Mystère à Venise de Kenneth Brannagh
Version courte : un film tout en moustaches, aussi convaincant que le costume de Clark Kent pour Superman
Version longue : Kenneth Brannagh clôt ici sa trilogie reprenant le rôle du fameux détective Belge Hercule Poirot, personnage écrit par Agatha Christie dans près de 33 romans et 51 nouvelles.
Après deux épisodes très colorés, remake des excellents Le Crime de l’Orient Express et Mort sur le Nil réalisés en 1974 et 1978, qui auront vu défiler des stars internationales parmi lesquelles Johnny Depp, Daisy Ridley, Michelle Pfeiffer, Pénélope Cruz ou même Gal Gadot ; nous retrouvons cette fois-ci Camille Cottin. Oui la descente est rude.
Comme le veut la tradition du film d’enquête policière mettant en scène un inspecteur face à des criminels potentiels en huis-clos (Sherlock Holmes, Columbo, Scooby doo…), les faits sont présentés sous plusieurs angles et points de vue jusqu’à la résolution du mystère. On connaît tous la formule mais celle-ci fait recette depuis des décennies, pourquoi en changer?
Si ici l’histoire prend place à Venise durant un hypothétique soir d’Halloween, c’est pour mieux bénéficier des jeux de masques propres à la Sérénissime cité. Une séance de spiritisme, une maison hantée par l’esprit de plusieurs enfants et un soir d’orage où le déluge s’abat sur la ville sont les ingrédients de ce 3ème opus.
Or, si le jeu d’acteur est plutôt convaincant, c’est au niveau des prises de vues et de la réalisation que le bât blesse. Des visages et décors déformés par l’utilisation de grand angle, des plans exagérément pris en plongée, contre-plongée ou penchés, une caméra parfois tenue à bout de bras avec des mouvements hésitants, des cadrages peu harmonieux… on en vient à se demander dans quelles conditions ce film qui a coûté 60 millions de dollars a pu être réalisé et comment expliquer une telle différence avec les deux précédents opus. Tout n’est pas de la faute de Camille Cottin.
Alors il reste au spectateur, réprimant un bâillement, l’intérêt de voir la démonstration qui clôturera inévitablement le film. Celle désignant le coupable en expliquant par un trait de génie, tout le parcours que l’assassin confondu par les faits aura négligé de mieux dissimuler. Mais là encore, la mise en scène est molle n’offrant aucune tension dramatique tant on à peine à croire depuis le début de l’histoire que tout cela est produit par Ridley Scott. Oui putain, Ridley Scott!! Le mec qui a réalisé Les Duellistes, Alien, Blade Runner, Legend, Kingdom of Heaven… j’en passe et des meilleurs.
Hercule Poirot avait pris sa retraite en début d’histoire. Il aurait dû y rester.
La descente est dure je vous dis.