Malgré leur mise à bas compliqué (rappelez-vous, le physique, disons “difficile” de la première mouture du personnage, buzz négatif de l’année 2019), je n’ai jamais jugé utile de taper sur les premiers films consacrés à Sonic, blockbusters pas franchement originaux, qui s’appuyaient sur les caractéristiques les plus évidentes de la mascotte de Sega (sa vitesse et sa personnalité hâbleuse) mais, malgré tout, dans le créneau nécessairement codifié du film familial mi-Live mi-numérique, les une ou deux bonnes idées que chaque film renfermait et leur tempo général soutenu sans être épuisant, en faisaient des produits de consommation courante foncièrement satisfaisants. ‘Sonic 3’ est peut-être l’épisode de trop, le Bridge too far, le Marvelisé. Oui, le film a toujours l’ambition d’en mettre plein la vue, le hérisson bleu va cette fois dans l’espace, un peu comme les superhéros Marvel tiens, qui vont d’autant plus loin dans la démesure qu’ils deviennent de plus en plus souvent des coquilles vides auxquels il devient compliqué de s’intéresser. Oui, on écope de temps à autre d’une vanne qui fait mouche et qui ferait presque oublier les dix calembours gênants qui l’ont précédée. Oui, le scénario est purement programmatique, la scène finale de l’épisode précédent annonçant l’antagoniste du suivant et les ruptures de ton restant, au mieux, maladroites. Toutefois, je ne vais pas faire comme ceux qui s’envoient un trois-services sans en laisser une miette avant de déclarer d’un air blasé qu’ils ont trouvé ça dégueulasse : ‘Sonic 3’ est un film pour gosses avec des peluches supersoniques et des robots géants et, à ce titre, le public-cible ne s’y ennuiera pas et le spectateur adulte trouvera sans doute ça moins insoutenable que le Disney moyen des années 2020. N’empêche que la franchise Sonic en est à ce moment où, dans la chronologie des films Marvel, on est passé d’un “Oui” valable dans l’écrasante majorité des cas à un “Oui mais” de plus en plus envahissant…et ce n’était pas si longtemps avant que le “non” devienne presque systématique. Sonic ferait donc bien de conclure définitivement avec son quatrième volet (puisque la scène finale l’annonce clairement). En fin de compte, le principal motif d’apprécier ce troisième volet réside dans la performance de Jim Carrey, dont on prend soudainement conscience qu’avec sa retraite annoncée (et seulement interrompue pour ce film) disparaît le plus “physique” des acteurs hollywoodiens, le seul en fait, dont les contorsions et grimaces valent beaucoup mieux que toutes les époustouflantes acrobaties et frémissements de fourrure numériques que le film a à proposer.