Sorte d'Au hasard Balthazar 2.0, l’odyssée vibrante et émouvante d’un âne en peine face à la cruauté des hommes, servie par une mise en scène sublime. La dernière partie est moins convaincante. 3,25
Un film astucieux, avec le monde contemporain vu sous le prisme de ce petit âne. Nous passerons par différentes étapes : bien sûr au départ sa vie de rêve dans un cirque avec une jolie écuyère. Puis tout bascule quand des activistes animalistes font fermer le cirque. L’âne part pour une vie d’errance avec des passages plus ou moins durs : comme bête de somme, comme animal de compagnie, pour rejoindre dans un troupeau d ‘ânes. Un certain nombre de situations cocasses, originales. on comprend bien certaines allégories, mais tout cela est un peu mou.
Un film intimiste et poétique filmé à hauteur d'âne. Surprenant, même si cet éloge de la simplicité s'encombre d'effets inutiles et que le film devient rapidement redondant. Et puis les critiques se sont un peu enflammées : c'est juste le voyage d'un âne...
Grandement inspiré par Au hasard Balthazar - seul film à lui avoir arraché les larmes - Jerzy Skolimowski assume le geste Bressonnien en reprenant le concept de départ (l'humanité vue à travers les yeux d'un âne). Pour aller où ? Au même endroit. La grande limite de ce voyage, constellé de superbes images (le vol à travers l'épaisse forêt, par exemple), se situe précisément là. On a pas de mal à se prendre d'affection pour l'équidé, compagnon de route rêvé dans ce périple où le meilleur et le pire de l'Homme lui sont révélés. Dommage que l'incursion se perde lors d'une dernière partie hors-sujet au sein d'un palais familial avant de revenir à une douloureuse simplicité. Dans une veine proche, Cheval de Guerre de Spielberg me paraît plus fort et terrassant. EO demeure sympathique, rehaussé de quelques éclats formalistes - les séquences cauchemardesques en rouge - mais en fin de compte routinier.mais convenu.
Filmé à hauteur d'âne, avec ses beaux yeux curieux et vifs, ce petit métrage polonais qui représentera son pays pour l'Oscar du meilleur film étranger se regarde avec plaisir. Original, photo et B.O très soignée, le réalisateur manque parfois de simplicité face à un sujet qu'il a choisi d'être lui, dépouillé. Peu de dialogues, juste le sentiment de passer de main en main, de vivre des paysages différents, des ambiances différentes, des gens attentionnés et d'autres, opportunistes. A l'arrivée, un joli film, déjà récompensé par un prix du Jury à Cannes.
Dans la tête d'un âne. C'est un film sensoriel et sensible, magnifié par une mise en scène inspirée, un film avec peu de dialogues qui nous offre un voyage assez unique, tout dédié à la cause animale. Leur quiétude se confronte à l'agitation humaine, mélange de bêtises, de bruits et parfois de bonté. Une expérience cinématographique assez unique. Je n'ai pas vu le film de Bresson mais c'est par comparaison un film très supérieur au Cheval de guerre de Spielberg
Conseiller de ne pas mettre aux yeux des enfants après une bande annonce qui est trompeur, sinon, mon regard d'adulte à trouvé ce film plutôt pas mal ! Jerry Skolimowski ne travaillé pas chez Disney et nous le montre avec un long métrage auquel on suit le regard, les mouvements d'un âne venant du monde du cirque avec une maîtresse attendrissante envers l'animal mais les chemins doivent se séparer. 'EO" fera un long voyage, passant par exemple sur un match de foot amateurs l'emmenant jusqu'à la troisième mi-temps arrosé, allant jusqu'à chercher sa maîtresse dans ses visions d'animal. Un long métrage un peu violent comme le chauffeur routier se faisant zigouiller par la gorge. Jerzy Skolimowski filmé souvent la mélancolie et le ressenti de l'âne qu'il réussit à y transmettre à l'écran. Après, on aime ou pas, ce n'est pas du sentimentalisme dégoulinant. A noter, Isabelle Huppert a un petit rôle de passage.
Original et recherché sur le plan de l'image. Un peu déçue néanmoins car je pensais qu'il y aurait une voix off donnant les impressions de l'âne, ce qui n'est pas le cas. Or là, c'est un peu trop simpliste même si le message sur la condition animale parvient au spectateur.
Le Prix du Scénario ex-aequo du Festival de Cannes 2022 nous emmène dans la vie d'un âne et cet âne c'est nous. Avec cette métaphore très réussi, le réalisateur arrive a dépeindre notre société et la futilité de notre société moderne. Il fallait osé, il a réussi.
Coécrit et realisé par Jerzy Skolimowski, Eo est un long-métrage dramatique aussi beau que cruel. L'histoire nous fait suivre le destin d'un âne provenant d'un cirque, qui va se retrouver confronté à un exode à la fois libérateur et le menant à une vie d'errance, faisant sur son passage des rencontres changeant son chemin. Ce scénario parvient à nous happer immédiatement dans ce récit créant des sentiments ambivalents, à l'image des scènes poignantes se suivant tout du long, entre joie, espoir et tristesse. Ce parcours, d'une heure et vingt minutes, est une véritable ode à la faune en traitant en profondeur le sujet du bien-être animal. La thématique est abordée avec dignité et réalisme à travers cet âne totalement attachant en plus d'être particulièrement photogénique. Sa bouille et son regard fendent le cœur. Le reste de la distribution comporte une belle promesse avec Sandra Drzymalska et une actrice confirmée faisant une apparition en la présence d'Isabelle Huppert. Cependant, ces rôles humains sont en retrait par rapport à l'animal, en témoigne les dialogues peu nombreux. Mais si cette œuvre est si magnifique, c'est en grande partie grâce à son esthétisme. Celle-ci est somptueusement mélancolique. La réalisation de Jerzy Skolimowski offre des plans divins et des mouvements de caméras osés. Sa mise en scène comporte de la narration visuelle, fourmille d'idées et s'écarte des conventions. Elle dégage une beauté naturelle et capte sous tous les angles chaque réactions d'Eo afin de nous faire ressentir ce qu'il vit à travers ses yeux qui reflètent son point de vue. De plus, elle évolue dans des décors variés, tantôt très sombres, tantôt pleins d'espérances. Ceux-ci sont parfaitement mis en avant grâce à un jeu d'éclairage et d'étalonnage remarquable. Ajoutez à cela une photographie sublime et vous obtenez un visuel tout simplement mirifique. Ce dernier est en plus magnifié par une b.o. parfaitement dans le ton. Ses notes sont en totale adéquation avec les situations et savent laisser place aux bruits environnants et aux silences quand nécessaire, afin de renforcer l'atmosphère pesante. Cette destinée pleine de souffrance se conclut sur une fin aussi marquante que traumatisante, venant mettre un terme à Eo, qui s'avère être une petite pépite grâce à son propos traité avec justesse et sa forme lui conférant un cachet singulier mettant en lumière le fond.
Déstabilisant dans un premier temps (le format carré, la réalisation heurtée...), "EO" séduit ensuite de plus en plus. La mise en scène finit par magnifier les visions étonnantes du réalisateur. Sur le fond, le film ne fait pas de quartier quant aux agissements d'une humanité qui ne porte plus très bien son nom... Jusqu'à la chute, glaçante.
Grand Prix du Jury à Cannes, la promesse de trip sensoriel dans la peau d’un âne symbole du sort fait par l’homme aux animaux était tellement belle que la déception en fût que plus forte. Le générique, très esthétique, donnait le ton ; pour le coup, il est très immersif ; le monde du cirque vu par l’âne EO durant un spectacle. Par la suite, la narration s’écarte bien souvent de l’âne pour mettre au centre de l’histoire. Et pour nous faire vivre les drames que va vivre EO, chaque séquence se conclut par une chute par fois improbable parfois excessive ; ce qui amoindrit la puissance du propos. Même la scène finale frappe à côté de la cible. Ce road-movie anesque ne restera dans les annales que pour quelques plans d’une beauté formelle extrême ; dont les regards profonds d’EO qui eux touche au cœur. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
A plus de 80 ans, Jerzy Skolimoski nous étonne encore de part le choix du sujet comme sur la façon de le raconter. Inspiré du "Au hasard Balthazar" de Robert Bresson, le film qui suit le parcours d'un âne impose dès son ouverture une mise en scène audacieuse, voire expérimentale. La caméra quasiment à hauteur du regard asinien, des images somptueuses ponctuant les différentes rencontres faites par l'âne, le film livre une réflexion sur la relation homme / animal, évoquant la maltraitance animale, évoquant aussi l'humanité dans ce qu'elle a de bon et de mauvais. La fin un peu trop ouverte peut laisser sur sa fin mais l'essentiel est finalement dit et de belle manière.
Ce film polonais, qui a reçu le prix du jury à Cannes en 2022, se rapproche d’un documentaire animalier. L’idée est de montrer la vie d’un âne jusqu’à sa destination finale en Italie, et les évènements extérieurs avec des hommes souvent plus « bêtes » que lui. Les prises de vues sont très réussies, et le réalisateur démontre son amour des animaux. Je n’ai par contre pas du tout compris la fin, avec une incursion de Isabelle Huppert venant comme un cheveu sur la soupe. Mais ce film original est à voir.