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1,5
Publiée le 7 mars 2023
Isabel, qui a emménagé dans la propriété de sa mère dans la campagne mexicaine, reprend contact avec Maria, l'ancienne gouvernante de la famille. Lorsque Isabel apprend que la sœur de Maria a disparu, elle décide de l'aider à trouver des réponses malgré les risques encourus. Cela peut paraître simple comme ça, mais l'histoire de "Manto de gemas" est beaucoup plus compliquée, car extrêmement chargée. Il y a énormément de personnages et les contours de l'intrigue mettent un bon moment avant de se dessiner. Natalia López ne veut pas nous faciliter la tâche et des actions se passent sans que l'on s'en rende compte. J'ai eu l'impression de voir un tas de scènes sans rapport entre elles qui avaient été assemblées au hasard. Il n'y a aucune structure et les enjeux ne sont pas clairs. C'est comme si j'avais pris le visionnage en cours de route. L'histoire m'est passée au-dessus de la tête et je ne suis jamais entré dans le film. Bref, c'est désordonné et ennuyeux.
Vu d'ici, c'est à dire d'Europe, et de manière sans doute erronée, un film mexicain sur deux semble prendre pour thème la violence endémique du pays. Manto de gemas vient après beaucoup d'autres,lesquels se sont avérés souvent poignants, et tente de proposer une autre vision, presque périphérique, esthétique en tous cas, et le plus souvent opaque, avec des bribes d'intrigues que le spectateur est invité à reconstituer, si le cœur lui en dit. Mais justement, pas vraiment, tant il est bien difficile de résister à un fort ennui, devant une œuvre aussi peu aimable, ce qui peut se concevoir eu égard à son sujet, mais que l'on soupçonne surtout de suffisance, dans la conduite erratique d'un récit vaguement articulé autour de trois femmes, et dans une complaisance à user de plans fixes en de très nombreuses circonstances, tout en exagérant sciemment la durée des scènes, qu'il s'agisse de montrer des cactus ou un homme en feu (au ralenti, cela va sans dire). Manto de gemas, typique film intellectuel pour festival, ne suscite malheureusement aucune émotion, alors qu'il est censé aborder la question des disparitions inexpliquées au Mexique, dont le nombre est à ajouter à celui, déjà inimaginable, de celui des assassinats.