Anouk Grinberg et Luàna Bajrami incarnent deux personnes à un tournant de leur vie. L'une est sur le départ à la retraite, l'autre va donner la vie.
Judith a déjà une grande partie de sa vie derrière elle et Aïda est au commencement d'une nouvelle vie en tant que mère. Derrière cette forme de dualité, il y a aussi le climat de la grève du corps médical hospitalier, et cette phrase en suspens où l'on parle de vocation. On ne devient pas médecin uniquement pour le statut social, mais également par vocation ; sans cela on ne tient pas à l'hôpital. Judith est la somme de tout cela : le serment d'Hippocrate, la vocation et peut-être l'envie de faire quelque chose de bien, qui a du sens avant de partir. Le tout sur un fond de climat socio-économique à bout de souffle dans les secteurs de la santé.
Et c'est là que La Dernière Patiente devient assez cruel. On demande aux soignants d'avoir une vocation, de tenir quand l'hôpital ne tient plus, d'être humains au milieu d'un système qui manque justement de moyens humains. Judith arrive à la retraite, mais elle ne sait pas déposer sa fonction comme on rendrait un badge. Aïda arrive avec sa grossesse, ses silences et une violence conjugale que Maël n'a même pas besoin d'exhiber constamment pour devenir inquiétant.
Le film commence comme un drame social puis serre progressivement l'étau jusqu'au thriller. Judith comprend, intervient, dépasse son rôle, et chaque solution raisonnable semble disparaître au moment précis où elle en aurait besoin. Au fond, il reste une question assez vertigineuse : quand on a passé sa vie à être médecin, que reste-t-il lorsque la société décide qu'à partir de demain on ne l'est plus ?
"La dernière patiente" parle d'emprise mais aussi de l'effondrement du système des soins et de notre société d'un point de vue général. Le film fait très " diplômé de la femis" avec un soin apporté au scénario et aux plans au risque de sonner " faux" et de vouloir faire des "belles images" ( comme son introduction dans un brume grisatre d'où ressortent des immeubles presques effrayants.
Le duo entre les deux actrices fonctionnent mais ne m'a pas touché. Dans le même registre le film Adam avec Lea Drucker médecin devant aider une mère dépassé à nourrir son film malnutri m'avait d'avantage touché rémué les trippes.
Drame social brillant porté par Anouk Grinbert dans le rôle d’une médecin qui prend sa retraite. Mais une dernière patiente s’impose à elle. À travers cette histoire, le film aborde de nombreux sujets avec force : la pénurie de médecins, le manque de moyens des personnels soignants, les violences faites aux femmes. Le scénario est surprenant, réussi, très fort.
Anouk Grinberg est saisissante, médecin en fin de carrière qui ne peut s'empêcher de prendre en charge une dernière patiente, enceinte de 8 mois et sans suivi gynécologique. Le scénario évoque le manque de médecins, manque de moyens aussi, les actrices sont parfaites. Un beau film à découvrir !
Une médecin à la retraite, confrontée à l’asthme, à la destruction de son immeuble et à des relations difficiles avec son fils, vient en aide à une jeune femme enceinte de huit mois victime de violences conjugales. Le film peine à convaincre, plombé par une fin particulièrement mélodramatique. Anouk Grinberg, franchement mauvaise dans ce rôle, n’arrange rien. Luàna Bajrami, en revanche, est remarquable, mais sa présence ne suffit pas à sauver l’ensemble.
La lecture du synopsis fait penser que sur le registre du film social il va s’agir pour les spectateurs de s'immerger dans la misère, la perte de droits, l’absence de repères, le rejet sociétal, les difficultés voire les refus d’accès aux soins, la bureaucratie médicale. Sans papiers ? Pas de moyens financiers ? « Médecin ne prenant pas de nouveaux patients » selon la formule consacrée, un truc passe-partout. L’empathie menant à la solidarité malgré-tout (le médecin qui prend sa retraite et dont c’est la dernière patiente, enceinte jusqu’aux dents, sans suivi jusque-là).
Mais ce registre social ne sera finalement qu’effleuré. Devant l'écran on ne ressent pas les difficultés de la « dernière patiente », bien nommée. On pourrait même se demander si elle en a des difficultés vu son détachement.
A lire les secrets de tournage, le scénariste et réalisateur entend flirter à dessein avec le documentaire. Le problème de fond c’est qu’il ne documente rien, qu’il montre ou démontre très peu. Et côté fiction il n’alimente pas vraiment le sujet qui finira par dériver vers lespoiler: fait divers, lequel ne sera pas davantage exploré non plus. Peut-être parce que c'est trop court (80 minutes) ? Les voies d’un scénariste sont parfois impénétrables.
Quel bonheur de retrouver Anouk Grinberg dans un premier rôle au cinéma. Elle campe ici un médecin qui va prendre sa retraite, mais aussi se prendre d'affection pour jeune franco-albanaise enceinte de 8 mois (Luana Bojrami). Autant le dire tout de suite, ce n'est pas un grand film, la faute à un scénario un peu léger et maladroit. Cependant, cette sororité qui se dégage entre ces deux femmes est très bien dépeinte. Dommage que le personnage masculin incarné par Félix Lefebvre soit un peu réducteur ou carrément caricatural. L'ensemble est quand même attachant à défaut de faire soulever les foules. Un "petit" film touchant quand même.
Écrit pour son actrice principale, Anouk Grinberg, La Dernière patiente peine pourtant à convaincre, malgré toute sa sensibilité. Le scénario, qui se veut réaliste, accumule progressivement les invraisemblances et bascule dans un drame parfois trop grotesque. Au final, un film décevant.
La Dernière patiente transforme une ultime journée de travail en véritable épreuve morale. Pour son film, Rémi Bassaler choisit de regarder la crise du système de santé non pas à travers les chiffres ou les institutions, mais depuis un cabinet médical de banlieue et le parcours de deux femmes que tout semble séparer. Un dispositif volontairement resserré qui donne au récit sa dimension à la fois sociale et profondément humaine.
Judith s'apprête à prendre sa retraite. Après des années consacrées à ses patients, elle pense pouvoir refermer définitivement la porte de son cabinet lorsque se présente Aïda, enceinte de huit mois et en rupture de soins. La situation nécessite une prise en charge que le système, saturé, peine à lui offrir. Face à l'urgence et à l'absence de solution, Judith franchit progressivement la frontière qui sépare habituellement la professionnelle de la personne : elle décide d'héberger la jeune femme.
Cette décision constitue le véritable point de bascule du scénario cosigné par Rémi Bassaler et Marion Defer. Ce qui commence comme un geste de solidarité entraîne Judith dans une nuit où chacune de ses certitudes va être interrogée. Jusqu'où un médecin peut-il aller pour aider un patient ? Que signifie respecter les règles lorsque celles-ci ne permettent plus de protéger les plus vulnérables ? Et que reste-t-il du devoir de soin lorsque l'institution ne peut plus suivre ?
Le film trouve sa force en refusant de transformer ces questions en démonstration militante. La défaillance du système de santé est omniprésente, mais elle demeure inscrite dans les situations et les choix des personnages. Les difficultés administratives, le manque de solutions et l'épuisement des professionnels constituent moins un discours qu'un environnement auquel Judith s'est habituée jusqu'à cette dernière patiente.
Anouk Grinberg offre au personnage une remarquable densité. Sa Judith n'est ni une héroïne providentielle ni une soignante désabusée. La fatigue accumulée au fil des années se mêle à une conscience professionnelle qui l'empêche encore de détourner le regard. L'actrice excelle dans cette économie de jeu où un silence ou une hésitation suffisent à traduire un conflit intérieur.
Face à elle, Luàna Bajrami évite de réduire Aïda à son statut de jeune femme enceinte en difficulté. Elle lui apporte une personnalité, une résistance et parfois une méfiance qui rendent la relation entre les deux femmes beaucoup plus intéressante qu'un simple rapport entre celle qui aide et celle qui reçoit.
Félix Lefebvre complète avec justesse un récit qui privilégie constamment les rapports humains à l'accumulation d'événements.
Rémi Bassaler adopte une mise en scène sobre, au plus près des visages et des corps. La nuit resserre progressivement l'espace autour des personnages et donne au film une tension presque proche du thriller social. L'urgence médicale demeure en arrière-plan, prête à surgir à tout instant.
Quelques situations appuient parfois davantage le propos qu'il ne serait nécessaire, mais elles n'altèrent pas la sincérité de l'ensemble.
Sobre, tendu et remarquablement interprété, La Dernière patiente pose une question essentielle sans prétendre y apporter de réponse facile : jusqu'où doit-on aller pour continuer à prendre soin des autres lorsque le système lui-même n'en est plus capable ? Anouk Grinberg et Luàna Bajrami donnent toute sa force à ce face-à-face entre deux femmes réunies, le temps d'une nuit, par une urgence qui dépasse largement le cadre médical.
Un 1er film pour le cinéaste et scénariste Rémi Bassaler. 79 minutes pour le portrait âpre et sans concession d’une femme médecin, face aux dysfonctionnements de notre service de santé au bord de la rupture. La veille de son départ à la retraite, Judith, médecin de banlieue, ouvre la porte de son cabinet à Aïda, enceinte de huit mois et en rupture de soin. Confrontée à un système de santé à bout de souffle, Judith accepte d'héberger la jeune femme et s'engage alors dans une nuit où toutes ses convictions de soignante seront mises à l’épreuve. Un récit bien mené, malgré quelques temps morts, défendu par un casting très engagé. A voir. Je sais que d’aucuns vont râler : « encore un film sur notre système de santé à bout de souffle ». Oui ! Et alors ! Ce sujet, même rebattu, ne vaut-il pas encore et encore qu’on s’y attarde ? Ici, le personnage central du médecin est atypique. Elle part en retraite, c’est son dernier jour d’exercice et encore cette journée devait-elle être consacrée à son déménagement, obligée de quitter une tour HLM de la banlieue nancéenne qui doit être démolie. Mais tout va aller de travers jusqu’à une nuit pleine d’imprévue jusqu’à tourner au cauchemar. Mais, soigner et protéger n’en est-il pas devenu un, même pour les spécialistes ? C’est ce que tente de démontrer ce petit film, sans grands moyens, avec toutes les maladresses inhérentes à une 1ère réalisation, mais qui a le mérite de sa conviction et de son honnêteté. Et puis, il y a le plaisir d’y retrouver Anouk Grinberg, - beaucoup trop rare à mon goût sur nos écrans -, qui nous gratifie d’une interprétation mêlant force et douceur qui nous touche au plus profond. Face à elle, deux jeunes pousses de notre cinéma Luàna Bajrami – Vie Privée, Une année difficile, L’événement - et Félix Lefebvre, - L’épreuve du feu, Le Domaine, Une vie révêe, Mon crime, La Passagère, Eté 85 -. A noter la présence d’Achille Reggiani – petit-fils du grand Serge -. Un 1er film tout à fait honorable qui vaut de trouver son public.
La dernière patiente de Rémi Bassaler est un drame de femmes que j'ai eu la chance de découvrir en avant-première en présence de l'équipe venue soutenir le réalisateur dans son premier film.
Dans sa tour de banlieue promise à la destruction, Judith (Anouk Grinberg) prépare son déménagement et son départ à la retraite. Le cabinet est fermé pourtant Aida (Luàna Bajrami) réclame une osculation : enceinte de 8 mois, elle a perdu du sang. Jusqu'où le sacerdoce de la médecin va l'entrainer ?
C'est un très joli film. D'abord par l'esthétique : des paysages de banlieue inspirés des montagnes avec des levers/couchers de soleil, ou dans une nuit éclairée façon New-York, et c'est beau. Ainsi que des Bokeh bien sentis sur des gros plans captant les émotions des deux femmes. Et plus généralement les cadrages et la photo sont très ajustés. Et puis, et surtout, c'est un très joli film par ce qu'il raconte, cette histoire de femmes, dans leur fragilité, dans leur robustesse, dans leur histoire.
Des femmes formidables campées par des actrices incroyables. Leur palette d'expressions nous porte complétement dans une gamme de douceur et de force, de colère et de sagesse. Les hommes aussi (Félix Lefebvre et Achille Reggiani) sont bons : d'excellents médiocres.
Il est délicat, sans rien divulgâcher, de décortiquer le docteur Maboul, évoquer les thèmes du temps passé, du présent, de la transmission, de la violence. Restons subtils. Car une des forces du film est la subtilité des non-dits ou des quelques mots, des quelques images qui suffisent à comprendre. On ne sait pas tout ce qu'ont vécu ces femmes, mais on perçoit et notre imagination trace ces quelques traits manquants, parachève le tableau. Et en toile de fond, la radio nous propose l'échographie d'un système de santé en rupture et le ras-le-bol social : un petit cœur qui bat très vite.
Je sors de La Dernière patiente avec un sentiment un peu ambigu. C’est le premier film de Rémi Bassaler que je vois, et on sent tout de suite qu’il vient du documentaire : le cadre est concret, un peu âpre, collé au réel. Judith (Anouk Grinberg), médecin de banlieue qui vide son cabinet la veille de sa retraite, ouvre la porte à Aïda (Luàna Bajrami), enceinte de huit mois, en rupture de soins, paniquée. Le système de santé est à genoux, les hôpitaux en grève, et Judith se retrouve malgré elle à l’héberger pour une nuit. Sur le papier, ça promet fort : désert médical, sororité, violences conjugales, une femme qui a donné sa vie à son métier et qui se retrouve encore à devoir choisir. Anouk Grinberg est vraiment bien. Elle a ce regard fatigué, cette façon de tenir debout par pure volonté, et on la croit complètement dans sa blouse. Luàna Bajrami apporte quelque chose de plus fuyant, plus fragile et plus coriace à la fois. Leur duo fonctionne. On sent la tension monter, le film glisse progressivement vers quelque chose de plus thriller, presque un polar urbain, et certaines scènes (notamment vers la fin) ont une vraie intensité. Félix Lefebvre en compagnon toxique est assez juste aussi, même s’il reste un peu unidimensionnel. Pourtant, j’ai eu l’impression que le film voulait trop en dire. En 1h20, on aborde la crise des urgences, la solitude des soignants, la violence faite aux femmes, le poids de la vocation… et parfois ça s’empile un peu. La bascule vers le drame plus sombre marche par moments, mais elle m’a aussi paru un peu forcée, comme si le réalisateur avait peur de rester trop dans le social pur et avait besoin d’un coup de théâtre. Résultat : j’ai été pris par le sujet et par les actrices, mais je n’ai jamais été totalement emporté. Il manque un peu d’air, de respiration, de ces moments où on peut juste regarder les personnages vivre sans que tout soit tendu vers la démonstration. Au final, c’est un premier film solide, honnête, porté par deux très bonnes interprètes, qui pose des questions justes sur ce qu’il reste de l’engagement quand le système s’écroule. Mais il ne m’a pas totalement convaincu dans sa forme. Je mets 3/5 : j’ai passé un moment intéressant, j’ai réfléchi, j’ai été touché par moments… et en même temps je suis ressorti avec le sentiment qu’il y avait matière à quelque chose de plus fluide, de plus organique. Je resterai attentif à la suite de Bassaler, ça se voit qu’il a un regard.
Il y a beaucoup de bonnes intentions et Anouk Grinberg y est comme toujours très juste en médecin de banlieue à la veille de la retraite. Le film veut parler de dévouement, de ce lien soignante patiente quand le système lâche. C'est un beau sujet. Malheureusement, la mayonnaise n'a pas pris pour moi. Je n'ai pas réussi à ressentir cette compassion ou cette admiration attendue pour cette médecin qui veut à tout prix aider Aïda, sa dernière patiente. Son combat m'a paru un peu forcé, on comprend son obstination mais on ne la partage pas vraiment émotionnellement. Ça reste un premier film digne, avec une belle idée de thriller social sur la fin, mais qui s'essouffle un peu en route. On respecte l'intention plus qu'on ne vibre avec l’histoire