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Julie D.
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3,0
Publiée le 26 décembre 2023
Réaliser un film un duo de matheux intellos? Pas évident. Pourtant Anna Novion réussit à nous emporter et nous fasciner dans cet univers scientifique peu connu et élitiste avec beaucoup d'émotions. Le personnage de Marguerite est très attachant finalement !
"Le Théorème de Marguerite" est un film captivant qui renouvelle brillamment le genre du film de petit génie. Porté par l'excellente performance d'Ella Rumpf dans le rôle principal, ce long métrage est une quête existentielle et émotionnelle au cœur du monde mathématique. Un accident improbable va bouleverser les certitudes de Marguerite et la précipiter dans une dépression salutaire. Caractérisée par une approche émotionnelle sans filtre, proche du spectre autistique, et un enfermement dans le déni, comment va-t-elle renaître ? Avec une mise en scène variée, allant du presque géométrique à une approche plus libre, le film explore avec succès la vulnérabilité et la force de son héroïne. Ce film offre une histoire touchante, avec une réalisation capable de transformer le monde complexe des mathématiques en une expérience visuelle et narrative engageante. Le film est un mélange réussi de thriller scientifique et de drame romantique, dépeignant avec finesse les défis et les passions d'une chercheuse en mathématiques. Au final, Marguerite sera-t-elle abandonnée, trahie, ou lâchera-t-elle prise ? WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU (TOME 1) et LE CIMETIERE DES SQUAWS (TOME 2) (Amazon Kindle).
Euh...Un film sur les maths? Des tableaux, des murs recouverts de formules mathématiques??? Ca intéresse qui? Tu connais Ella Rumpf (géniale!!!)? (vu dans Grave), Anna Novion? Bah vas-y! Ca sert à ça les critiques, les bonnes, à faire des films qui, autrement, qu'une petite frange de la population cinéphile irait voir!
Il s’agit d’un film à l’originalité incontestable. Extrêmement bien interprété par Ella RUMPF en particulier, il met en évidence l’expression de caractères humains bien connus comme l’orgueil, la domination ou la rivalité mais aussi la volonté et le besoin de grégarité par exemple, de façon à peine caricaturale. Pour ma part, je regrette cependant que les auteurs n’aient pas mis leur travail à profit pour vulgariser un tant soit peu les notions mathématiques qui constituent la trame du film. Il me semble qu’ils auraient pu évoquer davantage les raisonnements qu’utilisent les personnages pour tenter de démontrer la validité de la conjecture de Goldbach. Couvrir des murs entiers de formules peut servir à impressionner le spectateur en misant sur sa naïveté mais pas à lui faire comprendre la nature, la difficulté ou encore l’intérêt du travail de recherche exposé dans le film. Le scénario mêle toutefois habilement les notions scientifiques et humaines ce qui rend la projection agréable à regarder pour quiconque et c’est bien le plus important.
J’avais remarqué le travail de la franco-suédoise Anna Novion en 2012 avec un très joli film, Rendez-vous à Kiruna. Depuis, elle s’est consacrée à la réalisation d’une bonne partie du Bureau des Légendes pour Canal +. La revoilà sur grand écran avec 112 minutes d’excellente qualité et d’une grande originalité. L'avenir de Marguerite, brillante élève en Mathématiques à l'ENS, semble tout tracé. Seule fille de sa promo, elle termine une thèse qu’elle doit exposer devant un parterre de chercheurs. Le jour J, une erreur bouscule toutes ses certitudes et l’édifice s’effondre. Marguerite décide de tout quitter pour tout recommencer. Une des très belles surprises de cette fin d’année, en espérant que ce film modeste trouvera son public au milieu des mastodontes qui sortent en ce moment sur nos écrans. A 20 ans, Anna Novion est tombée malade et a dû rester cloîtrée six mois : Après ma guérison, j’ai ressenti un décalage avec les gens de mon âge, je n’étais plus dans leur insouciance. C'est ce décalage au monde et aux autres qu'elle a cherché à raconter dans ce film. Il y a 10 ans exactement sortait dans les salles le docu d’Olivier Peyon, Comment j’ai détesté les maths, ce qui pour moi était du vécu… un cri du cœur. Or depuis, plusieurs cinéastes, d’une façon totalement décomplexée, prennent cette matière, a priori sinon rébarbative, en tout cas pas très cinégénique, comme sujet de film, - sans oublier le Will Hunting de Gus van Sant en 1997 -, à commencer par La voie royale de Frédéric Mermoud sorti cet été. Rebelote avec cette comédie dramatique joliment troussée autour d’un personnage atypique et d’une avalanche de calculs pour le moins ésotériques qui envahissent l’écran et, curieusement sympathiques pour un type comme moi, totalement hermétique aux mathématiques de base… alors la Pyramide de Goldbach ! Vous pensez, je ne savais même pas que ça existait et sorti du film, je n’ai toujours rien compris. Sachez quand même que les équations que l’on voit dans le film sont toutes authentiques. Mais là n’est pas le sujet, ce qui passionne ici, c’est l’évolution du personnage de cette jeune fille surdouée et totalement investie dans sa recherche au point d’en oublier de vivre. Gilles Deleuze disait qu’un scientifique invente et crée autant qu’un artiste... CQFD ! Ella Rumpf, révélée par Grave, habite complètement son personnage. Elle porte le film, sans jamais quitter l’écran et elle est épatante. Autour d’elle, on trouve du bon, voire du très bon avec Jean-Pierre Darroussin, Clotilde Coureau, Sonia Bony et le belge Julien Frison, qui a intégré la troupe de la Comédie Française et commence à faire une belle carrière au cinéma et dans les séries TV. Bref, proposer une quête existentielle sur fond de recherches mathématiques pouvait paraître une gageure. Anne Novion, tout en finesse, nous propose un portrait inspiré d’une jeune femme engagée dans une romance mathématique. Improbable mais passionnant
Je n'avais jamais entendu parlé de la conjecture de Goldbach, bien qu'aimant beaucoup les mathématiques, aussi je me suis laissé porté par ce film. Une belle surprise ! Les rôles sont bien écrits et très bien interprétés. L'histoire est intelligente, l'ensemble est cohérent, la durée est bien adaptée (aucun ennui). Il y a quelque chose de positif dans "Le théorème de Marguerite", un peu comme "Les Olympiades". Bravo.
Le théorème de Marguerite réussit ce que La voie royale avait raté, dans un contexte similaire, les Grandes Ecoles et la formation des dites "élites". Au lieu de Polytechnique, ici on est à l'Ecole Normale Supérieure. Cette fois le scénario, excellent, nous fait l'économie de la surdétermination bidon du destin par l'origine sociale pour nous ramener sans concession à la confrontation des égos, des personnalités, des faiblesses et des forces individuelles. C'est cette complexité des personnages qui font le véritable intérêt du film. Et bien entendu, comme il y a de véritables personnages à interprêter, tout le casting s'en donne à coeur joie et c'est communicatif. Pas un chef-d'oeuvre, mais quand même un film extrêmement plaisant à regarder.
Leur charme opère encore... J'ai fait la connaissance de Marguerite et de son Théorème un 9 novembre. Un mois plus tard, ni l'un, ni l'une surtout, n'ont quitté le coffre de ma banque d'imaginaire. Le souvenir précis de chaque scène se floute. Mais demeurent très nets les lunettes, le visage et la passion mathématique et amoureuse de Marguerite. Il y a bien longtemps que je n'avais vécu une si forte et si singulière rencontre. Quand le cinéma te donne l'illusion d'être le témoin proche de ton héroïne, de l'accompagner pour le pire comme pour le meilleur. Ici surtout pour le meilleur, Marguerite l'obstinée, que rien ne peut dérouter de son chemin vers la démonstration de la conjecture, finit par résoudre toutes ses équations. Et son "Je t'aime" de la scène finale m'a fait vraiment craquer... J'aime l'idée que l'amour naisse d'une ferveur intellectuelle partagée (Marguerite et Lucas en quête du Graal de Goldbach) avant de devenir une fièvre des corps.Un grand bravo évidemment à toutes les parties prenantes de ce petit bijou franco-suisse, en particulier à Anna Novion, Ella Rumpf, Julien Frison et Clotilde Courau.
J’ai aimé ce film au scenario couru d’avance mais avec beaucoup d’humour. J'ai trouvé bien vu le coup du mahjong pour faire avancer la recherche. J’ai adoré les pantoufles de Marguerite. J' aimé ce film qui a rendu les maths sensibles voire sensuels. J'ai aimé la tension autour de la résolution d'un problème abstrait. Si l'on passe certaines scènes pas super bien jouées, l'ensemble est passionnant.
La première moitié du film laissait tellement augurer mieux… On a l’impression que le réalisateur emprunte de multiples chemins , empruntant certaines quelques minutes pour y renoncer et en prendre d’autres et ainsi de suite… ne permettant pas aux personnages de gagner en épaisseur . La fin est vraiment très peu crédible.
En tant que normalien, j'ai apprécié la représentation du doctorat et de la recherche et de la vie dans le 13ème arrondissement. C'est l'histoire d'une jeune femme, dont la thèse l'a rendue folle : elle se fâche avec les mathématiques, et donc avec sa mère, son directeur et son école, puis se réconcilie avec elle-même. On adore les scènes de travail tardives ou à toute heure, parce que l'idée vient quand elle veut.
c'est une histoire magnifique...servi par des acteurs formidables...c'est ambitieux...limite américain....j'avais aimé voie royale sorti en septembre mais voilà....là c'est bcp plus ambitieux.... ça fait grand film...
Il est rare de voir un film développer sa thématique sur l'arithmétique et plus précisément sur la conjoncture de Goldbath, problème mathématique non résolu encore à ce jour. En prenant ce sujet ésotérique, la réalisatrice a pris un risque, celui de ne pas éveiller la curiosité du plus grand nombre. À la grande surprise, la formule fonctionne. Elle est portée par la prestigieuse comédienne Ella Rumpf.