperçu de la culture japonaise, à part leur cruauté et leur sadisme. Dommage ...
Par contre, superbes acteurs. Adam DRIVER n'est pas QUE Kylo Ren ! Et Andrew Garfield ... Ouahhhh ...
"Nippophile", passez votre chemin. Pas d'aperçu de la culture japonaise, à part leur cruauté et leur sadisme. Dommage ...
Par contre, superbes acteurs. Adam DRIVER n'est pas QUE Kylo Ren ! Et Andrew Garfield ... Ouahhhh ...
"Silence" est une forme de rédemption de la part de Scorcese après sa très controversée Dernière Tentation du Christ. Scorsese nous invite à un voyage spirituel, nous pousse à une profonde meditation sur la foi, la force de conserver sa foi jusqu'au bout, voire jusqu'au martyr ou "choisir" l'apostasie. Très belle cinématographie, superbes images, musique très discrète, belle interprétation aussi bien américaine que japonaise et mise en scène sobre.
Je n'ai pas vu un film chrétien aussi puissant depuis la Passion du Christ. A voir.
Je n'ai pas vu un film chrétien aussi puissant depuis la Passion du Christ. A voir.
Je ne sais pas trop quoi pensé de ce film. La mise en scène est tellement minimaliste dans son traitement, la narration tellement redondante, et le scénario tellement linéaire, que tout cela dilue ce sujet fort. De plus le film ressemble un peu à une propagande pro-catholique sans guerre beaucoup de subtilité. Quelques textes bien écrits en demeurant arrive à interpeller mais par de trop rares intermittences. Il y a sinon un bon jeu d'acteurs, avec notamment un Andrew Garfield que je découvre complètement dans un registre dramatique, mais il n'est pas aidé par le manque de relief des enjeux et la prévisibilité de l'ensemble. Une belle photographie font quand-même tenir, mais je conseil de prendre ce "Silence" en deux fois tellement il est lent et avec trop peu de fulgurance et de rupture de ton pour amener le spectateur dans ses messages à volonté universels. Grand fan de Scorsese mais pas convaincu cette fois.
Long long long très long... réflexion intéressante néanmoins sur la foi et le choc des cultures. Très Bon jeu des acteurs.
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