Même si le synopsis m’attirait pas mal, je ne faisais pas partie de ceux qui attendaient Mickey 17 avec une grande impatience. Principalement parce que je ne suis pas spécialement fan de Bong Joon-ho : Snowpiercer ne m’a jamais vraiment convaincu, et Parasite est à mes yeux largement surcoté. Pourtant, ce nouveau film synthétise beaucoup des thématiques chères au réalisateur.
En effet, on retrouve des thématiques écologiques, la cause animale et cette mise en scène de la cruauté et de la bêtise humaine. Et puis, de l’autre, on y retrouve aussi des rapports de pouvoir dans un univers très hiérarchisé, à l’image de ce que Bong explorait déjà dans Snowpiercer. Mais là où ces éléments pouvaient paraître un peu trop appuyés dans ses précédents films, ils sont ici mieux intégrés à la narration, rendant l’ensemble beaucoup plus fluide et efficace.
Le film raconte énormément de choses, et derrière son apparente simplicité, il dresse un constat implacable sur l’humanité. Comme souvent chez Bong, l’homme est montré comme un prédateur insatiable, incapable de s’arrêter de piller et de coloniser, peu importe les conséquences. On pourrait croire que le film va enfoncer des portes ouvertes, mais il parvient à traiter ces thématiques avec une finesse qui force le respect. L’écriture est à la fois limpide et percutante, offrant un sous-texte riche sans jamais sombrer dans le didactisme.
Robert Pattinson, quant à lui, est impérial. L’acteur, qui n’en finit plus de surprendre, livre ici l’une de ses meilleures performances. Son jeu habité donne à Mickey une profondeur qui dépasse le simple archétype du héros de science-fiction. Il est à la fois vulnérable, drôle et tragique, un équilibre difficile à atteindre mais qui fonctionne parfaitement grâce à son talent.
La mise en scène, elle, est plutôt lancinante. Bong Joon-ho prend son temps, installe son ambiance et laisse son film respirer. Ici, chaque plan a un poids, chaque scène trouve sa place dans une construction réfléchie. Et pourtant, malgré ce rythme posé, impossible de décrocher. J’étais dedans du début à la fin.
Enfin, ce qui impressionne aussi, c’est l’équilibre entre les genres. Bong Joon-ho est un maître dans l’art du mélange, et Mickey 17 en est une preuve supplémentaire. Le film oscille entre comédie, drame et science-fiction sans jamais donner l’impression de forcer le trait. L’humour est là, subtil mais efficace, contrebalançant parfaitement la noirceur du propos.
Bref, Mickey 17 est une réussite éclatante. Un film qui prouve qu’il est encore possible de proposer du divertissement intelligent, un blockbuster qui ose raconter quelque chose et qui le fait bien. Ça fait un bien fou.