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Paul B
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3,5
Publiée le 4 novembre 2023
Le film est original et c'est devenu rare : Peu de films mettent en scène des maladies mentales, encore moins des maladies rares (syndrome de Munschausen ici), et rarement avec un trait réaliste ou bien joué. Ici c'est le contraire : Tout est habilement traité. Que ça soit le besoin d'attention qui pousse à mentir ou à être carrément mythomane. La mise en danger de la maladie physique engendrée par les comportements dangereux qui vont avec. Et enfin la peur que ça se sache.
Les seuls défauts du film sont le doublage VF désastreux et la redite.
À Oslo, Signe glisse peu à peu vers la périphérie du récit. Dans un monde où l’existence semble n’avoir de valeur qu’à travers le regard des autres, cette mise à l’écart devient insupportable. Alors elle adopte une stratégie radicale : avaler un médicament clandestin qui détruit progressivement sa peau.
La mise en scène glacial, laisse surgir le grotesque sans prévenir. Pas de stylisation horrifique, pas de musique dramatique pour souligner l’horreur : seulement un corps qui se dégrade tandis que le monde continue de tourner comme si de rien n’était. Et c’est là que se révèle le paradoxe : plus Signe se désagrège, plus les regards convergent vers elle. Les médias s’en emparent, les artistes commentent, la souffrance devient matière première, presque un contenu comme un autre.
La rivalité entre les deux amants expose alors une même logique. Lui bâtit son succès sur des gestes provocateurs : voler des objets du quotidien pour les ériger en œuvres. Les critiques d’art s’en emparent, les entourent de discours savants, leur prêtent une profondeur qu’ils n’ont peut-être pas. Le spectateur comprend que la reconnaissance artistique repose moins sur la qualité intrinsèque d’une œuvre que sur sa capacité à s’inscrire dans un réseau de discours et de visibilité. Elle, de son côté, transforme sa propre mutilation en performance. Là réside l'ambiguïté. Signe est à la fois pathétique et lucide, victime et stratège. Borgli l’observe comme un symptôme de son époque. Les séquences oniriques renforcent encore cette complexité, brouillant la frontière entre fantasme et réalité.
En d'autres mots, si l’attention est devenue une monnaie, transformer sa propre vie en spectacle n’a peut-être plus rien d’absurde. Le film montre comment cette compétition permanente pousse les individus à produire des gestes de plus en plus extrêmes pour émerger du flux médiatique.
Et puis, la satire devient un miroir : combien de nos comportements obéissent à la même logique, simplement à une échelle moins spectaculaire.
Moins talentueux, néanmoins, que le cinéaste doublement Palmé à Cannes, Borgli propose un film met en scène un couple installé dans une forme d'hyper narcissisme devenant toxique de la part des deux personnages qui envisagent des manières diamétralement opposées pour gagner la bataille des égos.
Adepte d’un certain humour noir, tout comme Ruben Östlund, le cinéaste norvégien réalise une satire sociale montrant la lente descente aux enfers d’une fille qui voulait qu’on l’aime toujours plus quitte à y laisser sa peau.
Malgré la pertinence du sujet, et quelques bonnes idées ici est là, le film n’atteint jamais le niveau de férocité, de finesse et d’humour que l’on pouvait trouver dans Sans filtre, notamment.
Certes, beaucoup moins ambitieux que le cinéma de Östlund, Sick of Myself révèle un peu trop linéaire et, au final, assez peu surprenant dans sa manière de faire avancer son histoire. J’aurais aimé un film encore plus mordant, plus cruel, avec des personnages moins superficiels et mieux écrits. N’empêche que l’on suivra avec curiosité le prochain film de Kristoffer Borgli.
Borgli aime les films à concept, à dispositif, en bon moraliste (cf dream scenario). Et cela fonctionne plutôt bien, enettant en avant nos narcissisme maladifs. A voir
Lire la critique complète ici : https://doisjelevoir.com/2023/05/28/sick-of-myself-une-vision-cynique-brillante-sur-notre-societe-autocentree/
Dans "Sick Of Myself", Signe est une menteuse pathologique obsédée par l'attention, repoussant les limites avec audace et ignorant les conséquences. Son parcours chaotique est présenté de manière déjantée, captivant le spectateur jusqu'à sa chute inévitable vers la destruction. Le film est une satire incroyable de la société contemporaine, tournant en dérision les aspects sombres avec un humour noir. Les personnages peu sympathiques se retrouvent dans des situations exagérées, suscitant malaise et amusement. Le comportement autodestructeur de Signe est déchirant à observer, nous poussant à réfléchir sur nos propres faiblesses. L'indifférence totale des autres personnages souligne l'égoïsme présent dans notre société. Kristine Kujath Thorp livre une performance exceptionnelle dans le rôle principal, révélant tout son talent. Eirik Sæther est brillant dans le rôle du copain égoïste obsédé par sa carrière et jaloux de l'attention de sa copine. Ensemble, ils forment un couple toxique de narcissiques, illustrant parfaitement la nature malsaine de leur relation.
Kristoffer Borgli va au bout de son idée. Pour parler du narcissisme de notre société, il bâtit une histoire autour d'un couple dont l'une souffre de la notoriété de l'autre. Rejetant l'explicite et la psychanalyse de comptoir, le réalisateur laisse son personnage aller au bout de son délire narcissique, comme un scientifique dépassant les limites de son expérience. Cela donne un film drôle et transgressif. On pourra reprocher une fin qui se répète mais l'originalité du scénario et le cynisme social font oublier les quelques maladresses. Jubilatoire.
Intuitivement, si je n’avais pas pris la peine de me renseigner, j’aurais pu croire qu’il s’agissait d’un film de l’Autrichien Ulrich Seidl, le plus misanthrope des cinéastes.. Reste que Kristoffer Borgli n’aime visiblement pas beaucoup les gens non plus. Signe vit dans l’ombre de son compagnon Thomas, artiste narcissique et bouffi d’égo qui vole des meubles pour en faire des œuvres d’art. Frustrée, elle tente tant bien que mal d’attirer l’attention sur elle mais sans succès…jusqu’au jour où elle découvre un médicament russe dont la consommation abusive cause d’horribles lésions cutanées. Elle décide donc consciemment de le surdoser et, faute de pouvoir obtenir la compassion de Thomas, de mettre son visage défiguré en scène sur les réseaux sociaux. ‘Sick of myself’ est le genre de film qu’on regarde fixement, un peu incrédule et totalement mal à l’aise, parce qu’il s’agit de son unique objectif : tendre un miroir à peine déformant au spectateur, en tant que représentant de la société dans lequel il vit, et lui répéter à quel point il est moche. Tyrannie des réseaux sociaux, obsession de la popularité, solitude égocentrique, superficialité de l’art et médiocrité du crédo esthétique bourgeois, inversion des valeurs érigée au rang de démarche, mercantilisation cynique du handicap,...tout le monde en prend pour son grade. Les personnages sont immondes, presque sans exception, et je ne parle pas uniquement de tares physiques. ‘Sick of myself’ est un film sombre, déprimant, avec cette absence de mesure dans la négativité qui est propre aux Scandinaves. On ne peut même pas le rembarrer en prétextant qu’il s’agit d’une caricature grossière car on sait confusément que si Kristoffer Borgli force le trait, ce n’est pas de beaucoup. Vous aimez gratter vos croûtes, ressasser et ressasser encore l’idée selon laquelle le monde est horrible et sans espoir ? Faites une petite pause, vous l’avez bien mérité : pendant une heure trente, ‘Sick of myself’ va les gratter à votre place.
C'est un film un peu particulier, ce film nous montre une maladie psychologique peu connue... est ce vrailent une maladie ? En tout cas le réalisateur K. Borgli essaye de nous montrer sa version de cette maladie.
Signe vit dans l’ombre de son petit ami Thomas, à qui tout réussit. En manque d’attention, elle décide de faire croire à son entourage qu’elle est atteinte d’une maladie rare. Mais le mensonge fonctionne un peu trop bien, et elle est vite prise à son propre piège. Le personnage principal féminin de Sick of Myself est plus perturbé que le film est perturbant. Même si le film est intéressant, on tourne vite en rond. Si au début je compatissais pour Signe qui a une forme de narcissisme, elle m'a vite perdu. Mis à part cela, c'est un bon scénario avec de bonnes idées, mais trop basé sur Signe et c'est assez ennuyant par moment malgré tout. Ce film n'est pas classé dans les films d'horreur, pourtant certaines images sont assez choquantes et pourraient le faire entrer dans cette catégorie. Après certaines de mes critiques sur le film, j'ai quand même plus ou moins aimé Sick of Myself qui n'est pas parfait, mais se laisse regarder.
Film intéressant à prendre au second degré sur un couple aux rapports peu sympathiques et le besoin de se rendre à tout prix intéressant en évitant de s'assumer pleinement soi-même. Pour ce faire, Signe se défigure volontairement en prenant trop de médicaments à effet secondaire. C'est la seule façon qu'elle a trouvée pour que ses proches se préoccupent d'elle, prennent de ses nouvelles et la plaignent. La scène de sexe au cours de laquelle son compagnon lui parle de son enterrement est particulièrement criante car mène à une forte jouissance. Une fois enlaidie, déformée, à peine humaine (crachant du sang, vomissant, ayant du mal a deglutir même de l'eau), elle devient heureuse et proclame "I am happy to live" à sa seance de thérapie de groupe. Cette intrigue nous fait réfléchir sur le bonheur et la façon dont les gens ont du mal à se rendre heureux sans avoir besoin impérativement du regard constant des autres.
L histoire devient au long du film assez malaisante de regarder cette femme se détruire par besoin de reconnaissance mais l héroïne ne suscite pas l'empathie et les scènes de rêves de gloire sont assez agacantes. Un certain manque de rythme aussi même si le flegme scandinave est toujours plaisant.
Le film est satyrique, critique de ces gens qui peu à peu oublient leurs humanités pour devenir des créatures égoïstes ou à l'inverse des monstres réfugiés dans les ombres. On ne comprend plus pourquoi on veut nous voir à part ce besoin terrible d'une attention perverse. Le personnage de Signe qui peut paraître désagréable au début à une progression vers l'enfer qui en réalité nous fait nous spectateurs l'humaniser de plus en plus. L'interprétation en finesse de Kristine Kujath Thorp est un des gros plus du film qui brille par une ironie noire omniprésente et une esthétique "classe", à la norvégienne. C'est une critique de notre société qui ne sait plus la place des individus qui eux mêmes se perdent entre ces parois tranchées de la popularité. Que rêver ? Qu'espérer ? La seule base stable de l'héroïne (son copain) est à l'image de nos valeurs communes : beaucoup trop instables, fantasmées et inatteignables. Le monstre est une Signe ; signe qu'il faut peut-être arrêter de rêver et dire : j'aime vivre.
Satire réussie de l'égocentrisme et du narcissisme encouragés par les réseaux sociaux, mais au bout de trois quarts d'heure, l'inspiration s'essouffle et la charge devient tellement outrancière qu'elle n'est même plus drôle.