Prix de la mise en scène à Cannes et choisi pour représenter la France aux Oscar, "La Passion de Dodin Bouffant" est un film délicieusement subtil. La complicité entre Juliette Binoche et Benoît Magimel crée un couple à la fois sensible et émouvant. Les personnages secondaires ajoutent eux-aussi une dimension de beauté à cette œuvre, qui capture avec délicatesse la préparation des mets d'une manière irrésistiblement savoureuse.
Fresque culinaire, intimiste et sensorielle d'une grande beauté avec un couple à l'affiche qui est vraiment touchant de justesse. J'ai été captivée de bout en bout par ce film si doux à visionner, poétique et d'une grande finesse, où l'on pourrait presque humer les multiples saveurs de la cuisine de Dodin et Eugénie. La photographie est très soignée et délicate, magnifiée par des teintes chaudes et une lumière subtile. Une belle surprise que cet ôde à toute une époque, à l'amour, à la vie.
Après avoir entendu et lu les pires choses sur le film depuis le Festival de Cannes, c'est un peu à reculons que je suis parti le voir, me disant qu'il fallait tout de même que je me fasse mon propre avis.
Beaucoup de critiques presse semblent avoir une dent contre le film, qui est, je pense, le film de cette fin d'année qu'il sera de bon ton de détester.
Mais pourquoi bouder son plaisir : - de voir à l'écran deux de nos plus grands acteurs français ? Juliette Binoche est une nouvelle fois extraordinaire. Son jeu est de la dentelle. Benoît Magimel, quant à lui, semble aller tout droit vers une nouvelle nomination au César du meilleur acteur (et pourquoi pas une troisième victoire consécutive ?).
- d'être exposé à quelque chose de quasiment inédit, avec une première demi-heure me faisant vivre une expérience de cinéma que je n'avais jamais vécue jusqu'à présent ?
- de se délecter de chaque scène, de chaque plan, de chaque mouvement de caméra d'une réalisation impressionnante ? Voir cette caméra virevolter au-dessus des casseroles et se rapprocher ou s'éloigner des personnages au gré de leurs émotions procure le même délice aux yeux du spectateur que les différents mets aux papilles des convives. Peu étonnant que le Festival de Cannes lui ait décerné ce prix, tant tout n'est que mise en scène dans ce film.
Je n'ai pas trouvé que le film dépeignait une image trop traditionaliste, voire réactionnaire, de la France ou même misogyne. Considérant l'époque dans laquelle s'ancre l'histoire, la vision proposée paraît plutôt "moderne" avec des tâches partagées entre les personnages féminin et masculin et une certaine considération de la femme, d'abord courtisée puis choyée et soignée.
Seul bémol, le scénario reste, contrairement à tous les plats préparés, bien maigre et plus le film avance, plus il perd en rythme et l'ennui peut même venir pointer le bout de son nez sur le dernier quart d'heure.
Malgré tout, épicurien dans l'âme et passionné de cinéma, je me suis régalé devant ce festin.
Ne vous attendez pas à un énième film de cuisine, vous serez surpris. Et même décontenancés. C’est un véritable film d’auteur. C’est-à-dire qu’il a ses propres codes, son parti pris. On s’en aperçoit dès cette longue première scène, 20 minutes en immersion dans la préparation d’un repas en plans serrés très soignés, presque sans paroles. On est dans l’antre de l’excellence, de la perfection créatrice. Et du plaisir que procure cette création artistique. Peu à peu le film se développe et dévoile son écrin, l’amour absolu que porte ce « Napoléon de l’art culinaire » à sa cuisinière. Magimel est incandescent, Juliette Binoche est sublime. Ce couple habité est magnifié par la caméra. Si le rythme c’est qu’il nous laisse à voir des plans magnifiques qui ressemblent à des tableaux. La scène extérieure du diner de nuit au bord d’un étang est d’une grande beauté. En intérieur la caméra suit tous les mouvements avec un effet de proximité qui nous plonge dans les sentiments des personnages. Beaucoup d’effets de contre-jour donnent une intensité particulière à la lumière. Et le personnage de Pauline, la petite apprentie surdouée, douce et attentive, est très attachant. On ne peut pas raconter la dernière partie du film mais elle présente une dernière belle scène entre le chef et sa cuisinière. Et l’on quitte presqu’à regret ce cuisinier qui parle si bien de son art, avec la même exigence qu’a eu le réalisateur pour le filmer. Un grand film.
La première partie du film de Trân Anh Hùng est éblouissante ! On suit pas à pas la préparation d'un copieux repas dans une économie de paroles impressionnante. Les lumières sont belles, la photographie soignée, les décors consommés, le son éclatant, les gestes en cuisine s'exécutent comme une chorégraphie et on regrette vraiment de n'être pas invité·e à la table des amis... Le couple Binoche-Magimel fonctionne parfaitement bien et on se laisse volontiers toucher par l'aspect suranné de la narration. Puis dans une deuxième partie bien marquée, là où le réalisateur rejoint le fil de l'histoire de Marcel Rouff dont il s'est inspiré, le temps s'étire mollement, le souci du détail tant apprécié au début devient encombrant, voire étouffant, la magie n'opère plus !... Finalement, La passion de Dodin Bouffant est un film beaucoup trop long, comme le menu du Prince d'Eurasie...
Un bon point pour ce film : au lieu de nous imposer un fond musical, le réalisateur laisse les oiseaux zinzinuler, flûter, jacasser, gringotter, gémir ou tambouriner. Mais à part cela, il nous impose des plans inutilement interminables, des dialogues carrément lourdingues, copiés sur les élans lyriques et polycopiés des critiques gastronomiques et œnologiques. Je n'ai pas lu le livre, mais il semblerait que le ton en fût humoristique. Ah bon...
La scène d'ouverture est d'une longueur incroyable, on a vraiment peine à entrer dans le film tant l'action est lente et le sujet soporifique. Alors je n'ai pas peine à croire que le film ait été choisi par la France pour être représenté aux Oscars, on sait les américains très friands du "french art de vivre" et de la cuisine française, on est loin, très loin d'un film tel "Le Festin de Babette" oscarisé en son temps (1988) inspiré d'une nouvelle de Karen Blixen et qui tenait en haleine du début à la fin, ce film c'est une quiche dix-neuvièmiste qui a le don d'endormir voire de dégoûter par cet étalage de plats et de nourriture, on ne va pas au cinéma pour voir des leçons de cuisine et malheureusement, ni la présence de Benoït Magimel, ni celle de Juliette BInoche ne parvient à en arranger la sauce. Et le film est en compétition pour représenter la France aux Oscars ? ...Et bien bonne chance...LOOOOL !!
Alors certes, les vingt premières minutes de la préparation par la cuisinière Juliette Binoche du repas que vont ce partager un groupe d'amis exclusivement masculins (...) est très belle et mets indubitablement en appétit mais comme nous ne sommes pas invités à leur table bourgeoise et qu'on finit par se fiche complètement de leur discussion comme de l'histoire d'amour entre Binoche et Magimel tous deux en roue libre, on reste sur sa faim ! Que cette piètre soupe ait reçu le prix de la mise en scène à Cannes et soit en compétition pour la sélection des Oscars du film en langue étrangère me laisse un mauvais goût dans la bouche ! Une belle daube à mon avis ! Revoyez plutôt Le festin de Babette, c'est largement plus copieux et surtout digeste !
Vu aujourd'hui sans a priori. Je n'étais pollué par aucune critique. Mais quelle belle surprise ! Je n'ai pas vu le temps passer en suivant les 2 protagonistes (excellents) evoluer au milieu des casseroles avec des gestes justes. les images sont très belles ,des dialogues savoureux dans les deux sens.
"La Passion de Dodin Bouffant", Drame historique et romantique franco-belge écrit et réalisé par Trần Anh Hùng, sorti en 2023. Adaptation inspirée du roman de l'auteur suisse "La Vie et la Passion de Dodin-Bouffant gourmet" publié en 1924 par Marcel Rouff. Le réalisateur Trần Anh Hùng, connu pour son premier film " L'Odeur de la papaye verte" de 1993. Une réalisation de très haute qualité, magnifique film historique qui reconstitue avec précision un intérieur bourgeois de la fin du 19e siècle. Une mise en scène soignée (pour laquelle le film a reçu le prix à Cannes), avec de beaux mouvements de caméra dans la cuisine du gastronome de fiction "Dodin Bouffant". Magnifique photo, superbe travail de la lumière. Un beau film qui met en valeur l'amour autour de la cuisine. Poissons, gibiers, viandes et légumes sont des personnages du film, les recettes sont filmées avec attention. Un film généreux, dans la musique, les images, les décors et la durée. Un bel hommage à cette gastronomie bourgeoise du 19e et une belle histoire d'amour. Une belle distribution aussi, avec Benoît Magimel, Juliette Binoche et la talentueuse jeune actrice Bonnie Chagneau-Ravoire. Une belle histoire et une belle facture. A regarder sans popcorn, mais avec un vraie repas, à l'ancienne, entrée, plat, et une omelette norvégienne au dessert !
Au-delà de la polémique suscitée par ce long-métrage (celle d’avoir été sélectionné pour représenter la France aux Oscars 2024 dans la catégorie du meilleur film international en lieu et place de « Anatomie d’une chute »), il convient de lui reconnaître certaines qualités. A la fin du XIXème siècle, un célèbre gastronome et sa maîtresse élaborent des plats raffinés pour leur entourage. L’excellente réalisation de Trân Anh Hùng permet d’honorer l’art culinaire en générant non seulement la vue mais également les parfums et le goût comme si on y était. La douceur du duo formé par Juliette Binoche et Benoît Magimel constitue aussi un enchantement. Malheureusement, c’est au niveau de l’intrigue que le bât blesse. Le faux rythme procure une forme de languissement et l’expression de la passion amoureuse nous laisse sur notre faim. Bref, une œuvre très contemplative.
La passion de Dodin Bouffant, j'ai beaucoup aimé, tout est beau, Tran Han Hùng a une fois de plus réalisé un chef d'œuvre , prise de vue magnifique, dialogue bien choisi qui laisse le temps d'apprécier , de sentir, emportée dans cette magnifique valse j'y suis bien! Et cette passion partagée pour la vraie cuisine, cet amour tendre et respectueux entre Dodin et Eugénie , quel enchantement. La décoration faite par l'épouse du réalisateur YênKhê TRAN est splendide, j'ai remarqué entre autre les bouquets de fleurs, tout est dans la finesse. Bravo aux acteurs excellents, Benoît MAGIMEL, Juliette BINOCHE et j'ai découvert Bonnie ,Pauline dans le film, qui m'a profondément émue, quel talent ! une grande actrice est née qui va faire beaucoup parler d'elle, bravo! Tous les acteurs choisis sont excellents. Je recommande ce film, vraiment.
Alors clairement, les adeptes de bonnes tables et de cuisine seront beaucoup beaucoup beaucoup plus réceptifs que les clients de Mc Do et consorts...mais quel plaisir de voir Juliette B. jongler avec tous ces plats et Benoît M. en parler avec tout autant de volupté....et le réalisateur passer de l'un à l'autre en prenant tout le temps de la contemplation ! La relation plein d'inde fini entre les 2 personnages principaux apporte la touche final à ce plat merveilleux. Bref...un délice!
C'est difficile à dire, tout est beau, bien joué...mais rien de plus...pas mieux que Délicieux avec Isabelle Carré et Grégory Gadebois....sorti en 2021... ni drôle ni chiant