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Jean-Marc P.
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4,0
Publiée le 5 novembre 2022
On sort secoué par cette oeuvre sensible qui ne tombe pas dans les clichés militant. Tout dans l'image, la mise en scène ou la bande son est quasi expérimental, nous parle de notre monde en vrille dans l'oeil d'un âne
Les pérégrinations d’un âne débonnaire, EO, en Pologne et en Italie, de nos jours, permettent à Skolimoski de déployer sa virtuosité technique et son inspiration poétique en plaçant sa caméra dans le regard de l’âne. Il nous raconte aussi une histoire qui dresse un portrait contrasté mais le plus souvent négatif de ses congénères, en particulier dans leurs relations avec les animaux. Certaines scènes sont sidérantes. Un objet cinématographique présenté comme « expérimental » et qui l’est à bien des égards sans en avoir le caractère ennuyeux le plus souvent attaché à ce terme.
Formidable, rare, à ne pas manquer ! Un renouveau de cinéma, une expérience sensorielle, des plans époustouflants. La forme est sublime, et le fond éthique. Et puis l'âne est attachant.
Je suis allée voir le film mais... pas en entier. Ce film m'a mise très très mal à l'aise. Je l'ai trouvé angoissant. Au point que j'ai fini par fermer les yeux plusieurs fois. Après la scène où Il est passé à tabac, c'était trop pour moi. Je suis sortie du cinéma. D'un point de vue de la réalisation, c'est intéressant. La musique, les couleurs, les scènes, les gros plans. Tout concourt à être plongé dans un monde à part. Mais un monde qui n'est pas pour moi. J'aurais envie d'écrire " Âme sensible s'abstenir" . Ce film m'interpellait, au moins je ne regrette pas de ne pas y être allée.
EO me semble être l'accompagnement le plus adéquat pour un mois de novembre: incroyablement déprimant,gris,sinistre.La morale du film ;à savoir plus, je vois les hommes plus j'aime les ânes n'a rien de nouveau & de follement original .Isabelle Huppert intervient inexplicablement lors d'une courte séquence ridicule où il ne manquerait plus que du jambon de Parme pour en faire une bonne pub des 90's.Puis elle disparait ! Ouf on retrouve notre âne, il nous avait presque manqué. C'est un film qui m'a semblé long nonobstant sa courte durée.Alors EO let's go ?Ben non vraiment pas.
Déstabilisant dans un premier temps (le format carré, la réalisation heurtée...), "EO" séduit ensuite de plus en plus. La mise en scène finit par magnifier les visions étonnantes du réalisateur. Sur le fond, le film ne fait pas de quartier quant aux agissements d'une humanité qui ne porte plus très bien son nom... Jusqu'à la chute, glaçante.
Film lourd et caricatural qui reprend la structure d'au hasard Balthazar réalisé par Bresson il y a près de 60 ans -, sans rien y ajouter, bien au contraire. Tout y est mécanique et outrancier, aucun point de vue , ni de l'âne ni de l'homme ...
Pauvres animaux domestiques condamnés à fusionner leur destin avec ceux d'humains à capacité de bêtise et de cruauté sans limites ! Ce film techniquement très abouti (images et sons) est d'une belle créativité sur ce thème. L'apparition d'Huppert, bien incongrue et fort mal jouée, est la seule petite fausse note de ce petit joyau sur la tristesse de la condition animale.
Un film dont on sort très malheureux. Un film qui convertirait à l'antispécisme le plus enragé des bouffeurs de chateaubriands saignants. Le mal qu'on leur fait, à ceux avec qui on devrait partager honnêtement la planète... Je ne suis pas très émotive, au cinéma, en général; mais là....
Le prolifique Jerzy Skolimowski qui, depuis "Le couteau dans l'eau" (où nous l'avions découvert comme dialoguiste), a réalisé pas mal de films, quelquefois commerciaux, parfois ratés, et de toute sorte: drames sociaux mais aussi policiers, comédies.... a décidé à 84 ans de parler de ce qui le touche le plus: la nature et les animaux (il nous le dit au moment du générique de fin), et a fait un film personnel, absolument pas commercial pour le coup (et qui pourtant a beaucoup de succès). Et a réalisé un chef d'oeuvre, sans doute son chef d'oeuvre. Un film quasiment sans dialogues, sans héros, juste des silhouettes qui passent (comme l'impériale Isabelle Huppert en mère indigne d'un étrange prêtre), tandis qu'EO passe, lui, de main en main. Ce sont les années de vie d'un petit âne triste et fugueur. Les hommes, ces silhouettes? Ils sont souvent moches, ridicules. EO voudrait juste retrouver la seule qu'il ait aimé, Kasandra (Sandra Drzymalska), celle avec qui il faisait un numéro au cirque... Oui, mais voilà, les écolos sont arrivés: "Non aux cirques avec animaux!", depuis le petit âne est balloté d'un endroit à l'autre, et toujours il se sauve, part au hasard sur les routes, pensant, sans doute, retrouver Kassandra? Mascotte éphémère d'une équipe de foot qui va se faire casser la gueule par l'équipe perdante qui en profite pour tabasser EO à mort, jugé responsable de leur défaite.. Animaux en cage, renards enfermés aux yeux fous; cheval -un magnifique arabe hyper-typé- que la réclusion au box rend dingue; loups que l'on abat, sans qu'on sache s'ils avaient commis des déprédations; et vaches d'élevage intensif, à qui EO emboite le pas, dans le besoin sans doute d'une présence animale, dont le seul sort est d'être conduites à l'abattoir. Mais alliée avec les animaux, il y a la nature filmée avec une splendeur, une poésie, un mystère aussi jamais atteints. Images oniriques, on suit le cours d'un ruisseau cascadant, on voit l'horizon devenir rouge sang, un Grand Duc impérial et terrifiant règne sur la forêt. C'est sublime....
Performance du réalisateur de montrer la cruauté et la bêtise des hommes à travers les yeux de cet âne. Les paysages de la Pologne sont empreints d'histoire. J'ai parfois trouvé un manque de rythme dans ce film très lancinent. L'intérêt du film est clairement l'éveil de tout un chacun à la cause animale.
L’âne est touchant, expressif et à un très beau regard mais je n’ai pas accroché avec le scénario décousu du film. La bande son est insupportable. Beaucoup de scènes sont inutilement violentes ou hors sujet notamment celle avec Isabelle Huper.
Un vrai regard et mise en abime de comment les humains exploitent et violentent les animaux comme un fait "normal". On est avec cet âne à travers tous les déboires de sa vie parmi nous. Très beau dans sa forme, extrêmement juste et essentiel dans son propos de fond. Un film Très différent , à voir pour cela et aussi : qu'est-ce que ça fait du bien de ne pas suivre sur l'écran des histoires d'humains bavards et justes préoccupés de leur personne !
Parabole ? « L’âne n’est pas celui qu’on croyait……..Non, les méchants, les sots sont bien d’espèce humaine. Mais je dois l’avouer, la scène entre Isabelle Huppert et son « fils prêtre » m’a totalement échappée….
Et si la photographie est superbe dans les scènes extérieures, la bande son souligne les menaces au dessus de notre Eo. Par contre, le message des hommes plus bêtes que ce Eo, ne m’a pas vraiment convaincu.
Que ce soit au cirque, où Eo n’est que le petit âne au milieu des chevaux superbes ou comme mascotte de l’équipe de foot, on voit que cet animal attachant est sous le joug des hommes, un peu bêtas ou sauvages…. on le voit changer de vie fréquemment mais toujours exploité.
Eo comme les autres espèces animales (chevaux, chiens, veaux) est le jouet des hommes
De superbes plans. Un jeu incroyable sur la lumière. Intrigue très originale et réussie autour d'un âne qui déambule sans jamais être au bon endroit pour lui : à un match de foot avec des reporters fous, dans un camion en train d'être emmené à l'abattoir, entraîné par un prêtre italien dans une grande maison familiale...
Le vieux maitre Skolimowski (84 ans) dresse a travers le regard et les déambulations d’un âne le portrait de ses contemporains. A travers des plans d’une incroyable force picturale et musicale, invitant à de multiples niveaux de lecture l’impassible équidé regarde la folie, la brutalité des hommes, et leur trop peu d’amour,... Bien plus qu’une fable animiste, EO est une formidable expérience de cinéma, un surprenant et vivifiant poème visuel.