J'ai trouvé ce film incroyable.
Le film nous amène un vrai questionnement. Pour ma part j'y ai vu un parallèle avec les réseaux sociaux, ce qu'on est et ce qu'on souhaite donner au monde..
On se retrouve avec une personne dont l'apparence à cause de son âge décline et elle choisi de se donner une autre image afin de recevoir l'amour qu'elle recevait dans sa jeunesse.
Cette autre image est ce double, qui est censé être elle mais qui n'est pas vraiment elle, puisque ce qu'il inspire au gens est différent de ce qu'elle inspire. Ce double je l'ai perçu comme le filtre que beaucoup mettent désormais sur leur réseau pour paraître plus beau. Les photos et vidéos prises d'une certaine manière pour paraître plus attirant quitte à se dénuder un peu.
On retrouve énormément ce côté réalité/ filtre dans le visuel tout au long du film, très épuré avec l'essentiel visuel, sans que ça ne paraisse pauvre. Pour le double, son corps, ses formes, sa sensualité et sa sexualisation nous la montre telle qu'on aime voir les femmes sur les réseaux sociaux, celles qui sont le plus aimé, suivi.
Et même dans le comportement qu'on adopte au quotidien notamment la scène du voisin qui devient miraculeusement serviable.
L'hyper sexualisation attire. Ce double est le filtre que la société impose indirectement à l'original pour qu'elle soit acceptée.
Et ce, quitte a effacé ce qu'elle est vraiment, elle joue le jeu de la société à son détriment.
L'original se retrouve très rapidement dépassé pas son double, ce qu'il représente est ce qu'elle à toujours voulu. Et au moment où ce double lui à tout pris parce qu'elle y a laissé toute son intégrité physique et mentale, conséquence de son auto effacement pour exister, elle renonce à la détruire. Parce que son double a atteint ce qu'elle voulait avoir comme image.
Le scénario nous rappelle pourtant un point crucial au moment où
son double la supprime "vous n'êtes qu'un". Cette mort n'est pas une mort banale, c'est la mort de sa personnalité au profit du filtre.
Le double pleure alors la fin de sa réelle existence.
Et la dernière forme, nous donne la pièce final qui vient compléter ce message. Quand l'original absorbe le produit c'est quelqu'un d'entier. Une personne avec une histoire, un vécu. Dans la scène face à la télévisions voyant une émission avec son double elle le dit clairement "toi tu n'es rien, c'est moi qui ai vécu ça". Effectivement n'est rien que ce que son passé peut lui offrir.
Le double diablement sexy qui sort d'elle est plus que ce qu'elle veut être, il est ce que la société veut voir d'elle, le monde lui rejetant sans cesse à la figure, qu'elle est devenu, physiquement has been, par son âge. Alors cette image filtre à pu naître.
Par contre le double quant à elle, lorsqu'il absorbe le produit un monstre apparaît, difforme, un agrégat de rien, et c'est ce qu'elle est. Car une image ne peut produire que l'émotion, le but et en l'occurrence le désir que son créateur a voulu qu'elle suscite. Et une fois qu'elle est offerte au monde c'est lui qui lui donne un fond.
C'est pourquoi à la fin, ce qu'il reste du monstre issu du double, c'est le visage de l'original, qui va symboliquement mourir sur son nom.
Sur la scène un monstre issue de ce qu'elle a créé, porte un masque de son visage, personne ne réagit, ni n'a l'air choqué, que quelqu'un arbore le visage de quelqu'un d'autre. Le masque tombe est les gens se retrouve face à la réalité, celle qu'ils ont engendré et qui au final ne ressemble à rien.
Ce film offre énormément d'axe de réflexion tout en posant les fondements d'une critique de notre société. Nous prenant au dépourvu par le visuel, nous renvoyant en pleine face notre propre vision du monde. Le jeu et le scénario sont intelligents.
Voilà pourquoi j'ai trouvé ce film exceptionnel.