EO
Note moyenne
3,5
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208 critiques spectateurs

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traversay1

4 502 abonnés 5 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2022
Les yeux sont le miroir (ou le reflet) de l'âne, Jerzy Skolimowski le prouve après Robert Bresson, avec ce regard qui émeut par sa sage douceur et qui est témoin, sans ruer dans les brancards, du spectacle des turpitudes et cruautés humaines. Et hennit soit qui mal y pense. EO est une expérience sensorielle ébouriffante, réalisée par un jeune réalisateur de 84 ans, dont l'audace, l'inventivité et le sens plastique (les animaux dans la forêt, le quadrupède sur le pont face au barrage) ont peu d'équivalent dans le cinéma contemporain. Cela passe aussi par quelques scènes hallucinées et peu compréhensibles et par la présence superfétatoire de Isabelle Huppert mais on ne va pas crier haro sur le baudet pour si peu, alors que le film est d'une poésie constante, en dépit de la violence de certains moments à l'égard des animaux, en particulier. L'anthropomorphisme est présent dans EO mais pas comme chez Disney, évidemment, avec une touche sentimentale étonnante pour cet ongulé si déconsidéré, quand on le compare à la noblesse des chevaux, comme le montrent avec des accents sensibles plusieurs scènes. Maintenant que le bonnet d'âne n'est plus qu'un souvenir d'une autre époque et qu'on ne traite (presque) plus personne d'âne bâté, c'est à l'une des rares expressions positives concernant ce magnifique animal que l'on pense, pour rendre grâce à son tempérament et à son indépendance : "on ne force pas un âne qui n'a pas soif à boire."
Christophe L.
Christophe L.

5 abonnés 41 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 19 octobre 2022
Arrivé dans la salle suite à une erreur d'affichage des séances, j'ai quitté cette même salle au bout de 30 minutes.
Cela faisait très longtemps que je n'avais pas assisté à un film aussi nul et démoralisant.
Et pourtant j'adore les ânes!
naitsyrk
naitsyrk

23 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 octobre 2022
Film très difficile à voir des scènes violente, une musique difficile à supporter tout ceci pour créer un ambiance insoutenable. Tout est moche et violent. Est-ce la société polonaise d'aujourd'hui ? A voir le cœur accrocher. Ou encore passer à autre chose.
Pascal
Pascal

256 abonnés 2 476 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 octobre 2022
Le cinéaste polonais J Skolimowski ( 84 ans) qui appartient à la même génération que celle de Polanski, auteur d'une filmographie intéressante et de qualité, est revenu sur la scène du festival de Cannes ( 2022 ) où il obtint le prix du jury avec son dernier film : "Eo".

Visiblement inspiré par Bresson et son " au hasard Balthazar " , par le sujet abordé, c'est à mes yeux une sacrée déception.

A travers l'histoire d'un âne qui change fréquemment de propriétaires, c'est un regard désenchanté sur la condition humaine et sur l'homme tout court.

Si la photographie et les cadrages sont particulièrement réussis, le scénario et les dialogues sont beaucoup trop vides pour susciter mon adhésion à ce film que j'aurais voulu aimer, mais en vain.

Si Bresson avait réussi les suites de portraits qu'il proposait dans " au hasard...", Skolimowski est beaucoup trop elliptique pour accrocher plus de 30 minutes le regard du spectateur sur un film qui finit par tourner en rond et malheureusement à lasser.
Ça tourne
Ça tourne

40 abonnés 56 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2022
Claire référence au film de Bresson, "Eo" ou "Hi-Han" de Jerzy Skolimowski est un film atypique et émouvant. C'est l'animal, dans toute sa sensibilité mais aussi toute sa complexité, qui est placé au centre du long-métrage. Le cinéaste se place alors au plus près de son protagoniste, à l'intérieur de lui-même pourrait-on dire, et donne ainsi à voir à travers les yeux de l'animal. C'est en effet par le choix de ses plans, par ses couleurs, par son thème si particulier et sa sensibilité que le réalisateur parvient à ravir esthétiquement son spectateur ainsi qu'à le fasciner et à le séduire.
Aubert T.
Aubert T.

143 abonnés 161 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 octobre 2022
C'est une expérience sensorielle qu'on ne peut comparer avec pas grand chose d'autre. La bande son est superbe, les images sublimissimes, et chaque scène franchit un palier émotionnel supérieur. La stupidité, la violence, la cupidité, et disons le, l'inanité de l'homme dans le règne animal, vues par le regard d'un âne prennent à la gorge jusque dans un final assez brutal. Certains trouveront ça un brin fumeux. Mais ceux qui se laisseront embarquer trouveront bouleversant.ce film de compassion.
Jean-Christophe M
Jean-Christophe M

18 abonnés 59 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 17 octobre 2022
C'est quoi ce film sans intérêt ? Des scènes qui se suivent sans aucun lien. Des surdoses de filtres rouges, bleus blancs ... un scénario ... ah non il n'y en a pas. Bref d'un ennui indescriptible. Il y a bien longtemps que je me suis autant ennuyé. Il y a tout de même un point positif : le film ne dure qu'une heure 30.
OSC4R _
OSC4R _

82 abonnés 55 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 octobre 2022
J’adore les ânes.

Utiliser le point de vue d’un âne pour parler des humains et de la société avec seulement deux plans subjectifs, c’est la chose la plus intelligente que j’ai vu au cinéma depuis très longtemps.

C’est extrêmement bien réalisé, toujours inventif. Et ça met sur pause le temps pour embarquer dans un voyage sensoriel (et un poil engagé), un peu à la Pinocchio. Chaque image est sublime et justifiée. Les bruitages sont exceptionnels.

L’arc narratif avec Isabelle Huppert ne sert à rien. C’est la petite longueur sur la fin. Mais il permet d’avoir Isabelle Huppert au casting.

L’âne est adorable, ultra expressif, inattendu mais très bien choisi. On s’identifie. J’en veux un.
Marko P
Marko P

3 abonnés 19 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 octobre 2022
Du très grand cinéma pour célébrer la condition animale confrontée à notre inhumanité. Un film choc visuellement sidérant qui m’a scotché à mon fauteuil de bout en bout avec des expérimentations au bord de l’hallucination pour suggérer le monde mental de cet âne dont on accompagne le chemin de croix comme à travers le prisme de ses sensations et de ses rêves. La bande son de Pawel Mykietyn est également immersive et très impressionnante. L’ensemble est incroyablement beau et puissant sans jamais sombrer dans la morbidité ou le sordide. Il y a des séquences dures malgré les ellipses mais EO nous bouleverse par son innocence qui ne juge pas (il est une figure christique comme l’était l’idiot de Dostoyevski) jusqu’à un final qui pourrait faire croire à une forme de paradis retrouvé ou d’arche de Noé mais dont on pressent qu’il ouvre malheureusement plutôt les portes d’un nouvel enfer dont Skolimowski nous épargne les atrocités. Un chef d’œuvre instantané auquel j’aurais donné mille fois la Palme d’or.
Critique Facile
Critique Facile

109 abonnés 116 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 août 2022
https://leschroniquesdecliffhanger.com/2022/05/20/eo-hi-han-critique/

Dès les premières images de EO, l’on a envie de pleurer chaque seconde sans trop savoir pourquoi. Ça s’appelle l’art dans sa subjectivité, ou la conjonctivite… Partons pour la première option. Avec ce que traverse d’abominable humanité pendant les 01H26 du film, cet Âne devient le signe des temps. Quel coup de sabot, quel génie… Une terrifiante allégorie de notre folie totale, de nos massacres ordinaires.

L’Âne de Skolimowski est tendrement humain et on se dit que l’Oscar du meilleur acteur ne pourra pas lui échapper l’an prochain. Il y a forcément quelque chose de différent avec ce film, qui questionne l’humanité dysfonctionnelle et qui répète inlassablement sa barbarie journalière. En attendant le pire qui n’est jamais très loin, l’Âne aura rendu votre vie plus belle tant ce cinéma, si vous avez la chance d’être touché par lui, transforme cette proposition audacieuse et renversante en chef-d’œuvre.
Cinememories

596 abonnés 1 673 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juin 2022
L’un des fer-de-lance polonais a gagné en visibilité sur la croisette cette année. Outre Roman Polanski et Andrzej Wajda, Jerzy Skolimowski est un cinéaste qui n’hésite pas à suralimenter l’expérience de visionnage, afin de fluidifier sa narration, quitte à perdre une partie de son public. Il nous revient avec un objet purement sensoriel dans une sélection cannoise qui a déjà goûté à la palme. Pourtant, l’ambition de ce dernier n’est pas aussi luxuriante, elle se révèle même modeste, au prix de mille détours émotionnels. En misant sur le point de vue innocent d’un animal mélancolique, il brosse le portrait contemporain d’une nation à la fois sauvage, vivante et sans concession. Le visage du monde peut également se lire dans un coin, où certaines tendances sociales ne sont que les conséquences des mesures éthiques et capitalistes.

Godard est dans chaque plan de cette odyssée, à l’image du roi d’Ithaque qui recherche éternellement son foyer. Eo est ainsi catapulté du cirque où il a été élevé avec un certain amour, celui d’accompagner Kassandra (Sandra Drzymalska) dans chacune de ses chutes, face à un public qui se satisfait de leur cœur saignant et encore tout chaud. Les gros plans se multiplient sur le désespoir de l’animal, dont on ne saura jamais s’il éprouve un besoin de renouer avec une nouvelle âme solitaire ou bien avec cet inconnu, qu’il sonde et qui le libère du joug de l’Homme. Eo est fatalement pris entre deux feux, entre la bienveillance et la brutalité d’un environnement qu’il ne peut que fuir, afin d’envisager un avenir, pourtant incertain. C’est toute cette tragédie qui anime le parcours de ce dernier, à travers les champs, les villages et les routes, où chaque escale est ponctuée par un jeu de regard entre l’animal et sa proie.

Le fantôme de Robert Bresson règne dans tout le récit, sachant que le cinéaste polonais lui doit son élan. Comme « Au Hasard Balthazar », son héros croise la route de l’humanité, souvent comprimé dans ses propres déboires, ses propres intérêts, alors que lui reste là, à attendre qu’on le soutienne ou qu’on le libère de ce monde froid et repoussant. Ce ne sera pas aussi dépressif qu’on le pense, car d’autres instants empoignent l’amour pour Eo comme un acte de réconciliation et un acte de rébellion, face à la violence. Nul ne peut célébrer sans se blesser de nos jours et c’est un constat navrant que l’on lit dans les yeux de la bête, mais pas seulement. Skolimowski cherche à dépasser le noir et blanc de son aîné, par la force de la composition et du mouvement, comme si la vie de l’âne gris en dépendait. Travellings et codes de l’horreur, parfois fantastiques, sont les bienvenus dans les transitions ou les ruptures de ton soudaines.

Ce sont dans ces moments précis, qu’« Eo » (Hi-Han) explore toutes les nuances entre le rêve et la cauchemar. La bande-originale sera également là pour nous rappeler cet inconnu qui s’empare de chacun de ses pas et de l’écran, un son qui agît comme une piqûre, là où on ne l’attend pas et qui est plaisant de recevoir. L’ignorance est la valeur la mieux entretenue par l’Homme, tout comme ses diverses formes de violences. Le verbe est donc économisé et l’image parle d’elle-même. C’est ce sur quoi le film prend son envol et c’est ce sur quoi l’âne et sa protectrice se séparent, au prix de larmes que le spectateur est en droit de partager.
Audrey L

817 abonnés 2 864 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mai 2022
Amis des bêtes, attention : on est ressorti de la séance la boule au ventre, le moral dans les chaussettes et les yeux boursoufflés, étant très sensible au thème de la cruauté envers les animaux, on a été plus que copieusement servi. Eo vous raconte ainsi l'histoire d'un âne de cirque qui parvient à s'évader...mais avant de crier intérieurement "Yes !" à la lecture de ce synopsis (comme on l'a fait en pensant voir un film mignon), sachez simplement qu'il ne s'en échappe que pour mieux se faire torturer, de toutes les façons que vous pouvez imaginer (et même celles que vous n'aurez jamais pensé voir...). Voici donc que le gentil petit âne spoiler: tire une charrette lourde en plein soleil et en se faisant aboyer dessus par un molosse, porte des gamins bruyants dans un circuit éternellement identique, puis passe par une forêt où se déroule une battue sanglante, puis tombe dans une ferme à fourrure (à ce stade, on a commencé à sentir nos tripes faire des demi-tours), puis dans une ferme de reproduction forcée, dans des transports et abattoirs écœurants de cruauté.
On savait pertinemment comment l'histoire allait finir, et pourtant, on n'a pas pu se lever de notre siège, préférant moucher et souffrir en silence comme l'ensemble de la salle, une communion de papiers froissés et de jurons soupirés pour dire combien il y en a marre de ces pratiques légales qui n'ont rien d'humain, d'éthique, de normal, en soit. Après Okja, Eo nous en a remis une couche en y ajoutant toutes les maltraitances animales existantes, et on déplore que la liste soit toujours si longue. Le film pâtit néanmoins de sa mise en scène clinquante qui cherche outrancièrement la récompense en ce Festival de Cannes, ce qui est vraiment dommage car on perd parfois de vue le propos ("Pourquoi il y a un skieur qui traverse ?!", "Allez l'éolienne sur filtre rouge, tu vas voir qu'on va tourner simultanément, comme dans une lessiveuse... Et voilà.", "On peut avoir le nom du fou qui a fait la musique,"...). On se pique aussi à penser qu'il y a toujours un brin d'hypocrisie à ce genre de films qui dénoncent la maltraitance animale...en faisant tourner un animal (surtout vu les situations stressantes reproduites dans le film, même pour de faux... Le logo "bien-être animal" à la fin nous a fait rire jaune). Néanmoins, pour le bien de la majorité animale, Eo est un visionnage plus que nécessaire, une douleur poignante du spectateur (un véritable marquage au fer rouge, impossible de l'oublier) qui permettra un jour, on veut y croire, d'avoir un vrai respect et une bienveillance sincère à l'égard des animaux. Pauvre bête, vraiment : pauvre bête.
Arthur Brondy

302 abonnés 1 490 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mai 2022
L’histoire tragique d’un âne - EO - prononcé « Hi Han » qui malgré sa relation privilégiée avec Kasandra, dresseuse dans un cirque va être saisi et placé dans un haras avec des chevaux. Mais ce dernier va subir déconvenue sur déconvenue, et va être déplacé encore et encore. Au fil des rencontres, le film s’attelle à montrer comment l’homme s’accapare les animaux, leurs sentiments et leurs vies, les utilisant à tort et à travers se moquant littéralement du bien être de l’animal. Un film engagé et puissant filmé à merveille. Petit bémol malgré tout, au milieu de ce petit chef d’œuvre, le réalisateur décide d’y glisser quelques séquences rouges qui n’apporte absolument rien au récit…
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