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Marc L.
68 abonnés
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2,5
Publiée le 6 février 2025
C’est en regardant ce film que je me suis rendu compte que je n’avais plus entendu parler de Jan Bucquoy depuis au moins quinze ans. Certes, le bonhomme vieillit, le musée de la femme et le musée du slip sont fermés depuis longtemps, Lolo Ferrari est morte et ‘Camping Cosmos’ n’est plus qu’un lointain souvenir de fin d’adolescence…mais il y a des raisons autrmenent plus sérieuses à sa décision de faire un pas-de-côté et de ne plus tenter de coups d’état : sa fille Marie, photographe prometteuse, s’est suicidée en 2008. Cette oeuvre tardive prend donc la forme d’un dialogue avec la défunte, dans laquelle il lui dit tout ce qu’il aurait voulu lui dire de son vivant, et imagine ce qu’elle aurait pu lui répondre pour expliquer son geste. ‘La dernière tentation des Belges’ est également l’occasion pour le trublion de dresser l’inventaire de sa propre vie, ses débuts difficiles, les femmes qui ont compté, son engagement révolutionnaire, ses coups d’éclat et ses erreurs, toujours entouré de la même bande de potes (Les Snuls, l’entarteur…et Vizorek, apparemment). Comme à chaque fois, le résultat est plus théâtral que cinématographique, plus bouffon que nostalgique (mais avec des moments d’émotion qui ne semblent pas factices) mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, pas particulièrement pathos. Jan Bucquoy reste une personnalité à part dans la sphère culturelle belge, plus vraiment subversif ou pertinent aujourd’hui mais qui possède un ton et un style bien à lui, que je suis toujours curieux de découvrir malgré sa tendance au radotage et au fait que j’assimile toujours inconsciemment le résultat à de la mise en image du déroulé des souvenirs d’un poète-poivrot qui refuse de vous lâcher la grappe quand vous prenez un verre au comptoir.