1081 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
87 critiques spectateurs
5
2 critiques
4
29 critiques
3
33 critiques
2
17 critiques
1
4 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Simon Bernard
207 abonnés
689 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 9 juin 2023
Signe est une jeune femme en manque permanent d'attention et en compétition perpétuelle avec son compagnon. Lorsque ce dernier commence à rencontrer le succès, Signe décide de frapper un grand coup pour devenir la plus intéressante des deux : développer une maladie rare. Mais est-ce que cela suffira à la faire se sentir exister ? En salle le 31 mai.
spoiler: Sick Of Myself nous plonge dans le quotidien d'un couple extrêmement malsain où chaque fait d'arme de l'un est rabaissé par l'autre, jusqu'à ce qu'elle finisse difforme et lui en prison. Le film a une manière intéressante de s'interroger sur les actes de cette jeune femme sans jamais tomber dans l'explication facile : on ne nous montre pas les raisons désignées de son comportement, seulement les conséquences. Toutefois, la descente aux enfers de Signe est assez linéaire et ne nous étonne pas plus que ça à la fin. La critique faite sur les médias est un peu grossière avec la femme malvoyante.
C’est peu dire que cette production scandinave passée par Cannes l’an passé est un sacré condensé d’humour noir qui va loin et ose tout. Et qui se moque de manière jubilatoire des travers d’une certaine partie de la société. On n’avait pas ri jaune de la sorte depuis très longtemps. Depuis une autre œuvre passée par le plus grand festival de cinéma du monde mais sortie avant alors qu’elle a été présentée l’an dernier également. Une œuvre qui a aussi été mise en scène par un cinéaste scandinave, d’ailleurs récipiendaire de la récompense suprême. Il s’agit bien sûr de « Sans filtre » de Ruben Östlund, un film qui a fait le tour du monde grâce à cette Palme d’or et qui a dû faire de l’ombre à ce « Sick of myself », pourtant presque aussi qualitatif. En effet, la tonalité est la même et la critique sociétale vise presque les mêmes catégories de personnes. Ici, ce sont davantage les artistes comme dans « The Square » qu’on écorne, la précédente Palme d’or d’Östlund, et comme dans le premier segment de « Sans filtre », mais aussi et surtout les personnes en manque de reconnaissance en général, ces fameux Narcisse modernes. On retrouve pareillement ce côté typiquement scandinave et cette façon de faire rire à froid, peut-être de manière moins maîtrisée et surtout moins ambitieuse mais en revanche plus pop, plus concise et plus humble. Le film du norvégien Kristoffer Borgli, passé lui par Un Certain Regard, a donc la malchance de passer après l’œuvre multi-primée de son confrère suédois. Passée inaperçue, elle n’en demeure pas moins aussi drôle et corrosive même si moins définitive.
Mais que serait « Sick of myself » sans l’incroyable prestation de sa comédienne principale. Kristine Kujath Thorp, se glisse dans la peau d’un personnage vraiment pas facile et surtout très casse-gueule (dans tous les sens du terme!). Dans le rôle d’une jeune femme à la vie sociale et professionnelle un peu ratée, jalouse de son artiste de compagnon qui attire toute l’attention et qui va trouver tous les moyens pour se tirer la couverture à elle, elle est incroyable. Épatante. On n’en dira pas plus sur sa transformation physique pour ne pas gâcher la surprise mais cela va très loin et nous fait jubiler. Après il faut avouer que c’est un peu poussif, que les traits du personnage et ses actions sont presque improbables et grossières. Néanmoins, l’actrice rend cela acceptable et le long-métrage parvient à nous montrer les dérives de ce besoin de reconnaissance narcissique propre à nos sociétés occidentales et modernes de manière probante. Si le film dérive presque dans le body horror vers la fin c’est bien négocié et cohérent avec l’engrenage de folie dans lequel se place Signe. Quant à l’humour noir, il est servi sur un plateau royal. On rit certes, tellement c’est énorme, mais nos rires sont presque empreints de malaise face à ce qui se passe devant nous, presque intimement persuadé que cela pourrait au final arriver à quelqu’un. « Sick of myself » n’a peur de rien et va au fond de son sujet mais c’est grâce aux moments fantasmés par Signe, dans sa course à la célébrité, que l’on rit le plus. La séquence de l’enterrement vaut d’ailleurs son pesant de cacahuètes. Un petit film corrosif, à l’humour qui tache mais qui prend bien le pouls de notre époque et ne lésine devant rien pour nous le faire comprendre. Le petit cousin éloigné et mal élevé du fameux Östlund en somme.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
Satire réussie de l'égocentrisme et du narcissisme encouragés par les réseaux sociaux, mais au bout de trois quarts d'heure, l'inspiration s'essouffle et la charge devient tellement outrancière qu'elle n'est même plus drôle.
Film intéressant à prendre au second degré sur un couple aux rapports peu sympathiques et le besoin de se rendre à tout prix intéressant en évitant de s'assumer pleinement soi-même. Pour ce faire, Signe se défigure volontairement en prenant trop de médicaments à effet secondaire. C'est la seule façon qu'elle a trouvée pour que ses proches se préoccupent d'elle, prennent de ses nouvelles et la plaignent. La scène de sexe au cours de laquelle son compagnon lui parle de son enterrement est particulièrement criante car mène à une forte jouissance. Une fois enlaidie, déformée, à peine humaine (crachant du sang, vomissant, ayant du mal a deglutir même de l'eau), elle devient heureuse et proclame "I am happy to live" à sa seance de thérapie de groupe. Cette intrigue nous fait réfléchir sur le bonheur et la façon dont les gens ont du mal à se rendre heureux sans avoir besoin impérativement du regard constant des autres.
Signe vit dans l’ombre de son petit ami Thomas, à qui tout réussit. En manque d’attention, elle va tout faire pour inverser la tendance afin que l’on ne remarque plus qu’elle. A ses risques et périls…
Pour son second long-métrage, le cinéaste norvégien Kristoffer Borgli dépeint une société rongée par l’individualisme à travers le portrait d’un couple de suédois tout ce qu’il y a de plus classique en apparence, sauf qu’en y regardant de plus près, on constate rapidement que rien ne va. Thomas vole des meubles pour les transformer en œuvres d’art et Signe, sa compagne, voit d’un très mauvais œil sa nouvelle notoriété au point de voir naître en elle un narcissisme exacerbé.
Un couple bien sous tous rapports aux yeux des autres alors qu’en réalité, il n’en est rien puisqu’ils sont toxiques l’un envers l’autre. On suit Signe dans sa lente descente aux enfers lorsqu’elle décide de se provoquer une maladie de la peau afin que désormais, tous les regards se tournent vers elle.
Kristoffer Borgli nous embarque avec son héroïne dans sa spirale de mensonges et son gavage médicamenteux qui, lentement mais sûrement, la défigure au point de créer de la révulsion à son égard. Sick of Myself (2022) est une comédie grinçante et cynique, comme l’était Sans filtre (2022), la Palme d’Or suédoise. Le réalisateur soigne sa mise en scène (nombreuses sont les séquences qui mettent mal à l’aise les spectateurs) et la transformation de Signe est tout bonnement saisissante (les maquillages prothétiques sont bluffants) et Kristine Kujath Thorp y est sidérante. Une comédie douce-amère qui nous rappelle la société dans laquelle nous sommes, celle du diktat de la beauté et du paraître, celle d’être vu et apprécié.
Plus drame que comédie. Très nordique avec ce coté névrosé de pas mal de personne , le film suit donc la derive d'une jeune femme qui devient quasi folle et malheureusement la deuxième partie oscille entre réalité et fantasme , ce qui est difficile a suivre.
Si Signe était une publication sur un réseau social elle serait celle que personne ne voie, like ou retweet, pour mettre fin à cette transparence elle prend une décision radicale. Comédie acide comme savent le faire les scandinaves sur le narcissisme de notre époque qui cogne avec jubilation sur l'art moderne, l'inclusivité idiote et l'égotisme. Le réalisateur ne sait pas trop comment conclure son histoire mais l'ensemble est plutôt jouissif.
L histoire devient au long du film assez malaisante de regarder cette femme se détruire par besoin de reconnaissance mais l héroïne ne suscite pas l'empathie et les scènes de rêves de gloire sont assez agacantes. Un certain manque de rythme aussi même si le flegme scandinave est toujours plaisant.
Le film est satyrique, critique de ces gens qui peu à peu oublient leurs humanités pour devenir des créatures égoïstes ou à l'inverse des monstres réfugiés dans les ombres. On ne comprend plus pourquoi on veut nous voir à part ce besoin terrible d'une attention perverse. Le personnage de Signe qui peut paraître désagréable au début à une progression vers l'enfer qui en réalité nous fait nous spectateurs l'humaniser de plus en plus. L'interprétation en finesse de Kristine Kujath Thorp est un des gros plus du film qui brille par une ironie noire omniprésente et une esthétique "classe", à la norvégienne. C'est une critique de notre société qui ne sait plus la place des individus qui eux mêmes se perdent entre ces parois tranchées de la popularité. Que rêver ? Qu'espérer ? La seule base stable de l'héroïne (son copain) est à l'image de nos valeurs communes : beaucoup trop instables, fantasmées et inatteignables. Le monstre est une Signe ; signe qu'il faut peut-être arrêter de rêver et dire : j'aime vivre.
Cette comédie noire est une satyre du narcissisme et de l’égocentrisme de notre époque. Le mixte entre réalité et imaginaire, compassion et dégoût, est habile. Les détails cyniques sont nombreux et subtils, suscitant sourire ou rejet. Clivant, il ne fera pas l’unanimité.
Excellent film de Kristoffer Borgli dont son précédent film l'excellent "Sick of Myself " était déjà une satire Sociale et là il pousse le curseur encore un peu plus loin et c'est étonnant , drôle mais pas amusant , cruel et amer ! Nicolas Cage est juste parfait dans son rôle lui qui par le passé a quand même quelques navets à son actif mais là il déploie tout son génie burlesque ! ...
Une illustration très outrancière du mal du siècle : le narcissisme. Le personnage principal est une insupportable nombriliste qui cherche l'attention et la célébrité à tout prix, quitte à devenir à l'extérieur le monstre qu'elle est à l'intérieur. Une sorte de Dorian Gray inversé en quelque sorte. Même la mauvaise publicité reste de la publicité bonne à prendre pour elle. En compétition perpétuelle et malsaine avec son petit ami, aussi insupportable qu'elle, elle fait subir au spectateur un long calvaire totalement vain. Un film inutile et écoeurant de bout en bout. Âmes romanesques : dispensez vous en.