**Mickey 17** – je pensais voir un film de science-fiction sympa : un film dans le futur, dans l’espace, avec des clones. Le synopsis avait l’air intéressant, mais au final, j’ai été extrêmement déçu.
J’ai appris après coup que le réalisateur est Bong Joon-ho, auteur de *Parasite*, *Memories of Murder* et bien d’autres. Chez lui, la critique sociale ou politique prend généralement la forme d’une réflexion humaine ou d’une leçon de vie, jamais d’un message frontal… et c’est justement ce qui fait sa force. Malheureusement, ici, cette touche disparaît presque complètement. On sent que les producteurs américains ont pris le dessus, et le film ressemble davantage à un produit hollywoodien standardisé, porté par **une lecture politique simpliste et manichéenne**, appuyée sur **des codes idéologiques propres à une frange du débat politique américain**.
Visuellement, le film est correct, mais loin d’être marquant pour un récit spatial. Il manque une vraie identité visuelle, et surtout la patte artistique et la force d’écriture auxquelles Bong Joon-ho nous a habitués. Le scénario est classique, prévisible, et même les scènes d’action peinent à susciter de l’intérêt.
Le méchant, interprété par Mark Ruffalo, est caricatural au possible : une figure autoritaire ridicule, sans nuance, presque parodique. Cette opposition très binaire est renforcée par la caractérisation des autres personnages, ce qui donne un ensemble peu subtil. On retrouve ainsi plusieurs codes récurrents de ce type de films : critique sociale appuyée, symboles politiques évidents, thèmes comme la colonisation ou la domination traités de manière superficielle.
La seule dimension qui fonctionne encore un peu reste la lutte des classes, thème récurrent chez Bong Joon-ho, mais elle est ici abordée de façon assez faible et peu développée.
Côté positif, Robert Pattinson livre une bonne performance, et le concept des clones reste intéressant sur le plan philosophique. Malheureusement, ce concept reste très abstrait et éloigné des réalités du spectateur, ce qui limite fortement l’impact émotionnel et l’immersion.
En résumé, le film partait d’une idée originale et prometteuse, mais le potentiel est gâché par un traitement superficiel et trop démonstratif. C’est d’autant plus frustrant que le matériau de départ permettait un vrai film de science-fiction marquant. Au final, *Mickey 17* privilégie le message politique au détriment du récit et du divertissement.