Alma Viva, est un récit familial au cœur de l’été.
La matriarche du clan passe de vie à trépas. Elle est aimée et respectée par les siens. Certains voisins la craignent. Le deuil s’avère cruel et impossible.
Le titre du film « Alma Viva » renvoie à l’intrigue centrale, l’esprit de la fillette existe.
Deux personnages féminins en symbiose, habitent littéralement l’écran. Salomé, la fillette revenue au village le temps de l'été, et sa grand-mère. Elles semblent vivre collées l’une à l’autre, complémentaires. Leurs corps y sont filmés tout au long du film de manière frontale, en positif du négatif.
Par l’image le film nous interroge sur le passage du temps, par le vieillissement de la peau, l’élan de la jeunesse, la vie et la mort.
L’histoire du film est habitée par la transmission générationnelle au sein d’une famille. La frontière est ténue entre spiritualisme et sorcellerie.
Tous les proches se retrouvent pour les funérailles. Ceux qui se sont expatriés en France, et les autres restés au pays. Le temps des retrouvailles cèdent rapidement la place aux clivages sociaux, au sein même de l’intimité familiale.
Par petites touches délicates, la réalisatrice décale son propos sur un terrain socio-économique, plus universel, qui pourrait être celui d’une réalité que vivent beaucoup de familles rurales portugaises.
Je n’ai pu m’empêcher de penser à « Viendra le feu », tourné dans les forêts galiciennes. Les deux films ont en commun un dépouillement quasi documentaire d’un monde rural traditionnel, dans l’intimité de gens modestes.
Ce dépouillement de leurs réalisations respectives sans effets surnaturels, détonne avec la singularité du message porté aux confins de la réalité, sans toutefois jamais ne s’en détacher.
Dans les deux films, il y a quelque chose de poignant à dimension sociale anthropologique et éminemment poétique.
Quelle belle surprise que ce film venu du Portugal, modeste dans ses choix de réalisation très naturalistes, et ambitieux dans les sensations qu’il parvient à nous procurer.