J'avais adoré la bande-annonce du film, donnant le sentiment que nous assisterions à une critique acide, décalée, grotesque de la société actuelle, via le prisme de la science-fiction dans cette aventure pour coloniser une planète extraterrestre reculée.
Si j'aime bien l'acteur Robert Pattinson, ainsi que la charismatique Naomi Ackie, j'ai trouvé le casting très médiocre, sans éclat.
Le gros problème du film devient évident assez rapidement : le réalisateur a fait des efforts énormes sur les costumes, décors, accessoires, photographie, mais le scénario est inabouti, et les dialogues futiles et sans effet.
Le film comporte beaucoup d'idées qui n'ont rien à faire dans cette histoire, synonyme d'un premier jet du script, qui doit normalement être retravaillé plusieurs fois, jusqu'à retirer les idées qui ne collent pas avec le reste, et rajouter des concepts qui s'assemblent naturellement pour former l'ossature du film. Ici, on est resté sur la version du script 1.0.
Le réalisateur ne peut s'empêcher de rendre caricatural jusqu'à l'excès le rôle du politicien déconnecté des réalités et en proie à des illusions de grandeur (Mark Ruffalo) et de sa femme (Toni Collette) qui le conseille mal et l'envoi toujours dans le mur.
D'autant que le film ne fait pas "neuf", malgré tous les effets spéciaux de qualité, on sent la redite permanente, mélange improbable d'Aliens, le retour (1986), de Nausicaä de la vallée du vent (1984), les films de Stanley Kubrick, de l'humour britannique façon Monty Python.
L'humour et la satire ne fonctionne pas. Le spectateur reste donc bouche-bée devant un énième délire personnel du réalisateur, plein d'idées bizarres, de scènes absurdes, de non-sens cinématographiques et de sorties de route artistiques.
Pourquoi avoir casté Steven Yeun pour jouer le rôle d'un roublard? L'acteur n'arrive jamais à nous y faire croire, incapable d'incarner un personnage charmeur, manipulateur, sachant se jouer des combines et traquenards en tout genre.
Un grand moment de solitude, c'est quand le réalisateur semble se focaliser sur la beauté de l'actrice Anamaria Vartolomei, sachant que son personnage n'a aucun impact sur le reste du film.