Les films sur la conquête spatiale, il commence à y en avoir un paquet. Y compris des films qui évoque des complots truquant les voyages spatiaux. Le célèbre "Capricorn One", bien sûr, mais aussi le moins connu "Operation Avalanche". Bref, le sujet n'est pas neuf.
Quelle sera la plus-value de "Fly me to the Moon" ? D'autant que son titre passe-partout (célèbre chanson reprise par Frank Sinatra) n'augure rien de bon, il existe déjà au moins 3 films homonymes.
Nous sommes donc en 1969, dans les derniers mois de préparation avant la célèbre mission Apollo 11. Le sérieux directeur de lancement garde la tête froide, mais on lui met dans les pattes une spécialiste en marketing, adepte des manipulations. Chargée de sécuriser le financement publique de la NASA... et bientôt de filmer un faux alunissage en guise de secours !
Vues les dérives gargantuesques du complotisme ces dix dernières années, traiter à nouveau d'un faux alunissage (la plus populaire théorie du complot du 20ème siècle ?) aurait pu être très réjouissant. Malheureusement on sent bien que Greg Berlanti ne fait qu'effleurer le sujet. Il ne cherche pas à chatouiller le spectateur, à se payer la tête des complotistes, ou à faire de la paranoïa. Tout ceci reste bien gentillet et superficiel.
A l'image de la romance présentée ici, moteur du film. Là encore, l'idée est bonne : confronter une grosse filoute à des ingénieurs des 60's trop sérieux. C'est parfois amusant, sans plus. Et surtout, c'est prévisible, le canevas du film étant cousu de fil blanc.
Néanmoins Scarlett Johansson est convaincante en bonimenteuse et manipulatrice experte, qui va bien au-delà du marketing pour arriver à ses fins. On aurait en revanche pu se passer des placement produits pas très discrets (combien a payé une célèbre marque de montre pour être citée à ce point ?).
Je suis plus réservé envers Channing Tatum, que j'ai eu du mal à voir en directeur de lancement. Il n'a pas l'air à l'aise dans le rôle. Au moins on a Woody Harrelson en antagoniste certes purement fonctionnel, mais c'est déjà ça.
Et s'il on passe sur les quelques rebondissements improbables, surtout dans le dernier tiers, il faut reconnaître que visuellement le film a fait pas mal d'efforts. Pas forcément sur le numérique un peu criard, mais au moins sur les costumes, très 60's. Il faut dire, on parle quand même d'un budget de 100 millions de dollars. Pour comparaison, "First Man" en avait 70.
En tout cas, malgré ce manque de nouveauté et une production prévue pour sa chaîne de streaming, Apple a décidé de sortir "Fly me to the Moon" en salles, où il n'a pas brillé.