«Germinal» (France, 1993) de Claude Berri, c'est, grossomodo, l'histoire de mineurs qui vont se révolter et faire la grève. Violences des situations, drames des instants, noirceurs des scènes : tout le film baigne dans une tristesse. La fin, pessimiste à l'extrême, ferme le cercle qui paraîssait s'ouvrir à certains instants. Le long du film, les personnages ne semblent pas avoir le choix. L'histoire semble détruire la pauvre société. Le cinéaste, pour retranscrire la tristesse du livre, créé des lumières sombres, on dirait des tableaux de Goya. Les acteurs sont très bien dirigés : Berri fait de Renaud un acteur doué, Depardieu joue là dans un de ses rare très bon rôle, même Jean Carmet émeut. Seul Miou-Miou tribuche un peu. La musique de Jean-Louis Roques, elle, maintient une gravité constante. Cependant, le film souffre d'une longueur dû à l'insatiable répétition dont nécessite le film avant de bien souligner la morosité de leur vie. «Germinal» est donc victime de ce qu'il décrit. Bref, Claude Berri réussit à former une aura de tristesse, ceci pour mieux nous immerger. En nous immergeant, Claude Berri prend en compte la qualité communautaire du cinéma. Non seulement à mieux être dans le film, on croit davantage à l'histoire donc au message. N'oublions pas que Zola était aussi un fin sociologue. L'écrivain observait sa société pour mieux la retranscrire sur papier. Si Berri fît de même avec «Tchao Pantin» (France, 1983), il s'agit ici d'un film historique immersif. Berri accentue aussi l'opposition obsolète faite entre les pauvres travailleurs et les bourgeois. Ce qui est décrit dans «Germinal» c'est la décadence et le constat de la Révolution française ( révolution des bourges contres les nobles ). Le film réfléchit sur la révolution nécessaire qu'entraîne toute forme de capitalisme. En conclusion, Berri fait un film sur comment le passé peut enseigner au présent mais surtout sur la condition d'une classe à une époque où l'industrie régnait.