Derniers Avis : L'Air de la mer rend libre - Page 5
L'Air de la mer rend libre
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Dandzfr
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4,0
Publiée le 8 octobre 2023
Deux destins (deux familles aussi) qui décident de s'unir pour des motifs très différents. La rencontre et la vie de ce couple est très bien filmé. Très beau casting et Zahia Dehar spoiler: dans un rôle de provinciale qui tient un petit restaurant avec son mari est surprenante. Très beau film sur une situation (des situations) assez complexe à gérer.
La mise en scène est sublime, les acteur.trice.s parfait.e.s, le récit passionnant, touchant, bouleversant et singulier. Cette œuvre est une petite merveille.
Merveilleux titre, qui illustre le parcours semé d'embûches de Said pour se libérer des chaînes familiales et notamment matriarcales, et vivre enfin ses choix. Film courageux et fauché, mais avec un casting 1ére classe et un scénario subtil. Moins d"euros mais beaucoup plus d'émotions. Une ode à la liberté et à la vie.
La religion et l’homosexualité n’ont jamais fait bon ménage. Et, même si c’est en passe de s’améliorer, la communauté musulmane et l’Islam restent la plupart du temps très fermés et conservateurs sur ce sujet. On a d’ailleurs vu peu d’œuvres qui traitent de cela, peu importe la religion. On peut se souvenir de « Désobéissance » et de « Tu n’aimeras point » pour le judaïsme ou encore de « Le choix d’Ali » pour l’Islam. Ici, Nadir Moknèche ne choisit pas de traiter le sujet de manière vindicative ou virulente. Il se contente de montrer la difficulté pour un jeune gay de vivre pleinement sa sexualité ainsi que le poids du mariage arrangé et des traditions religieuses et familiales dans sa vie de tous les jours. « L’air de la mer rend libre » est à ce titre démonstratif comme il faut mais aucunement dans le jugement. Il montre tout simplement la réalité de manière honnête et en phase avec l’époque et c’est tout à son honneur.
Moknèche n’en est pas à son premier essai concernant les pressions religieuses et sociétales ayant cours au Maghreb. Que ce soit concernant les femmes (« Viva Laldjérie », « Délice Paloma », ...) ou les LGBT (la question transgenre avec son dernier opus « Lola Pater »). Toujours avec finesse, doigté et une acuité indéniable, il montre les dysfonctionnements conservateurs des pays arabes. Encore une fois, sans jamais tomber dans l’excès ou la caricature, il place son sujet dans une réalité plausible et tangible. Jamais manichéen, car on peut se mettre à la place de tous les personnages, « L’air de la mer rend libre » nous touche et nous fait réfléchir avec beaucoup de tact. Le film est court mais chacune des scènes écrites l’est avec beaucoup de soin et y à sa place. Le long-métrage fait le tour de la question en tenant compte des avancées des sociétés modernes. La manière dont est dépeint un jeune gay arabe d’aujourd’hui est pleinement réussie sans tomber dans la caricature. On pense notamment à l’appli de rencontre Grindr ou aux orgies gay baignées dans la drogue et les excès mais qui sont contrebalancées par la belle histoire d’amour du personnage principal avec son amant.
Rien dans « L’air de la mer rend libre » semble volontairement exagéré en bien ou en mal. On est juste face à la réalité et le jeu parfait du duo principal joue pour beaucoup dans le charme et la réussite du film. D’un côté, la jeune Kenza Fortas découverte dans l’immense « Shéhérazade » est impeccable dans la peau d’une jeune épouse frustrée mais obligée de se taire. De l’autre, Youssouf Abi-Ayad est une véritable révélation dans le rôle principal entre charme animal brut et douceur de caractère. Les seconds rôles ne sont pas en reste, de Lubna Azabal à Zahia en passant par Zinedine Soualem. La mise en scène peut paraître un peu timorée et tout juste illustrative mais le sujet s’y prête et ne tolèrerait pas forcément de facéties visuelles. Et la musique jazzy faisant penser aux films de Woody Allen apporte un petit plus indéniable. En revanche, le chapitrage est totalement inutile et n’a aucune raison d’être. Un petit film humble et important, presque humaniste, qui traite son sujet avec simplicité et efficacité.
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Tres beau film plein de tendresse et de délicatesse. Le metteur en scène n'esquive pas des sujets comme les mariages arrangés, l'acceptation de l'homosexualité, l'émancipation de sa famille. Il le fait à la fois frontalement et avec pudeur. Tous les acteurs sont impeccables (Youssouf et Kenza en tête) avec comme cadeau une courte mais belle participation de l''héroïne du"Bleu du caftan".
Comédie dramatique moderne, au thème du mariage arrangé, et qui cache complètement sa réelle dimension, dans la préparation de la cérémonie, et Nadir Moknèche nous la fait découvrir dans une présentation identitaire - qui n'apporte pas grand chose je trouve. Par contre la richesse des interprétations de ces deux jeunes : Youssouf Abi-Ayad ( Said ) et Kenza Fortas ( Hadjira ), enfermés dans la tradition familiale, et par ailleurs complètement investis des pratiques actuelles et surfant sur les champs des "possibles"... Ce couple anti conformiste, est attachant, dresse les contours d'une relation improbable, avec des comportements admirablement mis en scène, un entourage "pressant" et amusant à la fois, Zinedine Soualem, Lubna Azabal, Zahia Dehar, tiens tiens..(!), à la voix savoureuse, reconnaissable entre toutes de notre "B.B.". Dans un contexte chahuté, ce film démontre une force et un optimisme fantastique.... Une certaine lenteur, qui convient au scénario et à l'orientation constituant un très joli final. J'ajoute des morceaux de trompette vibrants s'invitant à l'émotion grandissante.......!!**
Douce comédie dramatique autour d'un mariage arrangé d'aujourd'hui qui renvoie nos certitudes aux oubliettes. Jeu d'acteur extra. Coup de coeur pour Lubna Azabal, une fidèle du réalisateur, en mère excentrique. Zahia Dehar surprenante !
L'homosexualité, le mariage arrangé traditionnel des pays du Maghreb, des acteurs jeunes et beaux, beaucoup de moralité, de l'humour et de l'amour ... sentez vous libres aussi d'aller voir ce film .
Une peinture sincère de tout ce qui tourne autour des traditions, de l’importance de la réputation, de la difficulté à échapper à des principes archaïques transmis de génération en génération. Tout cela, en apportant ça et là, une petite touche d’humour. Avec, également et malheureusement, un certain manque de rythme dans la réalisation. Heureusement, la distribution ne souffre d’aucun défaut avec, entre autres, Youssouf Abi-Ayad, comédien venant du théâtre et remarquable dans le rôle de Saïd, avec Kenza Fortas qu’on avait découverte dans le rôle de "Shéhérazade" dans le film du même nom, avec Saadia Bentaïeb dans le rôle de Zineb, avec Zinedine Soualem dans le rôle de Mahmoud, avec, dans le rôle de Rabia, la toujours excellente Lubna Azabal, habituée au cinéma de Nadir Moknèche lequel a dû beaucoup s’amuser à faire de cette actrice belge une cagole provençale. Sans oublier, bien sûr Zahia Dehar dans le rôle de Fariza, Zahia et sa façon de parler qui évoque immanquablement Brigitte Bardot. critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-lair-de-la-mer-rend-libre/
Superbe avant première aux Halles ce soir! Salle pleine dont l'émotion transparaissait face à ce film poignant. Les acteurs sont excellents, touchants. Merci et bravo!
Entre le repas dominical dans la famille de Saïd (où la mère fait penser à Madame Osmane) et les diktats de la mère fantasque d’Hadjira (qui évoque Papicha ou Lola), c’est une génération qui impose ses vues et ses craintes, celle des enfants d’immigrés pour qui l’intégration ne fût pas simple et qui a peur de ne pas faire ce qu’il faut. Le problème pour Saïd et Hadjira est non seulement de s’en émanciper mais de trouver comment résoudre leur improbable équation. Ils le feront avec une grande subtilité, déconstruisant peu à peu les rapports de domination qu’ils s’imposent à travers des interdits (alcool, travail des femmes, etc.). Jamais le film ne juge personne, il se contente de poser les tenants et d’ouvrir les aboutissements possibles. Cela va avec la délicatesse et la sobriété de son approche de sa constellation de personnages, tous bourrés de contradictions. Même l’amitié entre Hadjira et sa voisine Fariza, pourtant le strict opposé, est possible car elles ne cultivent pas les préjugés. Cette complexité est celle de la vie, au-delà des raccourcis et des clichés, si bien que la fiction nous les rend proches et familiers. Evitant tout pathos et tout didactisme, avec une simplicité qui force le respect, Moknèche nous emmène en bord de mer, sur le chemin de la liberté. Lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures : http://africultures.com/lair-de-la-mer-rend-libre-de-nadir-mokneche-15830/
Dans un film touchant qui explore les thèmes du couple et des traditions, la réalisation parvient à maintenir la tension jusqu’au dernier instant, mettant en lumière la manière dont la famille réagit face à l’homosexualité du protagoniste principal. Malgré le cataclysme relationnel engendré par cette révélation, le personnage principal demeure attaché à son épouse, mais il ne peut lui offrir pleinement tout ce qu’elle demande. Une fois de plus, c’est la femme qui semble dépourvue de tout droit et avenir : sans situation stable, éloignée de sa famille, démunie financièrement, et avec une relation avec son passé brisée pour échapper à son destin, comme si son prénom, emprunté à l’hégire, la condamnait à une vie de malheur. Cette atmosphère touchante est magnifiée par des acteurs et des actrices surprenants, notamment la présence de Zahia, dont le jeu rappelle celui de Brigitte Bardot dans sa manière de captiver l’audience.
Nadir Moknèche a plusieurs fois prouvé sa capacité à garder toute sa substance au sujet qu'il choisit, en évitant les chausse-trappes de la facilité et les miasmes du pathos. En témoignent notamment Le Harem de Madame Osmane, Viva Laldjérie et Délice Paloma. Avec L'air de la mer rend libre, titre poétique qui ne prend sa véritable signification qu'en toute fin de film, le cinéaste franco-algérien nous invite à un mariage arrangé, lequel arrange aussi le couple en question, pour des motifs différents : lui, pour dissimuler son homosexualité ; elle, pour faire oublier son passage par la case prison. C'est donc à un film de famille, car celles des susnommés a son mot à dire, auquel nous avons affaire, et le réalisateur y met à infuser une bonne dose d'ironie et d'humour, un vrai regard moderne sur la vie avec ses proches, qui n'est que rarement un long fleuve tranquille. Ce qui est marquant dans la facture très agréable du film, c'est sa fluidité constante, avec des scènes courtes et souvent très drôles, qui par petites touches tracent des portraits de personnages plus ou moins emberlificotés dans les traditions et la réputation. Ce qui se joue là, c'est la liberté de chacun à tenter de passer une existence débarrassée de tous préjugés et d'opinions extérieures, ce qui n'a jamais été simple, chacun en conviendra. La vision malicieuse de Nadir Moknèche rend la chose sinon légère du moins plaisamment moqueuse, avec une bienveillance qui n'empêche pas un peu de mordant.