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CINÉ FEEL
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3,0
Publiée le 28 avril 2023
Un napolitain cinquantenaire établi au Caire depuis des décennies retourne dans sa ville natale Naples, c’est un film italien et l’homme est interprète par PIERFRANCESCO FAVINO. Pas moyen de résister à l’envie de voir cela .., Hélas à la sortie du film le sentiment est mitigé Quelques belles idées : le personnage du curé qui fait ses messes sur le parvis et ouvre son église aux jeunes des quartiers pour en faire un jeu de vie, de sport, de musique; le très beau personnage de la mère qui ouvre le film de la plus belle manière Pour le reste on peine un peu à suivre le récit de cette triple histoire : la relation entre le fils et sa mère ( le plus réussi), le déracinement et la tentation du retour ( esquissé) et la culpabilité née d’une amitié adolescente avec un jeune délinquant devenu chef mafieux local ( assez peu intéressante) Mais au final subsiste la présence de PIERFRANCESCO FAVINO, aux antipodes de son personnage du Traître de Bellochio (car lui ne dénonce pas) et surtout ses yeux dans lesquels passe la nostalgie de l’enfance, une forme très touchante de douceur et de candeur. Quel comédien magnifique !
Nostalgia est l’adaptation du roman éponyme écrit par le journaliste Ermanno Rea. A mi-chemin entre la chronique sociale et le film de mafia, Nostalgia, réalisé par Mario Martone atteint une certaine forme de grâce à travers la tragédie existentielle que le film se propose de nous montrer. L’histoire de déroule donc à Naples. Véritable personnage à part entière, Naples et plus particulièrement le quartier de la Sanità sont omniprésents durant tout le film. Il s’agit d’ailleurs du troisième film consécutif tourné par Mario Martone à Naples. On y suit ici le personnage de Felice Lasco qui, après avoir fui la ville pendant sa jeunesse suite à un larcin, revient chez lui après plus de 40 ans d’absence. La magie Mario Martone se met alors en progressivement en place : pour exprimer les déchirures intérieures de Lasco, le film montre tout le long des éléments qui se contredisent. Lasco est partagé entre sa terre d’adoption (l’Egypte) et sa ville natale, entre son épouse qui l’attend au Caire et sa mère âgée qui vit dans le quartier de la Sanità, entre l’Islam de son pays d’adoption et le catholicisme de l’Italie, entre sa langue natale et l’arabe. Autant d’éléments qui illustrent deux identités qui se contredisent. A cela s’ajoute un jeu de temporalité saisissant. Ce retour aux sources permet à Lasco de replonger dans son passé. Ou comment le bourgeois qu’il est devenu se confronte à son passé de malfrat. Cette redécouverte de son passé s’effectue durant de nombreuses déambulations dans les ruelles de la Sanità. Toute l’ouverture du film y est consacré. Le maestro Mario Martone alternant plans moyens dans lesquels nous suivons Lasco dans les ruelles et plans d’en haut qui encadrent le paysage en révélant une foule de détails. Autre contradiction, et pas des moindres, la convergence de Lasco vers deux personnages antagonistes : le prêtre Don Luigi, et Oreste, son ami d’enfance devenu parrain de la pègre locale. Cette double convergence se caractérise par une attirance de Lasco à la fois vers Don Luigi et les valeurs qu'il véhicule, à savoir l’ouverture au monde et à la vie, et vers ce sentiment de défaite et de fin de parcours caractérisé par le personnage d'Oreste. Finalement Lasco navigue tout le long du film entre ces deux pôles que sont d’un côté le bien, de l’autre la perdition. Les temporalités s’entrechoquent encore avec un Don Luigi qui appartient au présent et un Oreste qui est un homme du passé. C’est ici que se niche la tragédie du film. Du côté de l’interprétation, Pierfrancesco Favino est comme souvent maintenant, au sommet de son art. L’interprétation d’Oreste par Tommaso Ragno (acteur que je découvre avec ce film) est absolument titanesque. A la sortie de la salle, je prends souvent le temps de discuter un peu avec les spectateurs (ceux qui trainent un peu pendant le générique de fin notamment). L’enthousiasme était saisissant. Certains ont cependant trouvé l’ouverture du film un peu longue. C’est pour moi la partie la plus réussie, avec notamment de merveilleux plans de Lasco au chevet de sa mère. D’autres ont pu trouver la fin prévisible. Je suis assez d’accord sur ce point mais cela ne m’a absolument pas gêné, bien au contraire. Mario Martone nous donne les clés de son intrigue lors de la rencontre entre Lasco et Oreste qui intervient au 2/3 du film, c’est une séquence absolument bouleversante, empreinte de tension et révélatrice de la tragédie qui se joue devant nous. C’est donc avec enthousiasme que je vous recommande Nostalgia. Vous y verrez de grands acteurs dirigés par un réalisateur très inspiré. https://lashortlist.blogspot.com/
Une histoire à la fois touchante, poétique et nostalgique dans les méandres d'une ville et d'un parcours de vie qui se répondent. Nostalgia parvient à nous transporter dans sa douceur et sa mélancholie. Mention spéciale à la prestation de Pierfrancesco Favino, tout simplement magistrale.
Fresque magnifique sur la ville de Naples et histoire qui interroge sur la notion d'exil et sur la question de l'amitié. Un immense acteur, présent dans la quasi totalité des scènes.
Malgré ses 63 ans, peu de films de l’italien Mario Martone sont arrivés jusqu’à nos écrans. Ces 117 minutes nous font le regretter, car, ce drame est remarquable en tous points. Après 40 ans d'absence, Felice retourne dans sa ville natale : Naples. Il redécouvre les lieux, les codes de la ville et un passé qui le ronge. Ce film est adapté du livre éponyme d’Ermanno Rea. Ce portrait d’un Naples loin des clichés et du tourisme de masse est passionnant. Le personnage principal nous entraîne sur ses pas à travers cette ville pas comme les autres et son errance finit par nous hypnotiser jusqu’aux scènes finales qui scellent le destin qui semblait inéluctable. Une fascinante immersion. Martone nous explique : Être Napolitain, c’est une façon particulière d’être Italien. Notre ville est restée la même depuis la Grèce antique. Naples est une ville dans laquelle il y a une sorte d’abandon, un désenchantement, qui peut subitement se retourner, se renverser, pour devenir un enchantement. A Naples, chanter, jouer, être comédien, c’est naturel. Chacun se dissimule derrière un masque, et cache ainsi la conviction profonde que le fait d’être au monde est une condition de souffrance. Bref, un décor idéal pour une tragédie digne de l’antique. Tout est beau dans ce film, les décors – sublimes -, les cadrages et évidemment l’interprétation. Pierfrancesco Favino est un formidable acteur. Son talent avait éclaté dans Le Traître en 2019. Il confirme – et comment – dans ce film sombre. Sa rencontre avec Tommaso Ragno reste le sommet de ce drame. Citons encore les excellentes participations de Francesco di Leva, Sofia Essaïdi, Aurora Quattrocchi, parmi une distribution truffée de seconds et petits rôles très bien tenus. Ce n’est pas un film de maffia, mais un drame sur des fantômes du passé qui ressurgissent dans la vie d’un homme rongé par le remords et la culpabilité, dans sa quête de rédemption. Envoûtant, sans faille et implacable, un des beaux films du moment.
ce film m'a enthousiasmé , d abord sur sa première partie qui aborde la vieillesse d une mère, puis l'on découvre Naples ,cette ville belle , étrange , délabrée où l on s y sent bien le jour et où la nuit on se met à flipper grave avec des rues males éclairées et une faune un peu suspecte. la deuxième partie fait apparaitre l' intrigue sur une jeunesse désœuvrée qui n a le choix qu entre appartenir à un groupe mafieux ou bien subir et souffrir en restant dans se qu offre l'église à ses ouailles...... musique très bonne , montage parfait ,acteurs très bien dont le prêtre qui fourmille dans tous ces quartiers désœuvrés,..... Belle sensibilité
Beauté des images, intensité des émotions, l'atmosphère de ce film rend bien la force du clivage entre violence et désir de vivre. Un film poignant empreint de tristesse, de mélancolie, avec des moments forts de joie et d'espoir.
Encore une fois, Pierfrancesco Favino s'illustre comme un des meilleurs acteurs de sa génération. Malheureusement, Naples ne faillit pas à sa réputation. Mais l'approche de cette ville sous l'angle familial et religieux apportent une réelle profondeur à ce film. Le rôle du prêtre Luigi Rega est stupéfiant. Et surprise au passage: l'apparition de Sofia Essaïdi dans son premier film italien.
La finesse du trait, le jeu habité de Pierfrancesco Favino et l'atmosphère mélancolique de la ville en tant que personnage sont les atouts de "Nostalgia", une histoire napolitaine sensible et amère.
A la lecture des critiques, je reste dubitatif: si les comédiens sont parfaits, les prises de vues assez saisissantes (donne pas vraiment envie d'aller voir Naples...), le scénario qui se dévoile peu à peu, dont on soupçonne la fin (encore que), a quand même des facilités voir des contradictions. Les 2 heures ne se méritent pas, quelques coupes, surtout le dernier 1/4 d'heure, auraient allégé le propos.
Très beau film. Pierfrancesco Favino est excellent ,lumineux. La ville est très bien filmée au plus près si bien qu'on croirait s'y retrouver nous aussi.
À voir si on aime le bon cinéma italien intemporel et réaliste avec un excellent casting d'acteur... Naples et ses ruelles,les catacombes,le soleil du sud de l'Italie et surtout les coutumes inchangées qui perdurent encore
Adapté d'un roman d'Ermano Rea disparu peu après l'avoir écrit, " nostalgia" est l'histoire d'un homme attaché à sa ville et sans doute victime du sentiment qu'éprouvent les exilés lorsqu'ils sont trop longtemps éloignés de leur terre natale.
Parallèlement, le film développe la violence de Naples et par extension, donne une vision de l'Italie fidele aux descriptions de Leonardo Scassia.
Un Napolitain partit vivre à l'étranger pour fuir un avenir de délinquant, revient quatre décennies après son départ, avec l'intention d'y vivre de nouveau. Mais une ancienne connaissance devenue influente dans la pègre locale s'y oppose.
Les déambulations du personnage principal sont admirablement rendues et l'ambiance de la ville finit par captiver par son étrangeté, par ses codes impalpables et angoissants.
Le réalisateur confirmé M Martone ( peu connu en France) - son film sur Leopardi ne m'avait pas convaincu - parvient à mettre peu à peu en place un film au charme envoûtant. Il fut présenté en compétition officielle à Cannes (2022) sans obtenir de récompense.
La seule réserve que je ferais à ce film d'ambiance réussi, concerne le choix de l'acteur principal P. Favino ( vu dans " romanze criminale" et dans l'excellent " le traitre" de M Bellochio) qui m'a semblé d'apparence trop juvénile en regard de son rôle et de ses vis à vis pour ne pas nuire à la crédibilité du personnage.