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Bernard D.
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4,0
Publiée le 15 novembre 2023
« La passion de Dodin Bouffant » (2023) est le 7ème long-métrage du réalisateur Trân Anh Hùng né au Vietnam et dont le premier film « L'Odeur de la papaye verte » (1993), lui avait valu la Caméra d'or à Cannes et le César de la meilleure première œuvre. Son dernier film est l'adaptation du roman de Marcel Rouff « La Vie et la Passion de Dodin-Bouffant gourmet » paru en 1924. Nous sommes en France vers 1885, Eugénie (Juliette Binoche) travaille depuis 20 ans comme cuisinière pour le célèbre gastronome Dodin (Benoît Magimel). Tous deux concoctent avec minutie des nouveaux plats dégustés par les 5 amis du gastronome. Invité par un comte d’Eurasie à un repas de 8 h comportant 3 services, Dodin aura l’ambition audacieuse de lui répondre par un « simple » pot-au-feu. Au fil des années, une passion affectueuse s'est développée entre Eugénie et Dodin mais celle-ci a toujours refusé de se marier. Un jour suite à un malaise d’Eugénie, Dodin fera ce qu’il n’a jamais fait : cuisiner lui-même un diner qu’il lui fera servir dans sa chambre et … Un film de 2 h 14 qui mijote à feu doux en nous embarquant dans la gastronomie avec un Benoît Magimel magistral, une Juliette Binoche d’une grande force et subtilité et une jeune Pauline (la nièce de la bonne) qui est en apprentissage. La photo, la lumière, les costumes et les décors sont magnifiques. Ce film avec de longs plans séquences qui a reçu le prix de la mise en scène à Cannes, est sélectionné pour représenter la France aux Oscars… reste à voir si le royaume des fast-foods va savoir apprécier cette ode à la gastronomie française initiée par Antonin Carème et Auguste Escoffier ?
Un peu long. Mais les scènes de cuisine nous transportent, on peut pas dire le contraire. Les dialogues semblent cohérent au roman, on sent bien la France du 19eme s. Le réal fait des sortes de longs plans séquences, supers bien filmés et joués par de remarquables acteurs.
Ma palme d'or 2023, que d'émotions et de larmes face à la beauté subjuguante de ce film. Par son histoire tragique qui bouleverse, par ses plats filmés avec une puissance rare et exceptionnelle, par ses lumières qui m'ont transcendé. Le film est une pur merveille, c'est la beauté de la France dans un écrin qui lui permet d'être sublimé.
"La Passion de Dodin Bouffant" est un film que je n'ai pas apprécié. L'histoire est intéressante mais tellement mal exploitée. La mise en scène m'a pas convaincu, les personnages ne sont pas attachants et j'ai trouvé le long-métrage extrêmement long. Il y a de bonne idée mais ça n'a pas abouti à quelle chose d'intéressant.
Je ne sais même pas quoi écrire. Ce film est censé être une ode à la gastronomie française. Ce film a reçu le prix de la mise en scène à Cannes. Et pourtant ce film ne procure aucune émotion, n'a aucun scénario. Sur 2h il s'agit quasiment de 20-30 mn de discussion sans queue ni tête, autour d'un repas ou pour nous montrer l'osmose entre Magimet et Binoche et quasiment 1h30 de cuisine. Et ça découpe, et ça cuit, et ça goûte, et ça assaisonne et ça rôti et...... et on en a vite marre. Ça devient vite bien plus ennuyant qu'une émission de Maïté ou que Top Chef. Le film est riche en ingrédient mais très pauvre en dialogue. Je ne conseillerai à personne, même à un passionné de cuisine.
Quel film magnifique ! on ressort avec un envie de manger et surtout de cuisiner incroyable ! La photo est sublime, les acteurs sont plus vrais que vrais, les mouvements de caméra tout en fluidité et douceur. Du grand art - on en sent l'odeur des plats. Un grand film sur la culture française réalisé par un français d'origine vietnamienne - Magnifique symbole aussi.
Dodin (Benoît Magimel) est un gastronome. Ce riche châtelain a une passion dévorante : la cuisine qu’il a érigée en art. Pour l’épauler, il peut compter sur Adèle (Juliette Binoche), sa fidèle cuisinière qui est devenue, les années passant, sa compagne mais a toujours refusé de légaliser leur union. Tandis que la santé d’Adèle montre des signes inquiétants de déclin, Dodin travaille au repas qu’il doit donner en l’honneur d’un prince ottoman.
La première scène de ce film est un éblouissement. On y voit, dans une lumière dorée, Dodin préparer un repas, sitôt son petit déjeuner avalé. Sa cuisine, de plain-pied, est spacieuse ; sa porte ouverte donne sur la cour d’une belle demeure. On apprendra plus tard que l’action se déroule en 1885, dans la France de la IIIème République ; mais le temps y est comme suspendu. Quasiment aucune parole n’est échangée entre les quatre protagonistes, Dodin, Adèle, Violette (Galatea Bellugi) leur commis ainsi que Pauline, la nièce de Violette qui s’avèrera étonnamment douée pour la cuisine. Tout est fluide dans cette scène que le réalisateur prend un plaisir communicatif à étirer, laissant le temps au carré de veau de mijoter et à l’omelette norvégienne de s’enflammer.
Cette cuisine hors du temps est aussi l’alcôve d’un amour étonnant, loin des conventions bourgeoises, l’amour qui unit Dodin et Adèle – interprétés par deux acteurs dont on sait qu’ils formèrent jadis un couple et dont on se demande comment vingt-cinq ans plus tard, ils ont vécu ensemble ce tournage-là. Dodin et Adèle s’aiment d’un amour total, aimantés par la passion qu’ils partagent. Cet amour-là, dont on imagine, sans qu’il soit besoin d’en rien dire, qu’il s’est progressivement noué entre le châtelain et son employée, n’a pas besoin d’un contrat. Au contraire, Adèle est jalouse de la liberté que son statut lui autorise et repousse les demandes en mariage réitérées de Dodin.
On découvrira plus tard que le repas qu’ils ont amoureusement préparé est destiné à quatre amis fidèles de Dodin. Ces quatre hommes, la quarantaine, dont on ne saura pas grand-chose, sinon que l’un d’entre eux (Emmanuel Salinger) est médecin, partagent avec Dodin le goût de la bonne chère. Leur seul plaisir semble être de savourer un délicieux repas en échangeant de longs silences approbateurs. Aucune discussion oiseuse, aucune référence à l’actualité politique ou sociale ne vient polluer leur tacite félicité.
"La Passion de Dodin Bouffant" a été sélectionné pour représenter la France aux Oscars. Il a été préféré à la surprise générale à "Anatomie d’une chute", pourtant grand favori. Sans doute le jury a-t-il parié sur le parfum si cocardier de ce film déjà récompensé à Cannes par le Prix de la mise en scène. C’est un pari audacieux sinon téméraire. Certes "La Passion de Dodin Bouffant" sublime la gastronomie française, l’amour des produits nobles (son tout premier plan est tourné dans le potager de Dodin où Adèle ramasse des salades et des carottes) et le soin porté aux préparations minutieuses. Avec les mêmes ingrédients, "Le Festin de Babette" avait emporté en 1988 un succès inattendu. Pour autant, il n’en reste pas moins un film confit dans un classicisme hors d’âge, sans suspense ni enjeu.
"La Passion de Dodin Bouffant" récompensé au festival de Cannes cette année (prix de la mise en scène) est une romance historique bien terne. En effet en dépit de la présence de Juliette Binoche et Benoît Magimel ainsi qu'une mise en scène élégante, je me suis fermement ennuyé devant cette histoire sans intérêt (la passion pour l'art culinaire de Dodin Bouffant), le film tourne rapidement en rond et très long inutilement (2h14), je ne comprends toujours pas comment ce film à put être sélectionné pour représenter la France aux oscars cette année, il y avait bien mieux en face, passez votre chemin.
Eugénie est la cuisinière de Dodin. Elle travaille à son service depuis 20 ans et ensemble ils se vouent une admiration réciproque basée sur leur passion pour la cuisine, le goût, les bons produits. Ils s’aiment mais ne franchissent pas le pas. Pour la conquérir, Dodin va alors cuisiner pour elle. C’est un film très visuel, où l’on admire les comédiens en train de cuisiner. Un film qui donne l’impression d’assister à un concours culinaire au cinéma, tant le reste de l’intrigue est assez léger. On accroche ou pas.
Célébration de la gastronomie et du vin avec une interprétation talentueuse, une photo superbe, des décors magnifiques et une histoire d'amour pudique, La Passion de Dodin Bouffant avait tout pour être grand mais Tran Anh Hung se regarde filmer en abusant de longueurs fatales.
Fabuleuse expérience sensorielle. Un film sur l'intimité, l'amour des choses, de l'autre, de la vie. Je ne m'attendais pas du tout à une telle finesse, une telle émotion. Ils sont en costumes mais c'est un film d'une sensualité dingue! Un classique instantané.
Du cinéma français tel qu'on les aime : sobre, bien raconté, un jeu d'acteur sobre et efficace, une mise en scène qui sait se faire oublier. Un film à la gloire de la gastronomie française, si loin des standards de top chef pour plumer le pigeon qui vient dans ton restaurant. Un film d'amour, de passion, de création, d'exécution, de partage...
La passion de Dodin Bouffant se résumerait par une citation d'Anthelme Brillat-Savarin utilisé dans le film : « La découverte d'un mets nouveau fait plus pour le bonheur du genre humain que la découverte d'une étoile ».
La passion de Dodin Bouffant, c'est la gastronomie. L'échange avec le spectateur se fait sous la forme d'une démonstration culinaire d'époque (dont le commun des mortels sera incapable de dire si elle est anachronique ou réaliste) fourmillant de détails. Pour ne prendre qu'un exemple, la première scène est une véritable leçon de cuisine de 20 minutes, où les seuls bruits sont ceux des fourneaux et des couteaux, où les images gravitent autour des aliments cuisinés et où les quelques dialogues viennent orner le tout, comme une cerise sur un gâteau. On a du mal de dire si c'est génial ou pas. C'est en tout cas déstabilisant comme début tant nous sommes peu habitués à ce rythme dans un film.
Ce style restera durant tout le film. Les dialogues s'articulent autour du plaisir de la table, autant que de l'analyse de l'assiette et de la recette. C'est une ode à la gastronomie. Un film avec des personnages féminins sans être féministe. Un film retraçant bien l'histoire de l'époque. Tout le reste est en retrait. Quid de l'histoire ? Eh bien peu de choses. Et ça ne semble pas important, tant le style de ce film est hors du temps. Il s'agit de l'histoire d'un homme au sommet de sa passion dans un monde qui reconnaît cette passion. L'histoire d'amour vient au second plan comme résumé à sa fin. C'est une bonne fin. Les codes de ce film sortent de l'ordinaire et font vivre une expérience différente où avec des images et du son, on essaie de transmettre les plaisirs de la table. C'était là l'enjeu. C'est réussi. Mais bien que le sujet soit bien traité et écrite, l'histoire tourne autour de peu de choses.
Le film débute dans la cuisine, aux fourneaux comme sur la table avec une première partie qui dure pas loin de 45mn dans un dîner haut de gamme. Une partie intéressante, aussi gourmande sur le fond qu'idéale sur la forme mais un peu longue surtout qu'il n'y pas d'évolution dans le récit ou d'intrigue qui se met en place. Outre l'art manuelle culinaire le film n'oublie pas également l'art gastronomique dans le verbe avec des dialogues techniques ou culturels peut-être un peu trop didactique mais qui ouvrent aussi les papilles comme les oreilles comme de la poésie gastronomique et gourmande. L'autre bon point repose sur l'osmose entre le couple Binoche-Magimel dont les regards complices et tendres ne sont pas pour rien dans les émotions ressenties, avec en prime deux scènes intimes sublimes de sensualité et de finesse. La partie centrale du dîner offert à sa cuisinière est un summum du cinéma culinaire et romantique, on a envie de goûter à tous les mets. Un film vraiment magnifique qui pêche par une durée et un rythme trop étiré parfois, mais la poésie culinaire reste un hommage envoûtant. Un joli moment. Site : Selenie.fr
Je conseille à ceux dont le régime alimentaire se compose exclusivement de burgers, de pizzas et de Coca-Cola d’éviter d’aller voir ce film. Ils ne vont rien comprendre et surtout, ils vont profondément s’emm… Pour tous les autres, les amoureux de la belle et grande cuisine française, qu’ils aiment la faire eux-mêmes ou qu’ils aiment juste aller la déguster dans les grands restaurants, ils seront enchantés. C’est effectivement un film de cuisine et d’ambiance : L’ambiance de la bourgeoisie provinciale des années 1880 avec des paysages dignes des tableaux de Claude Monet spoiler: (le dialogue verspéral entre Eugénie et Dodin au bord de l’eau, le repas d’été champêtre, la promenade dans la prairie de fleurs blanches…) L’ambiance des grandes cuisines de cette époque équipées de ces énormes cuisinières à bois ou à charbon, de ces batteries de cuisine magnifiques en cuivre étamé, et de ces ingrédients magnifiques venus pour la plupart du jardin du château ou de la ferme d’à côté. C’est un hymne à l’héritage culinaire d’Antonin Carème et d’Auguste Escoffier. Les deux géants créateurs de la haute cuisine du 19ème siècle. Petit bémol : les dialogues sont assez pauvres et auraient mérité d’être plus travaillés pour être plus intenses, plus porteurs de sens… moins « passe-moi le sel ».spoiler: (Comme ce fut le cas pour l’indétronable « festin de Babeth » où, en plus d’un hymne puissant à l’excellence de la haute cuisine française, il y avait une critique intelligente de l’austérité protestante)
Binoche est solaire, merveilleuse. Magimel s’en sort très bien… même si on se plaît à rêver que, si Depardieu avait eu 20 ans de moins, il aurait sublimé le personnage de Dodin. Un dernier conseil : n’y allez pas le ventre vide ! Ça serait une véritable torture pour vous.