Vu d'ici, c'est à dire d'Europe, et de manière sans doute erronée, un film mexicain sur deux semble prendre pour thème la violence endémique du pays. Manto de gemas vient après beaucoup d'autres,lesquels se sont avérés souvent poignants, et tente de proposer une autre vision, presque périphérique, esthétique en tous cas, et le plus souvent opaque, avec des bribes d'intrigues que le spectateur est invité à reconstituer, si le cœur lui en dit. Mais justement, pas vraiment, tant il est bien difficile de résister à un fort ennui, devant une œuvre aussi peu aimable, ce qui peut se concevoir eu égard à son sujet, mais que l'on soupçonne surtout de suffisance, dans la conduite erratique d'un récit vaguement articulé autour de trois femmes, et dans une complaisance à user de plans fixes en de très nombreuses circonstances, tout en exagérant sciemment la durée des scènes, qu'il s'agisse de montrer des cactus ou un homme en feu (au ralenti, cela va sans dire). Manto de gemas, typique film intellectuel pour festival, ne suscite malheureusement aucune émotion, alors qu'il est censé aborder la question des disparitions inexpliquées au Mexique, dont le nombre est à ajouter à celui, déjà inimaginable, de celui des assassinats.