Ce premier long métrage d’Anais Tellenne est absolument prometteur ! Tout d’abord, une intrigue qui sort des sentiers battus qui est filmée avec énormément de sensibilité et qui laisse aux spectateurs la possibilité de se positionner par rapport aux personnages. Cette rencontre improbable entre deux mondes, deux sensibilités ,nous touchent et nous interroge aussi. Car ,à travers ce film il y a un véritable questionnement sur la beauté, l'art, l’amour. On ne peut rester indifférent à cette brève relation entre une plasticienne névrosée et suicidaire et ce colosse monoculaire aux pieds d’argile, à la sensibilité à fleur de peau. Emmanuelle Devos rapporte, une fois de plus, la preuve de son talent à se glisser dans la peau du personnage. Garance n’est pas à proprement parlé sympathique, ce n’est pas une sentimentale, elle verse plus de larmes pour un déménagement que pour un divorce. A côté, il y Raphaël magistralement interprété par Raphaël Thierry , le factotum dévoué, éperdument amoureux. Ce grand gaillard, peu gâté par la nature,même une vie tranquille et équilibrée auprès de sa mère Lucienne dont le rôle est formidablement portè par Mireille Pitot,sa maîtresse Samia dont il satisfait les phantasmes en plein air, personnage à qui Marie Christine Orry apporte humour, piquant mais surtout sensibilité..Sans oublier sa cornemuse qui offre des scènes superbes. L’arrivée imprévue de Garance va tout chambouler, rebattre totalement les cartes. Sous les doigts de Garance Raphaël devient une œuvre d’art ,il gagne l’immortalité, la beauté. Mais Garance ne fait que passer, Raphaël reste seul mais il a connu la fièvre amoureuse et trône dans un musée sous le regard des visiteurs en restant pour l’éternité un rêveur...
Un très joli premier film, un conte sensuel, plein d'humanité, piquant, parfois même drôle. Et ce que j'ai trouvé particulièrement émouvant, c'est cette sensation d'un œuvre chorale, d'un accord profond et sincère entre les images et la bande son, entre la réalisatrice et ses acteurs, entre les acteurs eux-mêmes. Du cousu main avec les petites imperfections que j'aime.
C'est hyper beau. Une histoire d'amour complexe, où il y a surtout du fantasme, du désir, et du rêve. Le film est inventif (la cornemuse dans une piscine, les taupes, la postière... Je me suis laissé emporté par cette romance dans le monde de l'art. Je ne saurais que le recommander...
L'homme d'argile exploite avec brio les affres de la création, la relation de l'être à l'objet. L'esthétique du film, avec son format, son grain et son cadrage atypique, immerge le spectateur dans un milieu qui ne lui est pas forcément familier et invite le conte dans le quotidien en le laissant totalement libre de son interprétation. Raphael Thiéry crève l'écran grâce à une performance déchirante. Mention spéciale aux seconds rôles, pas tous professionnels, comme la mère du personnage principal qui amène un humour décalé à l'ensemble. Décalé comme une interprétation à la cornemuse.
Un film original sur l'inspiration artistique et le désir entre une sculptrice et son modèle, gardien du manoir. La photo est sublime, inscrivant l'homme dans la nature par des jeux de lumière et des nuances de bleu. En prime l'humour de la postière nymphomane et un morceau de cornemuse déchirant
Un film qui fait honneur au cinéma Français. La sensibilité face au handicape et le jeu des acteurs nous mène au plus profond de notre émotion. Rien à ajouter il faut le voir.
J'ai ressenti un sentiment de malaise tout au long du film. J'ai trouvé glauques les longs plans filmés des mains sur l'argile, avec les bruits associés. Quelle tristesse de voir cet homme s'épanouir seulement dans cet intervalle de temps compris entre l'ouverture des volets à l'arrivée, et la fermeture en fin de film. Au delà d'un atypisme certain, de la beauté du lieu, de la cornemuse et des répliques savoureuses de la mère, c'est ce sentiment de malaise oppressant que je garderai...
Magnifique film. Rôle taillé sur mesure pour Raphaël Thiéry. Film qui aurait mérité plus de visibilité dans les médias afin d'attirer plus de spectateurs.
Magnifique film, je ne trouve pas les mots pour décrire mon émotion, il redonne le goût d'aller plus souvent au cinéma qui mérite ici son titre de 7eme art. Si il le passe dans votre ville ou à côté, ne le ratez surtout pas 朗
Rares sont les films qui ont doucement tissé des liens autour de mon cœur, sans que j'en ai conscience pour, à la fin de la séance, tirer un grand coup et me faire fondre en larmes.
"L'homme d'argile" conte l'histoire de Raphaël (Raphaël Thiéry), gardien borgne d'un manoir bourguignon inhabité, vieux garçon aux paluches maniant finement sa cornemuse, jouée certains soirs dans le secret d'une piscine profondément vide. Il vit avec sa mère un brin acariâtre, clairement castratrice, et batifole avec la postière du coin, sincèrement attachée à cet ours au cœur tendre. Le retour dans le manoir de sa propriétaire, la froide Garance (Emmanuelle Devos), artiste-plasticienne de renom (et fortement inspirée de Sophie Calle et Marina Abramovic), marque un tournant dans son existence.
D'abord dans son rôle de gardien, voire de serviteur ; il devient peu à peu un protecteur qui devine les failles de son employeure. Puis il découvre qu'il est aussi devenu sa muse, que son physique cyclopéen inspire le Beau, plus précisément une sculpture faite d'argile. Les gestes de Garance travaillant la matière, le lien qui se tisse entre les deux personnages à travers l'art et la prise de conscience de Raphaël qu'il n'est pas cette Bête qu'il croit personnifier depuis sa naissance, font monter l'émotion crescendo. Et deviner que sa vie va prendre une nouvelle direction, sans pour autant lui faire renier son quotidien.
Si ce premier long métrage d'Anaïs Tellenne m'a enthousiasmée tout du long, il y a trois scènes qui m'ont particulièrement bouleversée et tournent en boucle dans ma tête... Elles se situent dans les dernières minutes du film : spoiler: celle où Raphael se déshabille totalement, Garance le mettant totalement à nu en ôtant le bandeau protégeant son œil ; celle où la sculpture reproduisant Raphaël prend vie et offre aux deux protagonistes un moment intime longtemps fantasmé ; enfin celle où la statue trouve finalement sa place dans l'exposition organisée autour des œuvres de Garance, immortalisant Raphaël, muse inconnue.
"L'homme d'argile" est un film peu distribué, hélas, qui n'a pas eu la chance d'être soutenu par un diffuseur, mais émerveille tous ses spectateurs, qu'ils soient amateurs ou professionnels. Courrez vite voir ce conte merveilleux qui est un coup de cœur absolu !
Beaucoup de poésie, de douceur et d'humour dans ce premier film. Certes, il apparaît bien quelques erreurs de mise en scène mais la performance des 4 acteurs est remarquable. Avec bien sûr la prime à Raphaël Thiery qui en colosse fleur bleue sait jouer de tous les registres. Un très beau film