Sans Zendaya en tête d'affiche, ce film n'aurait probablement pas eu le quart du succès qu'il a rencontré. Il n'est pas mauvais pour autant, mais comporte beaucoup trop de défauts pour être considéré comme une réussite. Parmi ces défauts, on peut citer en premier lieu le rythme du film : les flashbacks incessants apportent certes des éléments à l'intrigue, mais sont mal gérés et offrent un résultat global complètement décousu et désagréable à suivre. De plus, que ce soit au présent ou au passé, l'intrigue a une fâcheuse tendance à s'attarder longuement sur des choses qui ne le méritent pas, en se perdant au passage dans des dialogues assez creux. De ce fait, on s'ennuie par séquences et certains éléments sont au contraire bâclés pour rattraper le temps perdu. Le Challenger de New Rochelle par exemple, où l'on ne voit quasiment rien du parcours et des péripéties d'Art et Patrick jusqu'à la finale. Il y avait à raconter pourtant, l'un manquant cruellement de confiance et l'autre n'atteignant pas ce stade de la compétition de façon générale, le tout combiné au fait que le triangle amoureux soit réuni sur le même site pendant une semaine entière.
Ce triangle amoureux est d'ailleurs peu tangible.
Les relations entre Tashi et chacun des deux joueurs semblent complètement forcées et artificielles, ce qui m'a donné l'impression de n'avoir que la moitié des pièces du puzzle malgré les flashbacks. Il est ainsi difficile de concevoir que Tashi et Art se soient mariés et aient eu une fille... En résumé, la seule relation forte est finalement celle entre Art et Patrick.
Enfin, côté tennis, plusieurs incohérences sont à relever. Comment un joueur en pleine série de défaites, démotivé sur le court et contraint de repasser par la case Challenger pour reprendre confiance peut-il être considéré comme un favori en Grand Chelem par tous les médias ? De plus, le circuit Challenger est caricaturé : un top 300 ne roule pas sur l'or, loin de là, mais ne meurt pas de faim et ne vit pas dans sa voiture non plus. D'ailleurs, les tournois Challenger offrent l'hébergement aux joueurs pour toute la durée du tournoi... Et, contrairement à ce qui est suggéré, le niveau de jeu sur ce circuit est très élevé, une star en manque de repères peut facilement perdre au premier tour, les exemples ne manquent pas. À noter également plusieurs faux raccords au niveau du score
lors du dernier set de la finale.
Une belle brochette de points faibles qui ne doivent toutefois pas effacer les points forts, même si je n'ai pas commencé par là. Bien que le rythme soit saccadé et désagréable, l'histoire se laisse tout de même suivre puisqu'on veut savoir qui va remporter la finale. La reconstitution tennistique est top (hormis les bémols cités précédemment), les acteurs sont bons, le suspense est très bien entretenu, et la tension augmente au fur et à mesure jusqu'à atteindre son apogée en fin de film
et de match.
Les angles de caméra et les choix musicaux sont excellents à ce stade (même si j'ai moins aimé les phases au ralenti qui étaient trop nombreuses), ainsi que les choix de scénario du match, que ce soit dans le jeu ou dans le comportement verbal et non verbal des deux rivaux. On est donc scotchés à l'écran jusqu'à la dernière seconde, laquelle nous offre une conclusion magistrale.
L'équation était en effet compliquée, chacun des trois protagonistes étant perdant quelle que soit l'issue du match. Elle est finalement résolue en une image, qui relègue au passage le score final au second plan. On ne connaît finalement pas ce dernier, mais cela n'a plus d'importance.
Les 10 dernières minutes sont donc, de loin, les plus abouties du film.
Pas un navet en résumé, mais pas du grand cinéma, je m'attendais à mieux et reste sur ma faim. À ne surtout pas regarder en VF par ailleurs, cette dernière étant absolument catastrophique.