Pour Klára
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traversay1

4 524 abonnés 5 440 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 février 2026
Klára ne va pas bien. Ses troubles alimentaires ne s'améliorent pas pendant ses vacances avec son père et son petit frère en Croatie. Sa mère, elle, n'est pas du voyage. Peut-être qu'une relation amoureuse pourrait faire évoluer la situation de cette adolescente aux desseins anémiés. Le film d'Olmo Omerzu semble emprunter benoîtement le chemin du récit d'apprentissage un brin torturé, mais c'est un leurre et le scénario, imperceptiblement, dévient de plus en plus aigu, créant des dilemmes et dynamitant, avec un contrôle total, le fonctionnement d'une famille dont les mensonges cherchent à reboucher des failles béantes. Le cinéaste n'a pas la méchanceté (la perversité ?) d'un Seidl ou d'un Lánthimos, par exemple, mais il s'y entend pour installer un malaise progressif, montrant au passage que les générations ne se comprennent pas ou plus et que la morale, y compris dans un environnement de gens censés se protéger, se révèle parfois bien élastique. Le film réussit tour à tour à nous montrer des perspectives personnelles différentes pour chacun de ses cinq personnages principaux. La touche finale, assez cruelle, confirme que Pour Klára ne fait que s'enrichir au fil des minutes, dans une dynamique de thriller familial qui s'avère de plus en plus inconfortable et excitant, à sa manière.
Cinememories

604 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 avril 2026
"Il y a quelque chose d’un peu cruel dans ces premières images. Des corps huilés s’étirent sur des serviettes de plage. Des ventres ronds, des peaux dorées, des touristes qui somnolent dans le bruit des vagues. Olmo Omerzu filme la station balnéaire comme un inventaire de la chair ordinaire, sans pudeur, sans voyeurisme non plus. Juste cette façon qu’ont les vacances de mettre les corps à nu, au sens propre comme au figuré. Et dans ce tableau presque trivial, Klára (Dexter Franc) ne s’y retrouve pas. Elle esquive les photos de groupe et ne supporte pas de voir son reflet dans le regard des autres, surtout dans sa famille. À 17 ans, son corps lui est devenu étranger."

"Ce n’est pas un film sur l’anorexie, attention. Le réalisateur slovène ne cherche pas à expliquer, ni à instruire sur son cas. Il observe et il estime que la maladie ne surgit jamais seule. [...] Ce qui fait la force du film, c’est justement cette attention portée aux marges de chaque scène. Klára qui s’éveille à son désir, lentement, maladroitement, dans les bras de Denis (Timon Šturbej)— un garçon du coin, charismatique dans sa rudesse, aussi mystérieux que potentiellement dangereux. Teo qui mange ce qu’on lui sert et attend qu’on s’occupe un peu de lui aussi. Ce sont des adolescents qui avancent dans leur construction identitaire à leur propre rythme, dans un monde d’adultes qui ne regardent pas vraiment."

"Puis vient la rupture — qu’on vous laisse découvrir — au retour de la famille. L’état de Klára empire jusqu’à l’hospitalisation. La deuxième partie du film bascule dans un registre plus trouble, presque baroque. David et Laura, séparés mais réunis par l’urgence, vont tout faire pour maintenir leur fille en vie. Et quand les moyens ordinaires s’épuisent, ils n’hésitent pas à manœuvrer dans l’ombre, à user de ruses, de manipulation affective, quitte à franchir des frontières qu’on n’ose pas toujours nommer. Sans en dévoiler davantage, le plaisir du film tient en partie à la façon dont ce dispositif se déploie, et il serait dommage de le divulguer ici. Ce qu’on peut dire, c’est qu’Omerzu ne juge pas ces parents. Il les montre dans toute leur contradiction : ils mentent par amour. Et ça fonctionne. Ce qui est peut-être le plus dérangeant."

"Pour Klára ne guérit rien et ne résout rien. Olmo Omerzu filme juste, avec une élégance un peu cruelle, comment nous apprenons tous — en famille ou en société — à faire semblant que tout va bien. Et comment cette performance collective, transmise de génération en génération, peut finir par rendre malade."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Arthur Brondy

309 abonnés 1 524 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 avril 2026
En vacances avec ses enfants au bord de la mer, David cherche à recréer du lien depuis son divorce. Il n’est pas vraiment aidé par sa fille Klara, qui refuse de manger jusqu’à sa rencontre avec Denis. Les images sont très belles, certains passages assez drôle, mais la majorité est malgré tout bien trop convenue…
Jipéhel
Jipéhel

103 abonnés 651 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 septembre 2026
Les gens ingrats

Je dois avouer que le drame du tchèque Olmo Omerzu est passé sous les radars, et pas que le mien, puisque depuis sa sortie en avril dernier, seules 2000 personnes ont franchi la porte de la salle obscure. Ces 110 minutes valent-elles un tel échec ? Sous le soleil de l’Adriatique, David espère profiter des vacances avec ses deux enfants dans l’espoir de ressouder les liens familiaux. Alors que Klára vit son premier amour, un événement brutal vient troubler cette parenthèse et force la famille à rentrer plus tôt que prévu. Déjà vulnérable, la jeune fille en est profondément affectée, poussant ses parents à franchir certaines limites pour la protéger… Je réponds bien évidemment non, à ma question liminaire. Si on ne tutoie pas le chef d’œuvre, le scénario de ce film – à l’interprétation sans faille -, finit par nous surprendre même basé sur un thème très souvent abordé au cinéma. Une belle découverte.
« Jusqu’où des parents sont-ils prêts à aller pour sauver leur enfant ? ». Voilà la question centrale posée dans ce drame mâtiné de thriller. Tout commence comme un banal film de vacances. Famille déchirée, jeune fille affectée par de graves troubles alimentaires, jeune garçon bousculé entre les problèmes parentaux et la forte présence de sa sœur, amours de vacances, sea, sex and sun… bref air connu ! Et puis tout bascule. Mais deuxième surprise, ce n’est pas le suspense qui prend le dessus, mais l’attitude des parents prêts à tout pour « sauver » leur grande fille. Ou, quand de pieux mensonges se transforment en manipulations dangereuses. Le choix des décors – de la lumineuse côte croate à la grisaille tchèque -, amplifie les sentiments des personnages. Voilà un film qui fait mine d’emprunter paresseusement le chemin du récit d’apprentissage, mais c’est pour mieux nous tromper, car le drame devient de plus en plus aigu, jusqu’à dynamiter la cellule familiale – déjà sérieusement mise à mal -. Omerzu parvient, sans perversité, à installer un malaise progressif, enrichissant ainsi ai fil des minutes un scénario qu’on craignait écrit d’avance. Bien dommage que le public soit passé à côté de ce joli film. Faut dire qu’il est sorti la même semaine que Cocorico 2… Alors !
Pour jouer le rôle titre, le cinéaste ne voulait évidemment pas confier à une jeune fille souffrant desdits troubles psychiques. Alors, il a fait appel à Dexter Franc, un acteur tchèque transsexuel, absolument remarquable. Il ‘a cessé de me faire penser à Marine Vacth à ses débuts, dans le Jeune et Jolie de François Ozon. Pour ma part, j’avais découvert l’irlandais Barry Ward, en 2014, dans le magnifique Jimmy’s hall de Ken Loach. Depuis, disons-le, il fait une carrière plutôt en demi teinte. C’est avec plaisir qu’on le retrouve dans ce rôle de père pas comme les autres. Citons aussi Antonín Chmela, Barbora Bobulova et Simon Sturbej, pour compléter une distribution sans faille. Donc outre, l’habileté du scénario, la qualité de la mise en scène, il y a cette belle distribution épatante. Peut-être une séance de rattrapage est-elle encore possible.
Niskafilody
Niskafilody

4 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 avril 2026
Pour Klára, est un film qui commence comme un drame familial tranquille et qui finit par te mettre un petit coup de pression moral bien inconfortable. Olmo Omerzu joue avec les codes : tu crois voir un thriller, puis un drame intime, puis presque une étude de mœurs. Bref, t’es jamais totalement installé.
Corinne76100
Corinne76100

89 abonnés 668 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 avril 2026
Un thriller familial assez grinçant et ambigu dans l'attitude (plus ou moins louable) des membres de la famille. Passionnant
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