Le réalisateur-scénariste a la bonne idée surtout de n'être ni moralisateur ni trop explicatif ni donneur de leçon (au contraire de la comédie "Les Barbares" sorti ce même jour). Le cinéaste conte un récit comme une quête de liberté qui mêle donc la marronnage (la fuite de l'esclave) qui dessine un contexte historique terrifiant et inhumain, avec le film de genre du survival. La traque est haletante, passionnante même n'omettant ni l'angoisse, ni l'environnement naturel, ni l'état psychologique et social des personnages en lutte souvent avec eux-mêmes. Par contre on s'aperçoit que le coté mystique prend sans doute trop de place, ou plutôt il prend place de façon pas toujours probante au sein du récit... ATTENTION SPOILERS cliquez pour en savoir plus !...Le film reste aussi percutant notamment dans la violence retranscrite, les conséquences d'un fouet ne sont pas adoucies ou mis en hors champs, la violence psychologique est tout aussi frappante (avec le gouverneur !). Malgré le côté mystique ça reste logiquement présent, le pire est ce léger twist qui change l'importance du danger chez les traqueurs. La dernière partie est beaucoup plus lancinant et onirique, ce qui pourrait aussi être logique et/ou compréhensible si elle n'était si longue, ca casse le rythme de façon trop abrupte. Néanmoins, la fuite et la traque est d'une intensité indéniable, les séquences sont aussi viscérales qu'organiques. Pari gagné. Site : Selenie.fr
Ce film est FORMIDABLE. Efficace. Ne tombant jamais dans le pathos, et n'essayant pas de dramatiser à outrance les situations. Ce film parle de la grande histoire, mais à échelle humaine. Avec une élégance rare. Moutaïrou déroule sont récit avec un talent rare. Évoquant à la fois le contexte historique et religieux, mais aussi l'esprit des cultures des îles et des peuples d'Afrique. C'est une œuvre puissante, qui est servie par de très belles images et un formidable casting. Alors que l'on peine peut être au début à se connecté à la révolte que l'on devrait avoir face au spectacle difficile que l'on nous montre. Après ce voyage dans les terres et dans les forêts, les sentiers et les cascades de l'île Maurice, l'on en sort bouleversé. Vraiment bouleversé.
Au delà du thème de l’esclavage et de la politique odieuse qui le consolide, j’ai beaucoup apprécié la « noirceur » de l’image qui montre la peur, le doute, la beauté des visages et aussi l’espoir. Les personnages sont magnifiques et le récit ne laisse pas indemne à cause d’ une contemporanéité inquiétante.
Sans la puissance et l’expressivité des chefs-d’œuvre américains sur le thème de l’esclavage - Django Unchained de Tarantino en 2012 ou Twelve years a Slave de McQueen en 2013, par exemple- , ce premier film d’un jeune réalisateur nous rappelle, si nécessaire, que le fléau de l’esclavage a aussi concerné la France. Après une brève introduction qui nous plonge dans une plantation de cannes à sucre de l’Ile de France ((Maurice), avec un patron (Benoît Magimel décidément très bon dans les films en costume) plutôt paternaliste, mais évoquant sans fard la cruauté de la vie des esclaves africains, le film évoque le marronnage (fuite des esclaves), ses risques et ses horreurs. Avec une Camille Cottin qui peine à convaincre en chasseuse de primes, le scénario qui semble rapidement ne plus rien avoir à dire vire au film survival - la fuite dans la jungle - et se perd dans l’évocation de magies noires peu cinématographiques. L’image est torturée, la musique envahissante. En résumé, mention honorable davantage pour le thème et les deux très bons acteurs figurant le couple d’esclaves en fuite que pour la réalisation.
L'histoire est pas mal ça parle d'esclavage dans les années 1700 les acteurs que je connaissais pas ils jouent bien on est en colère par ce que subissent les esclaves même touché dire que ça c'est vraiment passé Benoit magimel et camille cottin sont de très bons acteurs ils ont eu le courage d'interpréter des rôles détestable le film mérite d'être vu.
Une claque qui fait du bien. Un coin de l’Histoire où on n’avait pas encore mis de lumière.
Dans une vérité pure, sans envolée qui servirait uniquement le propos, avec une économie de mots, une sincérité dans le jeu et des émotions brutes, le film « Ni chaînes, ni maîtres » vient nous cueillir.
Un film sur le marronage. Vous avez tous danser sur les sons des Neg’Marrons sans forcément savoir d’où venait leur nom. Un Marron c’est un esclave qui s’échappe. Un Homme réduit en esclavage, qui prend sa liberté, au péril de sa vie, car les maîtres les traquaient et ne les laissaient pas impunis.
« Ni chaînes, ni maîtres ». C’est un parfait résumé.
Un film sur la nécessité de liberté. Un film sur l’humanité. Un film qui met délicatement en parallèle la croyance en un Dieu créateur et les croyances animistes. Un film qui interroge la transmission. Un film beau et dénué de cliché. Un film tout simplement nécessaire.
Oui, on nous enseigne le commerce triangulaire, l’esclavage, l’abolition… mais là c’est autre chose. Là, la caméra nous emmène dans la vie de ces Marrons. À cette époque où les îles qui nous font rêver par leurs plages aujourd’hui, n’étaient alors que des terres sucrières ensanglantées.
Excellente représentation du marronnage sur l’île Maurice, une réalité de notre histoire digne d’un film d’horreur. Le seul point négatif pour moi a été comme souvent le manque de naturel des acteurs qui parlent le vieux français.
Belle et à la fois terrible histoire que celle de ces esclaves de l'île Maurice qui cherchent la liberté en cette époque des Lumières, hélas bien lointaines. Même si certaines scènes touchent au mysticisme, il n'en reste pas moins qu'on est porté par l'interprétation, d'abord du rôle titre et aussi par une Camille Cottin vénéneuse à souhait.
Plusieurs raisons me pousse à donner ce conseil. La portée historique de l'histoire qui est raconté avec ce film devrait être puissante. Sauf qu'en explorant le mystique et le survival, le film n'atteint pas ce qu'on est en droit d'atteindre de ce genre de film. Les trente premières minutes étaient pourtant d'une efficacité redoutable, un mélange habile, noir, et puissant qui brossait un tableau de maître. Pourtant, le tableau ne sera pas achevé. Les personnages sont souvent abandonnés ou jetés avec trop peu pour convaincre le spectateur (notamment Mme La Victoire, et le père et fils Larcenet ; d'ailleurs je ne vois pas l'utilité du personnage du fils Larcenet mais ça c'est un autre sujet).
Je regrette que l'ambiance thriller qui a régné durant quelques minutes ne fut pas plus longue car je pense que le réalisateur pouvait tenir quelque chose de très fort de cette façon.
L'une des grandes raisons qui me poussent à mettre 2.5/5 et pas moins, c'est le sentiment de ne pas avoir su apprécier la proposition de l'auteur et d'avoir imaginé le film d'une autre manière avant de l'avoir vu (merci la bande annonce).
Film important et sans doute indispensable à monter aux jeunes générations. Ce qu’il se passait il y a plus deux siècles à la Réunion et ailleurs est en train de revenir de façon incroyable dans notre monde. Nous bénéficions de jolis paysages îliens .. a voir !
Je suis allé voir " Ni chaînes, ni maîtres" avec un a priori indécis après avoir visionné sa bande annonce. Le film bénéficie d'un casting solide, d'une belle photographie et ravira ceux qui aiment les histoires de grands espaces. Je me pose davantage de question sur les motivations du réalisateur. Le propos sur l'esclavagisme pratiqué par les français dans l'Isle de France ( futur Ile Maurice) est certes montré sous son aspect le plus critiquable mais cette partie n'est pas très creusé ou via quelques scènes convenues. Je me suis du coup interrogé sur sa direction très "koh lanta" à mi chemin et sur l'intervention du fantastique un peu "vaudou" qui finalement affaiblit le propos critique historique
Pas vraiment le film de l’année, une première partie intéressante et prenante qui donne envie de la suite. Mais cette dynamique s’éteint au fur et a mesure que le film avance. Au final, on reste sur notre faim et presqu’un peu dessus de cette fin de film