Comme beaucoup de films issus de l'ex-Yougoslavie, Sirin traite de la guerre qui a ensanglanté la région, en l'occurrence de manière indirecte, à travers son personnage principal, une avocate établie en Amérique, qui revient pour la première fois sur sa terre natale, devenue le Monténégro. A part la scène de début, l'ensemble du long-métrage se passe de nos jours, suivant une affaire d'héritage, concernant également une émigrée, décédée outre-Atlantique. Sirin trace des parallèles entre la situation de la défunte et celle de l'avocate, les deux ayant, semble t-il, décidé pendant longtemps d'oublier leur patrie d'origine, y compris leur famille, restée sur place. Ce joli film plein de finesse opte pour le mystère, ne donnant pas d'explications sur les choix de vie de son héroïne, que l'on ne peut qu'essayer de deviner. D'où une certaine frustration, relative tout de même, de par la qualité d'évocation et de sensibilité d'un récit où l'émotion se coagule jusqu'à son dénouement, qui n'a rien de définitif, et reste sujet à toutes les interprétations. Sirin représente le Monténégro pour la course à l'Oscar 2024 du meilleur film international.