Rarement un film aura mis, par sa mise en scène, autant à l’honneur la gastronomie française. Il y manque l’odorat et le goût mais les scènes de cuisine mettent l’eau à la bouche. Dommage que Tran Anh Hung reste toujours si peu intéressé par la narration.
Un joli film un poil trop long, un poil suranné, mais sincère dans son amour de la Chaire, une ode à la bonne cuisine traditionnelle française. Le couple Binoche/Magimel fonctionne à merveille et si les parallèles entre nourriture et sexualité peuvent choquer certains esprits prudes de Telerama, il est pourtant une évidence que plaisirs de la Chaire et plaisir de la Chair peuvent se retrouver et se magnifier. La photo est soignée, les couleurs chatoyantes mettent en valeur la cuisine somptueuse où a été été tournée le film. La fin est belle et émouvante. Un joli film classique mais bien réalisé.
Une passion gastronomique magnifiquement mise en scène. On salive devant la préparation des plats et la beauté des images. Le soin apporté à la photographie, au son, aux décors et aux costumes titillent les sens, mais, on ne va pas s’mentir, l’histoire et son rythme, beaucoup moins. En fait, le souci est qu’en dehors des scènes purement culinaires, la relation entre Dodin et Eugénie est comme une mayonnaise qu’on loupe: elle ne prend pas. D’autre part, sans aucunement dévaloriser son talent, les dialogues très littéraires du film ne sonnent pas bien dans la bouche de Benoit Magimel. Juliette Binoche, au contraire, est totalement en phase avec son rôle.
Malencontreuse dichotomie entre l'ambition affichée et la réalisation effective... Utilisant la thématique culinaire pour peindre une passion aussi viscérale que celle d'un sportif ou d'un artiste, le récit s'attarde sur les préparations, les dégustations, les sensations offertes par une pluralité de mets délicats. Par ailleurs, l'intrigue illustre une réalité psychologique, à savoir que l'homme réalise la force de son amour alors qu'il s'apprête à perdre sa compagne. Du drame qui se trame doit émerger une renaissance par la beauté de la transmission. Enfin, les décors feutrés visent à faire la promotion de la gastronomie française, raffinée et innovante. Mais rien ne fonctionne! Car l'état affectif du titre pâtit de la fadeur, de la froideur, de la monotonie d'une mise en scène qui ne parvient jamais à transformer des tableaux figés en immersions sensorielles. Non seulement on reste spectateur de ces dîners analytiques, plombés par des dialogues didactiques, mais aucun sentiment ne nous étreint face aux émois des amants, d'autant que la direction d'acteurs les mène vers un jeu fort artificiel, ennuyeux, monocorde. Quant à la relation avec la jeune prodige, elle reste au rang d'échanges entre un précepteur et son élève. Bien tiède!
La Passion de Dodin Bouffant est connu, entre autres, pour avoir été préféré à Anatomie d'une chute pour représenter la France aux Oscars. Une décision lourde à porter pour ce film, qui a été dénigré face au long métrage de Justine Triet, qui était un excellent film et aurait sans doute davantage mérité de porter les couleurs de notre pays, il est vrai... D'ailleurs, c'est finalement Justine Triet qui a remporté un Oscar, dans la catégorie scénario.
Toutefois, il serait dommage de bouder le film de Trần Anh Hùng, qui est tout de même une vraie réussite. Comme beaucoup, je craignais un film peu digeste, qui survende la gastronomie française, à grands renforts de clichés pontifiants et passéistes. Or Trần Anh Hùng était peut-être la meilleure personne pour réaliser un tel film. En se concentrant sur l'art de la cuisine et sur les sentiments des personnages, il livre un bel hommage à la gastronomie française, et une histoire d'amour subtile et touchante.
Bien sûr, le réalisateur franco-vietnamien n'évite pas tous les clichés. Mais sa réalisation dynamique, au plus près des gestes et des aliments, rappelle combien il est maître dans l'art de filmer la cuisine et les discussions qui se nouent autour de la préparation ou de la dégustation d'un repas, comme dans ses films ayant pour sujet le Vietnam : L'Odeur de la papaye verte et A la verticale de l'été. Il a une façon de filmer que l'on pourrait qualifier d'asiatique, dans cette attention aux détails, aux consistances des aliments, à leur parfum, à leur texture, au bruit que l'on fait en préparant la cuisine ou en mangeant. Avec également cette représentation conviviale (souvent familiale) des repas, le tout à l'image d'un Hirokazu Kore-Eda.
A cela s'ajoute un beau portrait d'un homme et d'une femme, joués par les excellents Benoît Magimel et Juliette Binoche, épris l'un de l'autre et de l'art culinaire, qu'ils subliment tous deux par leur talent. Trần Anh Hùng dessine une belle histoire d'amour, à l'automne de la vie de ces deux protagonistes, comme ils le disent eux-mêmes.
La Passion de Dodin Bouffant est donc un film plus surprenant qu'on pourrait le penser, d'une beauté et d'une délicatesse très appréciables. Je pensais lui attribuer une note moins élevée, mais si je suis honnête avec moi-même, j'ai tellement passé un bon moment en regardant ce film, et je ne peux que reconnaître ses grandes qualités, il m'est donc impossible de lui mettre une note plus basse. C'est un film sous-estimé, pas parfait certes, mais magnifique et généreux, que je recommande volontiers.
Quel film délicieux et tendre ! Tout d’abord un festival culinaire splendide mis en scène par un artiste du cadrage et du gros plan, conseillé par le grand chef étoilé Pierre Gagnaire. On salive tout au long du film, même si les règles culinaires et gastronomiques de la Belle époque sont désormais hors normes. Tant mieux pour le cholestérol ! Ensuite une belle histoire d’amour de tout une vie entre le maître et sa cuisinière, délicate et complice, d’une grande pudeur. Un immense moment de plaisir porté par deux remarquables interprètes… Avant de passer à table ?
Les qualités filmique de La Passion de Dodin Bouffant sont indéniables. La mise en scène, le jeu du duo (notamment Juliette Binoche vraiment éblouissante) ou encore la photographie sont véritablement parfaits. Ceci étant dit, tout le monde n'aura pas la patience de regarder des dizaines de minutes de cuisine, sans véritable fil rouge, ni histoire. Qui sont ces personnages? Quels sont les enjeux? Tout cela semble tourner à vide... Résultat : un film qui ressemble à une émission culinaire de luxe.
Cette ode à la haute cuisine va vous donner faim ! On assiste, pendant l’essentiel du film, à la confection de plats (consultant cuisine : Pierre Gagnaire, excusez du peu !) de très haute tenue pour les plus fins gourmets d’entre nous. Certes, les restaurants étoilés d’aujourd’hui, de par leurs prix, ne s’adressent pas à tout le monde, et seuls ceux et celles qui ont fréquenté ces tables apprécieront ce film, dont l’action se situe dans les années 1880. Ceci dit, le scénario tient sur un confetti et l’ensemble tient aux performances de Benoit Magimel et de Juliette Binoche, très convaincants dans leurs rôles de faiseurs de plats qui font saliver. Une curiosité qui mérite d’être vue.
Dodin Bouffnt est un personnage de conte, il n'a jamais existé, dommage. L'époque de Napoléon 3, la dernière génération à cheval avant l'avènement du train en 1850 et aussi avant le début de l'ère industriel. La vie semble paisible dans la campagne française. Des plats qui donnent faims. Le plaisir du goût. Une vie de chateau confortable. Une bonne réalisation, des plans en contre jour et des scènes avec la lumière des bougies. L'ère industriel n'est pas encore arrivé et l'éléctricité va arriver bientôt. Très bon Benoit Magimal et Juliette Binoche très douée. Un réalisateur franco vietnamien, il manque des nems au menu. Ce n'était pas possible car l'Indochine française date de 1887. Le film est tiré d'un roman suisse, par conséquent c'est un mélodrame.
La seule problématique pour profiter vraiment de ce film est l'enregistrement de son audio. Il n'y a aucune profondeur ni nuance, les bruits de fourchettes dans les assiettes et les oiseaux à l'extérieur sont au même niveau sonore que les dialogues dont les mots sont autant mâchés que les mets présentés en menu. C'est une vraie problématique sur certaines scènes. Mais tout le reste est d'une douceur rarissime sur nos écrans. Un vrai bonheur au superbe casting à savourer le ventre plein pour éviter de saliver toute la séance
C’est un très beau film réalisé avec passion et interprété avec délicatesse par deux acteurs de talent. Nos sens et nos émotions affleurent à chaque scène où la gastronomie-passion est sublimé par une photographie chaleureuse et des tableaux lumineux où même nos sens olfactifs sont approchés. A déguster et surtout pas en mangeant du popcorn !
Film esthétiquement très beau, de superbes plans et séquences de cuisine, trop peut être ... au détriment d'une histoire entre les deux personnages principaux soporifique et obscure. A la sortie du film, une question se pose: mais quelle était, au final, l'histoire du film ? Dommage
C'est un film très écrit et très mis en scène. Les scènes de cuisine sont longues et très peu dialoguées, mais on ne voit étonnamment pas le temps passer. Un bouquet garni qui infuse dans un bouillon, une crème qui nappe une viande, un jus filtré au chinois. Dans les dialogues, la belle langue française décrit la gastronomie et le sentiment amoureux avec un style ciselé et élégant. Un très bon moment de raffinement et d'élégance, hors du temps, comme lors d'un très bon repas.
Un film qui narre dans la France de la fin du 19ème siècle de la relation particulière entretenue entre le gastronome Dodin et sa fidèle cuisinière à son service depuis 20 ans. Cette mise en bouche délicate offre une vision exquise de ce que représente la cuisine française. La mise en scène parvient juste avec le raffinement de l’image à mettre en bouche les saveurs de ces plats préparés et mijotés durant de longues heures par ces passionnés de cuisine. Le récit s’attarde aussi sur l’attachement lié par une passion commune entre deux êtres pudiques campés à l’écran par les formidables Juliette Binoche et Benoît Magimel dont la complicité suave transparait à chaque plan. C’est une œuvre délicate à appréhender, de par son rythme volontairement lancinant bercé par la préparation méticuleuse des mets.
Le film de Tran Anh Hung s'inspire du livre ''La Vie et la passion de Dodin-Bouffant'' de Marcel Rouff, publié en 1924.
C'est un bel hommage à la gastronomie, et à leurs précurseurs comme Antonin Carême, mais les dialogues sont parfois un peu ''neuneu'', souvent récités plus qu'interprétés, et cela manque cruellement de naturel et de spontanéité. Ce sont souvent les deux plus jeunes comédiennes, Violette (Galatéa Bellugi) et Pauline (Bonnie Chagneau-Ravoire) qui sont les plus crédibles dans leur jeu et leur rôle respectif .
J'ai du mal à comprendre pourquoi la mise en scène de ce film a été primée à Cannes parce que, honnêtement, ''peut mieux faire'' !!! :)