Ni Chaînes Ni Maîtres
Note moyenne
3,4
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286 critiques spectateurs

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Kurobator
Kurobator

2 abonnés 29 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 septembre 2024
Une proposition solide et bien fabriquée (tant dans l'imagerie que dans le travail sonore) mais désamorcée par une une ré-orientation des enjeux en plein troisième acte : Camille Cottin, personnage le plus pertinent du film (que ce soit dans son incarnation ou dans l'écriture de ses dialogues) est alors réduite à peau de chagrin et la dernière partie du métrage abandonne sa promesse de survival pour se re-centrer de manière plus intimiste sur ses protagonistes (moins intéressants).

Malgré un rythme assez sporadique et un anticlimax, Ni Chaînes Ni Maîtres tient son discours sur l'esclavagisme de bout en bout jusqu'à le synthétiser via une conclusion paradoxalement aussi nihiliste que lyrique.
Isabelle K.
Isabelle K.

4 abonnés 91 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 septembre 2024
Ni chaînes ni maîtres, de Simon Moutaïrou

Mais à quel prix.

Sur l’Isle-de-France (Maurice), dans l’océan Indien, le Royaume de France a délégué l’administration de sa colonie de marrons à la Compagnie française des Indes orientales. C’est une île propice au commerce d’esclaves avec Madagascar.

Sur cette isle paradisiaque du premier empire colonial français, forêt vierge luxuriante, sable fin immaculé, eaux turquoise cristallines, les maîtres, blancs, surveillent, fouettent et punissent leurs marrons, nègres. La fuite de ces derniers a trois conséquences, selon le Code noir : le tatouage au fer chauffé à blanc, la mutilation et la mort. On ne se soustrait pas impunément à l’esclavagisme, même si tous rêvent de s’affranchir.

Il y a deux sortes de blancs : le colon, qui domine ses terres fertiles avec un zèle qui préfigure celui des bureaucrates de la IIIe République. En l’occurrence : Eugène Larcenet, dans sa riche plantation de canne à sucre (car, est-il utile de le rappeler, tout n’est jamais qu’une question de territoires prodigues, dès lors que la domination s'installe). Le mercenaire : Madame La Victoire. Sans foi ni loi et un peu plus encore : une femme soumise à la sainte Église catholique qui croit davantage en la vertu du châtiment, en public, qu’à la mort.

Mati vit avec son père Massamba dans une case (quand je repense à mes années #clubmed en #case à l’âge de Mati, un frisson me parcourt et me glace), depuis la mort de leur mère, en fugitive. L’esprit de celle-ci, vivace, sensuel et poétique, anime et guide celui de Massamba. Mati va s’évader, elle sait son plan comme Madame La Victoire ses prières : il lui suffit d’atteindre ce lieu dont on parle, avant d’embarquer pour Madagascar. Elle ne croit pas à la chimère. Déterminée elle l’est comme tous ceux qui n’ont d’autre choix que la migration, au service de leur dignité et de la liberté. Au service de la conquête de leur humanité.

Sauf que le marron est avant tout un nègre (versus un humain) : sans âme ni statut. Le nègre est l’égal de l’animal : une proie, captive de la barbarie humaine. Même Paul de Tarse, qui déclame l’égalité dans ses épîtres « Car vous tous, vous êtes un dans le Christ Jésus », « exhorte les esclaves à être soumis à leurs maîtres, à leur plaire, en toutes choses, à n’être point contredisants. »

Paul de Tarse me rappelle d’ailleurs -maudites circonvolutions de l’esprit- à quel point les Arméniens, sous le joug Turc, ne figuraient rien d’autres que des infidèles, des chiens, en Cilicie et dans l’ensemble du premier royaume chrétien d’Arménie. Aux dissidents, on ne réservait pas d’autre peine que celles réservées aux nègres : le tatouage au fer rouge, l’islamisation forcée, l’amputation arbitraire.

Mati s’enfuit donc et le film commence. Son père à ses trousses. Madame La Victoire, son molosse et ses fils dociles, à leur trousse. Une chasse au marron haletante et sanguinaire. Une traque infernale, jusqu’à ce que Massamba se relève. Cette fois, il invoque le pacte de sang. Ni chaînes, ni maîtres.

Une chasse à l’homme aussi fracassante que l’image est magnifiée par toute la beauté de l’île. Des paysages à couper le souffle au sens littéral. Face à l’inhumanité, on étouffe. Une mise en scène au raffinement et à la distinction inversement proportionnels au propos. Un coup de maître du réalisateur et scénariste Simon Moutaïrou, inspiré pour s’emparer de l’un de ces « mythes fondateurs » qui font la France car précise-t-il, « on ne gagne rien à laisser les choses sous le tapis. » Au fond, les générations de taiseux ont réussi. Sciemment mais inconsciemment, leur silence obstiné et leur refus du passé a su donner naissance à une descendance d’artistes miséricordieux et véristes, surtout vertueux.

Quant aux acteurs : ce film les consacre, à égalité : Thiandoum Anna Diakhere, Ibrahim Mbaye, Camille Cottin, Benoît Magimel en premier lieu.
Neptune2
Neptune2

1 abonné 19 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 septembre 2024
J'ai beaucoup aimé ce film. Tout d'abord parce qu'il traite un sujet extrêmement délaissé par le cinéma: le marronnage, ce retour à la liberté de personnes arrachées contre leur gré à leur terre et à leurs racines pour service le commerce occidental. Il se trouve que j'ai découvert très récemment ce phénomène historique en lisant "La sagesse des lianes". Ensuite, il y a de belles prises de vue artistiques, les acteurs sont bons et convaincants, rien n'est prévisible dans le déroulement de l'histoire, et le sujet est très bien rendu. En sortant de ce film, j'ai eu envie de me documenter, sur le plan historique, sur le marronnage, sa répression par le royaume de France, etc... puisque c'est un sujet qui n'avait pas non plus été abordé pendant la scolarité...Voici un extrait de Wikipedia: "Selon un épisode célèbre de l'histoire de l'île Maurice, un important groupe d'esclaves n'hésita pas à se précipiter dans le vide du haut d'un rocher élevé (le Morne Brabant dans le sud de l'île) lorsqu'ils se retrouvèrent acculés au bord d'une falaise par des hommes qu'ils prenaient pour des chasseurs. Ils n'étaient en fait que des messagers chargés de leur annoncer l'abolition de l'esclavage...
taslima gaillardon
taslima gaillardon

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 septembre 2024
Excellent film. Sublime. Toute la salle avait le souffle coupé, je ne m'en remets pas. Très bon son par ailleurs.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 septembre 2024
Un très bon début (les références historiques), puis le film passe dans un autre registre (la traque des fugitifs) et le film devient plus ennuyeux. Dommage. Mais de magnifiques paysages naturels de l'Ile Maurice.
Isabelle Dormal
Isabelle Dormal

3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 septembre 2024
Je m’attendais à un film extrêmement violent. Mais ici la violence ne sert que les propos de la violence des conditions de l’esclavage.
Belle prouesse des acteurs, du réalisateur et du cameraman.
Marjorie
Marjorie

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 septembre 2024
Magnifique film avec une fin très forte et bouleversante. Nous savons tous à quel point l'esclavage a été une horreur absolue mais il faut se replonger dedans pour ne pas oublier.
lilyparis
lilyparis

2 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 septembre 2024
assez décue, plutôt un téléfilm france 2 que un film, Cotin n'est absolument pas crédible , l'écriture vraiment trop superficielle , impossible de ressentir la moindre émotion!
Ambre Maillard
Ambre Maillard

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 septembre 2024
Une claque ! À la limite du soutenable mais un indispensable devoir de mémoire . Le film rend formidablement bien hommage aux martyrs de l’esclavage. À ceux qui ont tenté coûte que coûte de retrouver leur humanité en dépit des circonstances
dan47
dan47

70 abonnés 163 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 28 septembre 2024
comment peut-on qualifier un film qu’on aurait pu appeler LA TRAQUE plutôt que le titre actuel. pour faire crédible on voit les horreurs de l’esclavagisme pendant 10mn et tout le reste du film la traque. à vous de découvrir toutes les aberrations qui ne tiennent vraiment pas la route
Ekofopi jean
Ekofopi jean

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 septembre 2024
Super film, fait avec réalisme qui reflète bien la mémoire collective que m'a transmis ma grand-mère quand j' étais enfant . Merci au réalisateur
Sandrine NOAIL
Sandrine NOAIL

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 septembre 2024
magnifique, émouvant, de très très bons acteurs. Un film qu'il faut voir pour la réalisation et le scénario de qualité
cloe
cloe

1 abonné 37 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 septembre 2024
Un beau film qui a mis en lumière la période de l’esclavagisme et ce qu’on pu vivre ces personnes. Il manquait peut être quelque chose car ce film paraissait long à un moment donné.
Mathieu G.
Mathieu G.

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 septembre 2024
Un choc pour ce qui me concerne, peut-être parce-qu'il est rentré en résonance avec ma sensibilité... J'en suis sorti bouleversé.
Je ne suis pas donc pas très objectif, mais pour ce qui me concerne, un grand film
Arno M.
Arno M.

12 abonnés 333 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 septembre 2024
Au 18e siècle à l’île Maurice, deux esclaves, Massamba et sa fille Mati, travaillent, avec frayeur et labeur, dans une plantation. Quand sa fille s’évade et qu'elle est recherchée par une chasseuse de prime Massamba s'évade à son tour pour la retrouver.

Le sujet était intéressant le résultat beaucoup plus mitigé.

La première partie, que se soit dans la plantation ou le début de la fuite est plutôt réussit. La fuite en elle même avec le coté survivaliste pourquoi pas. Par contre le coté mystique fleurant avec le sur naturel est de trop.
De même les personnages sont plutôt réussis mais auraient mérité d'être pour certains plus travaillé. C'est le cas du maître, et de son fils ouvert aux idées des Lumières. Ces deux personnages sont très vite traité,
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