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Spider cineman
212 abonnés
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3,0
Publiée le 5 mars 2024
Film témoin des boats people des années 70-80, au travers du souvenir de cette famille vietnamienne nous revisitons le parcours de ces immigrés au Canada, le choc du dépaysement et des efforts d intégration. C est suffisamment bien réalisé pour comprendre ce point de vue.
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3,0
Publiée le 6 mars 2024
« La survie implique des décisions difficiles. » Avec "Ru", Charles-Olivier Michaud adapte le roman en partie autobiographique éponyme de Kim Thúy sur l'arrivée d'une famille vietnamienne au Québec après leur fuite du Vietnam du Sud. Une histoire racontée du point de vue de Tinh, la fille aînée, qui a une présence fantomatique et ne parle quasiment pas. Un comportement compréhensible étant donné tout ce qu'elle a vécu. On en a un aperçu avec plusieurs parallèles faits avec la vie au Vietnam. "Ru" est un film d'une immense pudeur qui arrive tout de même à créer de beaux moments d'émotion même s'ils sont très rares. Si le récit est sobre, tout passe par le regard des acteurs (l'affiche en est un aperçu) et par une superbe cinématographie. Toutes ces qualités peuvent être des défauts en fonction du point de vue comme le manque de profondeur des personnages ou le style qui éclipse le développement de l'histoire, mais j'ai trouvé l'ensemble touchant et pas mal.
Des vietnamiens déracinés essayent de vivre au Canada. Tout est différent, une autre langue, une autre culture, un autre climat. De plus, les séquelles de la guerre sont toujours présentes dans l'esprit de la jeune fille qui a bien du mal à recommencer une autre vie sur un autre sol. La reconstruction doit se faire mais elle est dure. Un film émouvant et sur le même thème que Dheepan de Jacques Audiard.
Après un premier film méconnu tourné au Québec il y a plus de dix ans et un autre aux USA passé totalement inaperçu quelques années plus tard (et pas aidé par une sortie directement en VOD), Charles-Olivier Michaud s’est tourné vers la télévision avant ce projet d’adaptation d’un célèbre roman autobiographique éponyme en tournant des épisodes de séries TV. Il est tombé sur le livre autobiographique « Ru » de Kim Thuy et a un coup de cœur. Un ouvrage qui retrace son enfance à Saïgon au Vietnam durant la guerre avant l’arrivée des communistes les forçant elle et sa famille à l’exil en bateau suivi d’un internement dans un camp de réfugiés malaisiens jusqu’à son arrivée et sa nouvelle vie au Québec. Le livre alternait les époques et les souvenirs sans ordre particulier et « Ru », en tant que long-métrage de cinéma, fera de même. Cependant, le scénario va choisir de consacrer les deux tiers de l’adaptation à la partie se déroulant au sein de la nouvelle vie au Québec après le déracinement forcé. Mais un montage malin et habile va permettre de rendre le récit plus vivant : en reprenant une structure voisine de l’ouvrage, faite de flashbacks mettant en corrélation la partie québécoise inscrite dans un présent avec l’exil forcé et le périple du voyage. Le choix de ne pas traiter l’avant est certainement d’ordre pratique, le film durant déjà deux heures ici. Mais, même sans cela, on ressent parfaitement le choc émotionnel, culturel et psychologique vécue par la jeune Kim Thuy enfant et sa famille. Et cela notamment grâce au regard triste et lointain de la jeune Chloë Djandji qui l’interprète et dont les yeux en disant autant que mille mots.
« Ru » joue beaucoup sur les silences, les regards et l’intériorisation mais à raison, cela nous permettant de prendre le pouls émotionnel de cette famille. Et bien sûr et surtout de Kim Thui enfant qui est logiquement celle par qui on voit les choses sur la plupart des séquences. Il n’y aurait cependant pas eu un quelconque souci à alléger le film d’un petit quart d’heure et de le rendre ainsi plus dynamique et moins lent. Mais ce n’est pas pour autant que l’on trouve le temps long. C’est une histoire à la fois belle et déchirante qui nous cueille dans son émotion à maintes reprises et sans en faire des tonnes, avec pudeur et simplicité. On apprécie le réalisme des situations en rapport avec le choc culturel : jamais excessives et caricaturales pour faire rire mais au contraire amusantes par leur décalage et la maladresse des hôtes québécois. Les séquences plus dures dans le passé, que ce soit l’humiliation par les soldats, l’exil ou les passages dans le camp, fonctionnent un peu moins parce qu’elles ont moins le temps d’exister mais densifient quand même le long-métrage. Et la mise en scène de Michaud est de toute beauté, soignée et élégante sans excès, avec des plans marquants par leur esthétique comme celui filmé de haut sur le radeau ou celui devant les néons de l’épicerie qui caressent le blanc immaculé de la neige. Mais on se souviendra surtout de cette succession de plans fixes à la fin s’arrêtant sur tous les protagonistes du film et qui font naître beaucoup d’émotion. Un beau film à n’en pas douter.
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Si vous allez voir Ru, il est bien possible que vous trouviez ce très beau film touchant et plein de tendresse. Mais il n’est pas impossible non plus que vous jugiez cette adaptation du roman de Kim Thuy longue et ennuyante. Un spectateur averti en vaut deux.
Pour ma part, je fais partie de la première catégorie. Souvent pourtant, je suis déçu par les longs métrages tirés d’un livre. Ce n’est pas le cas ici, peut-être parce que le film est très différent de l’œuvre initiale. Non pas que les scénaristes aient modifié les faits. L’histoire racontée est pour l’essentiel la même : c’est celle d’une famille vietnamienne riche qui a dû fuir Saïgon en catastrophe et qui est venue refaire sa vie dans une petite ville du Québec après un passage atroce et dangereux dans un camp de réfugiés.
Mais le réalisateur Charles-Olivier Michaud et son scénariste Jacques Davidts ont tiré de ce récit autobiographique un film qui s’est affranchi du livre. Ils ont réussi l’adaptation d’une œuvre qu’on disait inadaptable en y restant fidèle, mais sans en demeurer prisonniers. C’est un exploit rare.
Aussi ont-ils résisté à la tentation d’insérer dans la narration des extraits de Ru. Au début, je le regrettais tant le texte de Kim Thuy est beau. J’aurais aimé entendre le texte en voix hors champ. Mais j’ai fini par comprendre le point de vue choisi. Ils ont présenté Tinh, l’alter ego de Kim, telle qu’elle était à son arrivée chez nous : une jeune fille sensible, si traumatisée par les événements qu’elle avait vécus qu’elle en était devenue mutique. Sa voix, elle ne la retrouve qu’à la toute fin, grâce à l’écriture.
Le réalisateur a remplacé la lecture hors champ en laissant une large place à la musique, très bien choisie. Le résultat donne une œuvre attachante, chaleureuse et bouleversante.
De tous les acteurs de ce film choral, je retiens notamment Chantal Thuy, remarquable dans son rôle de mère qui était prête à mourir pour que ces trois enfants aient un avenir. On la voit passer du statut de grande bourgeoise à petite ouvrière dans une modeste entreprise de couture. De bout en bout, elle joue toujours juste.
Superbe film qui relate l’arrivée au Québec d’une famille vietnamienne qui a du fuir le conflit dans leur pays à la fin des années 70. Les images sont superbes et permettent avec une certaine pudeur de comprendre ce drame et la complexité d’arriver dans un pays avec une culture très différente. Le jeu des acteurs est très bon notamment celui de Chantale Thuy.
C'est un film avec une dose de surréalisme dans sa réalisation afin de nous faire vivre ce que la petite Kim ressentait dans son fort intérieur. Arrivée à l'adolescence comme Boat People en 85-86...en pleine hiver assez rude à Sherbrooke, déjà elle était une enfant qui regardait le monde, plutôt que dit participer. Le film nous fait sourire car l'on voit toute le bonne volonté et maladresse des parrains de ces réfugiés. C'est un film calme qui décrit des horreurs et des bonheurs. Un beau film dont on ressort grandi car il nous fait apprécier nos privilèges d'être canadien...et les difficultés des réfugiés qui cherchent leurs repères pour arriver à vivre et s'intégrer.
Bon film! Intéressant de voir l’immigration au Canada! On découvre alors le récit autobiographique de Kim Thuy, les difficultés pour s’intégrer, les challenges!