Un 1er film pour le cinéaste et scénariste Rémi Bassaler. 79 minutes pour le portrait âpre et sans concession d’une femme médecin, face aux dysfonctionnements de notre service de santé au bord de la rupture. La veille de son départ à la retraite, Judith, médecin de banlieue, ouvre la porte de son cabinet à Aïda, enceinte de huit mois et en rupture de soin. Confrontée à un système de santé à bout de souffle, Judith accepte d'héberger la jeune femme et s'engage alors dans une nuit où toutes ses convictions de soignante seront mises à l’épreuve. Un récit bien mené, malgré quelques temps morts, défendu par un casting très engagé. A voir. Je sais que d’aucuns vont râler : « encore un film sur notre système de santé à bout de souffle ». Oui ! Et alors ! Ce sujet, même rebattu, ne vaut-il pas encore et encore qu’on s’y attarde ? Ici, le personnage central du médecin est atypique. Elle part en retraite, c’est son dernier jour d’exercice et encore cette journée devait-elle être consacrée à son déménagement, obligée de quitter une tour HLM de la banlieue nancéenne qui doit être démolie. Mais tout va aller de travers jusqu’à une nuit pleine d’imprévue jusqu’à tourner au cauchemar. Mais, soigner et protéger n’en est-il pas devenu un, même pour les spécialistes ? C’est ce que tente de démontrer ce petit film, sans grands moyens, avec toutes les maladresses inhérentes à une 1ère réalisation, mais qui a le mérite de sa conviction et de son honnêteté. Et puis, il y a le plaisir d’y retrouver Anouk Grinberg, - beaucoup trop rare à mon goût sur nos écrans -, qui nous gratifie d’une interprétation mêlant force et douceur qui nous touche au plus profond. Face à elle, deux jeunes pousses de notre cinéma Luàna Bajrami – Vie Privée, Une année difficile, L’événement - et Félix Lefebvre, - L’épreuve du feu, Le Domaine, Une vie révêe, Mon crime, La Passagère, Eté 85 -. A noter la présence d’Achille Reggiani – petit-fils du grand Serge -. Un 1er film tout à fait honorable qui vaut de trouver son public.