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Yannouh
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5,0
Publiée le 12 février 2024
Film à voir pour se rendre compte de cette triste réalité. Film qui dérange et interpelle après nos comédies à la française. Les deux acteurs sont saisissants de justesse ainsi que la noirceur des méchants. Bravo à l'équipe du Zoom pour ce choix.
Ne vous y trompez pas. Moi Capitaine n'est pas un film documentaire sur le parcours des migrands africains en route vers l'Europe. C'est un film, construit sur un remarquable scénario, avec un personnage principal, d'abord réticent, porté par un enjeu fort, et surtout qui, au fil du récit, se découvre au travers des épreuves pour devenir le véritable héros du film. Evidemment, tout ça est parfois obscurci par le fait qu'il s'agit aussi d'un "fait de société", d'une actualité brulante, qui enflame notamment le débat politique. Aussi il est important avant la projection de se débarasser de tous ses préjugés sur le sujet pour véritablement appécrier la qualité du scénario, servi par une interprétation et une réalisation inpeccable. Tout ce qui fait un très bon film passionnant jusqu'à son (happy?) end.
Dès les premiers plans du film on comprend que l’on va avoir à faire à un grand film. Chaque plan est sublime, l’humanité des personnages est parfaitement captée par la caméra. Très belle lumière du film. Le drame vécu par nos frères et sœurs d’Afrique noire est choquant. On croirait voir les 12 travaux d’Hercule tant les épreuves traversées sont difficiles. Les 2 acteurs principaux jouent à la perfection (et pourtant ce ne sont pas des professionnels), tout sonne juste. Un grand film à tout point de vue, aussi bien au niveau formel que sur le fond. Quelle humanité !
C'est un film touchant et qui ne laissera personne insensible, mené par des acteurs non-professionnel. Nous avons la vision des migrants, et on suit le périple de c'est deux jeunes, qui vont vivre l'enfer (violence, esclavage, guerre...), avant d'atteindre leur eldorado.
J'ai aimé :
- la bande sonore, qui colle à la perfection au film ; - un film sans concession, avec des scènes d'une grande violence, et d'autres choquante ; - La photographie, c'est filmé avec brio, et on a l'impression d'être en immersion.
Je n'ai pas aimé : - quelques longueurs ; - la fin qui est frustrante, car pour moi au contraire, c'est un début. Le film mérite le 4.1 d'allociné, et pour ce début d'année, il est en tête de mon palmarès
Je n’ai pas accroché à Moi Capitaine. Non pas que le sujet ne soit pas intéressant bien au contraire, mais simplement tomber dans un film aussi misérabiliste sans jouer énormément sur la mise en scène, je trouve que ça ne nous accroche pas plus que ça et que le film ressemble plus à un tract politique qu’à une œuvre cinématographique (même si je n’ai rien contre le message véhiculé). Dommage.
Un film très éprouvant mais nécessaire, la mise en scène est sublime, les acteurs merveilleux, le récit bouleversant, intelligent et excellemment mené, l'ensemble d'une pertinence absolue redonnant émotion et vie à des actualités trop souvent deshumanisantes.
Sans jamais trahir la matière documentaire dont il s'est inspiré - tout ce qui est raconté dans cette histoire est tiré de faits réels -, Matteo Garrone parvient à révéler derrière le parcours de jeunes migrants, une épopée voisine des grands récits mythologiques et des grands romans d'aventures maritimes de Stevenson et Conrad. Au passage, il nous montre des jeunes qui ne fuient ni la guerre ni la faim, mais sont mus par le désir de découvrir le monde, sauf qu'à la différence de leur contemporains occidentaux, ils doivent risquer leur vie pour ça. La performance des jeunes protagonistes, la direction de la photographie et la bande originale sont époustouflantes. La dernière scène est un immense moment de cinéma. Pour bien connaître ces trajectoires, je ne peux que remercier le réalisateur d'avoir su les révéler avec autant de talent, de sincérité et de délicatesse.
Seydou & Moussa sont deux jeunes cousins sénégalais de 16 ans qui espèrent une vie meilleure et décident de se rendre en Europe, l’eldorado qui sera (ils l’espèrent) le signe d’un renouveau où le désespoir laissera place à leurs rêves…
Après s’être intéressé à la mafia napolitaine (Gomorra - 2008), Matteo Garrone s’attaque cette fois-ci à la question migratoire et nous entraîne dans un vibrant voyage initiatique suivant le parcours chaotique de deux adolescents risquant leurs vies pour un semblant de vie meilleure.
Pour documenter son récit, le réalisateur italien a pu compter sur plusieurs (véritables) récits de migrants pour documenter au mieux son film. Si bien qu’en l’espace de 120min, il parvient à nous entraîner dans un poignant voyage où la mort guette au loin, un road movie semé d'embûches où nos jeunes héros devront, pour atteindre la terre promise, traverser le Sénégal, le Mali, le Niger, la Libye puis la Méditerranée.
Une odyssée migratoire sans pitié qui met en lumière les nombreuses exactions (rackets, viols et diverses violences) subies par les migrants durant leur séjour et dont les médias font la sourde oreille (en dehors de relayer les éternelles images d’embarcations de fortune qui échouent sur les côtés italiennes).
Matteo Garrone parvient à sublimer cette fresque migratoire (avec quelques touches d’onirisme) où la quête de liberté passe par un voyage aux confins de l’enfer. Très justement couronné (à la dernière Mostra de Venise) du Lion d’argent du meilleur réalisateur et du prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir pour son interprète principal, le sénégalais Seydou Sarr.
Avec "Moi capitaine", Matteo Garrone nous plonge dans le périple déchirant de deux jeunes Sénégalais en quête d’un avenir meilleur en Europe. Traversant des territoires hostiles comme la Libye, le Mali, le Niger et le Sahara, les adolescents sont confrontés à des épreuves inhumaines qui révèlent la brutalité d’un parcours migratoire trop souvent ignoré. Avec une mise en scène puissante et sans fard, Garrone éclaire la dure réalité de ces oubliés, offrant un regard poignant et nécessaire sur les souffrances endurées par les migrants.
Seydou et son cousin Moussa sont deux Sénégalais de 16 ans, se rêvant à partir pour l'Europe. Autour d'eux, on les avertit des dangers du voyage. Mais leur envie sera plus forte, et ils démarrent leur périple inconscient. Matteo Garrone offre une approche très humaine du problème migratoire. Livrant à hauteur d'homme un récit qui illustre ce qu'on peut lire dans la presse si on s'intéresse au sujet. A savoir, des flux où les migrants sont exploités d'un bout à l'autre de la chaîne, comme du bétail. Difficulté du voyage, vol, extorsion voire esclavagisme... Le réalisateur évite par ailleurs toute complaisance, ne s'attardant par exemple pas trop sur le volet de torture aux mains des geôliers libyens. Ou sur la douleur des compagnons d'infortune. Il préfère s'intéresser aux sentiments de Seydou (excellent Seydou Sarr, très naturel). L'excitation et la culpabilité du départ, celui-ci n'avertissant pas sa mère. Le choc des conditions difficiles, de voir la mort. La peur de la souffrance, de l'inconnu. L'acceptation de situations absurdes. Et malgré tout cela, le courage et l'humanité. Le tout filmé de manière sobre, mais avec une jolie intensité dramatique. Et sans (trop) rentrer dans le débat politique, l'histoire étant finalement dépeinte comme universelle. Un beau film.
Le périple migratoire périlleux, brutal et éprouvant (mais assez invraisemblable) de deux jeunes migrants sénégalais en quête de l’Eldorado européen. 3,25
L'histoire est forte et reste à hauteur d'homme en ne quittant pas le point de vue des protagonistes. C'est peut-être parfois un peu trop démonstratif et, surtout, l'onirisme est superflu.
Matteo Garrone propose un film visuellement très travaillé avec "Moi capitaine" et relance l'éternel débat : peut-on faire du beau à partir du sordide et déclenche l'éternelle critique : c'est racoleur, indécent. Oui mais voila, on parle bien de cinéma, et un film se doit de satisfaire à certaines exigences dans sa réalisation et sa narration s'il veut toucher un maximum de personnes. Et ça ne serait pas bien que des gens soient sensibilisés à ces thématiques par de tels films ? Matteo Garrone fait le même choix que Michael Winterbottom dans son très bon "In This World" de - déjà - 2003 - et oui, les choses n'ont pas changées, c'est peut-être même pire... -, à savoir montrer le périple terrible d'un migrant pour rejoindre 'le paradis' européen. Ils arrêtent leur histoire à la fin du voyage, quelques rares autres réalisateurs se chargent de montrer la suite peu reluisante comme Philippe Lioret dans "Welcome" en 2009 et le tout récent "Green border" de Agnieszka Holland. Ce sont tous des films éprouvants mais indispensables qui proposent des expériences cinématographiques différentes, et "Moi capitaine" se distingue par une approche plus grand public.
Un film coup de poing qui tient en haleine de bout en bout en suivant deux jeunes sénégalais qui décident de fuir leur pays pour rejoindre l'Europe.
Dans notre imaginaire d'occidentaux, le périple qu'entreprennent les migrants se cantonne essentiellement à la ô combien difficile traversée de la Méditerranée. Le film nous permet d'entrevoir les très nombreux autres obstacles que comporte ce parcours du combattant, en abordant notamment le sort réservé aux Noirs dans certains pays africains.
Le réalisateur italien fait le choix de ne pas adopter l'angle du documentaire, en osant même proposer plusieurs séquences oniriques, aussi touchantes qu'inattendues. Le reste de la mise en scène témoigne d'un geste ample de cinéma, avec des plans larges magnifiques sur les différents paysages traversés, accompagnés d'une très belle bande originale. Certains trouveront cette esthétisation de mauvais goût, en rapport au sujet traité ; j'y ai vu, pour ma part, une volonté de donner de l'ampleur au récit chez ce réalisateur dont le conte a toujours été la forme de narration préférée (sa dernière réalisation étant une adaptation de Pinocchio).
C'est donc la boule au ventre et la gorge serrée que l'on suit chaque étape de ce périple, l'émotion étant décuplée par l'interprétation bouleversante du jeune Seydou Sarr, qui crève l'écran.
Récompensé par le Lion d'argent du Meilleur Réalisateur à la dernière Mostra de Venise, Moi Capitaine est une odyssée puissante dont on ne ressort pas indemne. Malgré quelques maladresses, le film a une nouvelle fois renforcé ma certitude que, plus que n'importe quel discours politique, reportage ou analyse, le cinéma reste le moyen le plus puissant pour faire passer un message, faire réfléchir ou sensibiliser à une cause.