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tuco-ramirez
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3,0
Publiée le 24 décembre 2022
Ce premier film fait du bien en plein solstice d’hiver, le soleil est partout dans ces montagnes tunisiennes peuplées de figuiers. Tout le film se situera là, sous les figuiers, un véritable huis clos en plein air. La jeune cinéaste met en scène des comédiens amateurs à qui elle a demandé de rester proche de ce qu’ils sont ; ce marivaudage aux accents rohmeriens est faussement léger puisqu’il questionne en profondeur la jeunesse tunisienne d’aujourd’hui prise entre tradition et émancipation. Les filles les plus émancipées côtoient les plus conservatrices, ce choc des cultures est le centre d’intérêt du film. Cependant contrairement à Rohmer, Erige Sehiri n’arrive pas toujours à maitriser son rythme ; et parfois on s’ennuie. Petit film sans prétention, pas très engagé, mais bien agréable à suivre. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Grande finesse et sensibilité, à la fois drôle et tragique, il donne à des récolteurs de figues dans le nord-ouest de la Tunisie un visage et une voix.
Le verger est un espace de rencontre et, dans une société où les lieux manquent pour cela, un espace de liberté. C’est à la fois bucolique, nostalgique et tragique. Les douleurs sont présentes, celles des femmes surtout. Lorsque la vieille Leïla se met à chanter sur un air de flûte une chanson populaire qui parle de souffrances et d’amour, et que des larmes coulent sur sa joue qui la forcent à s’interrompre, l’émotion est extrême : c’est son destin mais c’est aussi le devenir des jeunes qu’elle chante, sans que nous ayons besoin de sous-titres pour le comprendre. Chacun s’y retrouvera...
C'est charmant et intéressant, mais pas assez ''prenant''... On croit voir apparaître un "motif" de tension narrative avec une histoire de vol de figues, mais c'est un leurre...
Erige Sehiri est issue de la sphère documentariste. Sous les figues est sa première réalisation relevant d’un récit fictionnel. Pour autant, ce film garde de nombreux reflets du documentaire ce qui justifie de qualifier ce long-métrage de docu-fiction. La réalisatrice fait cohabiter deux générations d’ouvriers agricoles lors d’une journée de cueillette de figues. La population peut être considérée triple au regard du positionnement, plutôt conflictuel, du patron. Le casting réuni est non professionnel et la langue employée sous les figuiers tunisiens est l’arabe. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/albi/oeillades-2022/#SF
Ce film est d’une grande poésie et d’une grande sensibilité. Il fait éclater les lumières du sud, les feuilles et caisses de figues récoltées, et surtout les visages de ces femmes (aucune n’est actrice professionnelle). Il ne se passe presque rien, c’est une sorte de contemplation : les dialogues font surgir de multiples petites histoires de famille, de cœur et d’argent qui n’iront pas plus loin mais sont le quotidien de la vie rurale. Attendez-vous donc à un scénario minimaliste ! Et à une lecture des sous-titres assez fastidieuse - au détriment du regard sur les images. Mais si la découverte d’un univers rural inattendu vous intéresse : peuplé de jeunes femmes remplies d’aspirations à l’émancipation, attachantes, drôles, très bavardes, parfois terriblement agressives, traitres même… Allez-y, c’est un très joli film !
Un marivaudage champêtre rafraîchissant mais tournant un peu en rond dans une communauté villageoise tunisienne, entre désir d’émancipation et respect des traditions. 2,75
Un très beau film qui est d'une richesse folle malgré une simplicité apparente. La totalité du récit se déroule sur une journée de cueillette, dans les champs de figuiers. Dans ce décor (sublime) se jouent énormément de situations plus ou moins conflictuelles : conflit de générations (traditions vs modernité des mœurs) , conflit de genre (dans une société patriarcale), conflit de classe (chef dominant vs ouvrier·es) et même des conflits familiaux. Mais tout cela avec nuance et subtilité, sans tomber dans l'adversité frontale. En ressort une sorte de poésie et de douceur qui ne fait que décupler la force de son propos. Un vrai bijou de cinéma, tout en simplicité.
Erige Sehiri a eu l'idée de faire ce long-métrage alors qu'elle faisait passer un casting pour un autre film. Lorsqu'elle avait demandé à Fidé, une des jeunes filles qui s'étaient présentées, si elle serait libre pour tourner en été, celle-ci lui avait répondu que non, puisque c'était l'époque des récoltes et qu'elle travaillait dans les champs et l'avait d'ailleurs invitée à l'accompagner lors d'une journée de travail.
Tout l'article ici: https://www.webdo.tn/fr/actualite/culture/cannes-2022-under-the-fig-trees-est-un-bonbon/116604
Sous les figues est un très beau film, lumineux et plein de grâce, qui se déroule sur une journée dans le monde agricole du nord-ouest de la Tunisie. Une journée au cours de laquelle des femmes et quelques hommes cueillent des figues sous la surveillance du "chef", discutent et se confient, plaisantent et pleurent parfois...
Très joli film qui, l'air de rien, en dit long sur les difficultés au sein de la vie tunisienne. Sans jugement ni démonstration, la réalisatrice nous fait bien sentir l'enfermement des gens, le piège de la domination masculine pour les hommes autant que pour les femmes, les difficultés économiques... mais aussi les espoirs et les rêves de ces jeunes, la solidarité... Tout est rendu par touches impressionnistes. On pense bien sûr à Rohmer. Le fait que les personnages sont tous joués par des non professionnels donne une note de fraîcheur supplémentaire à ce beau film doux-amer.
Le film a une approche documentaire de son sujet. Ses personnages sont extrêmement humains et leurs interactions sont les plus naturelles au monde. Ces portraits s'entremêlent et se percutent face à une caméra qui donne à leur reflet une saveur de tendresse et d'amour. On peut parfois se demander si nous ne sommes pas des voyeurs un peu pervers et se questionner sur l'importance de voir ces disputes futiles mais je pense que ces intimités sont assez révélatrices de réels problèmes sociétaux.
Ce film raconte la vie quotidienne de cueilleurs et cueilleuses de figues dans un verger de la campagne tunisienne. La réalisatrice nous immerge dans ce groupe de femmes et d’hommes et nous dresse des portraits de chacun d’entre eux avec leurs émotions et les échanges parfois joyeux mais aussi conflictuels. Elle nous fait découvrir en même temps les aspects sociaux de la vie rurale dans la Tunisie contemporaine. Le film est bien réalisé avec de belles prises de vues de la campagne tunisienne.
Sous les figues est un beau film solaire où les femmes dévoilent leurs désirs entre elles, lors d’une après midi de travail. Elles ramassent les figues et se mêlent alors les genres et les générations : ils affrontent tous les inégalités, la difficulté du salariat, les violences faites aux femmes.
Sous les Figues fonctionne un peu comme une pièce de théâtre : on assiste aux conversations et vies de travailleurs de tous âges dans un verger de la Tunisie rurale. On prend plaisir à voir ces personnages se questionner, s'aimer et s'entrechoquer, sous les figues.