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Hélène S.
9 abonnés
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2,5
Publiée le 4 mai 2026
Une histoire vraie fascinante mais un documentaire qui l'est moins.. vu l'aspect romanesque de l'histoire, j'avais peut-être un peu trop oublié que j'allais voir un documentaire ! Ça reste intéressant de découvrir l'histoire de cette famille et de faire face à un traitement très nuancé (parfois trop ?) d'un personnage très sombre.. Mais on a l'impression de rester trop à la surface des choses souvent alors qu'il semble qu'on pourrait avoir plus d'éléments. La lecture du livre semble complémentaire, j'essaierai de le lire !
Le film de Virginia Tangvald s’inscrit à la frontière du documentaire intime et de la tragédie familiale. En revenant sur la disparition de son frère Thomas, perdu en mer, la réalisatrice ne cherche pas à reconstituer un simple fait divers, mais à interroger un héritage lourd, presque mythologique : celui de Peter Tangvald, père marin animé par une soif radicale de liberté. La mer, omniprésente, devient à la fois décor et personnage principal. Elle incarne l’appel de l’aventure, mais aussi la violence sourde d’un destin qui se répète. À travers images d’archives, récits fragmentés et silences éloquents, le film met en lumière la manière dont l’idéal de liberté du père s’est transformé en malédiction familiale, conduisant à la mort de plusieurs proches. La force du film réside dans sa retenue. Virginia Tangvald évite le pathos et refuse toute accusation frontale. Son regard est celui d’une fille et d’une sœur qui tente de comprendre plutôt que de juger. Cette distance donne au film une grande puissance émotionnelle, laissant au spectateur la place de ressentir l’ambivalence entre fascination et effroi. En transformant une douleur intime en œuvre cinématographique, la réalisatrice accomplit un geste à la fois artistique et d’apaisement. Le film apparaît alors comme une tentative d’exorcisme, un dialogue posthume avec les absents, et une réflexion universelle sur les limites de la liberté lorsque celle-ci se construit au détriment des autres.