Leila et ses frères
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Bernard D.
Bernard D.

130 abonnés 613 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 septembre 2022
« Leila et ses frères » (2022) est le second film du réalisateur iranien vivant en Iran, Saeed Roustaee, dont j’avais apprécié « La loi de Téhéran » sorti l’année dernière. Il change ici complétement de registre avec une histoire familiale : Heshmat (Saeed Poursamimi) est le père vieillissant et un peu chétif de 4 frères fort différents en termes de physionomie et de caractère et un peu branquignoles en dehors de Alireza (Navid Mohammadzadeh) plus subtil mais qui vient d’être licencié d’une grosse boite de sidérurgie tombée en faillite frauduleuse et évacuée manu-militari… et de Leila (Taraneh Allidousti) qui est la cadette, toujours célibataire, la plus « futée ». Cette famille fort modeste vit dans une petite maison les uns sur les autres avec forcément des tensions parfois très vives. Leila travaille dans un centre commercial luxueux où se présente l’opportunité d’acheter quelques mètres carrés pour y ouvrir une boutique ce qui permettrait à tous de mieux vivre. Mais en faisant les comptes, il manque pour l’apport une somme assez importante … et le père de dire qu’il a 40 pièces d’or qu’il va offrir en cadeau de mariage au fils de son cousin ce qui lui permettra de devenir le « parrain » cad l’aïeul respecté du clan des Jourablou. Que faire : permettre au père d’accéder à ce titre honorifique ou acheter ces quelques mètres carrés de toilettes qu’un des frères lave tous les jours, et en faire une boutique de luxe rentable … quel beau symbole en soi !
Un film pour ma part trop long (2 h 40) dans lequel on s’y perd dans toutes les magouilles d’argent avec une surabondance de dialogues (et donc de sous-titres) qui gêne pour apprécier la finesse et la plastique de ce film fort bien réalisé (cf. la scène du mariage) et très prenant avec à de multiples reprises des larmes perlant sur le visage de Leila, la « sœur courage ». Un film qui montre une société iranienne écartelée entre la réalité économique soumise aux décisions de Trump, et le poids de ses traditions patriarcales, religieuses et machistes. Un film qui m’évoque les sagas familiales des films italiens d’une certaine époque.
Muriel F.
Muriel F.

70 abonnés 328 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 août 2022
Du grand cinéma ! Une famille, un pays en crise, des illusions et surtout des désillusions, et le tout nous donne une histoire plus qu'émouvante et forte. Les acteurs sont tendus, sous pression, presque torturés dans un Iran loin d'être enchanteur. Des clans d'une autre ère qui perpetuent des traditions dans le contexte d'une modernité recherchée et à la fois bannie. Tout est contradiction pour des êtres qui se cherchent à tous les âges en quête de reconnaissance ou de réussite. La femme est campée par la fille ambitieuse et dévouée. Image à l'opposée de sa mère, presque inexistante et soumise. Le père et les frères illustrent tous les profils masculins sans que la caricature l'emporte même si les signes physiques sont là pour exhacerber le propos. Tous les rôles sont exemplaires de justesse. A voir absolument !
Arthur Brondy

302 abonnés 1 490 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 septembre 2022
Leila et ses frères est un très beau film qui raconte l’histoire de Leila, qui se bat pour sortir sa famille de la précarité et de la honte. Mais face à elle, son père et ses frères lui mènent la vie dure. Durant ce long métrage conséquent, on découvre le poids des traditions, une famille avec ses joies, ses peines, ses secrets, ses trahisons. C’est somptueux, drôle et bouleversant.
Sylvain M.
Sylvain M.

13 abonnés 169 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 août 2022
Un bonheur, encore mieux que La loi de Téhéran. Joue avec beaucoup de justesse, très bien construit narrativement. Le film est assez long et lent mais on s'y plonge avec bonheur.
lpjdrdtv90
lpjdrdtv90

24 abonnés 55 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 août 2022
Dans un genre totalement différent de "La loi de téhéran", le réalisateur continue pouratnt à déboulonner le système iranien.
On est plongé très vite dans un drame familial avec père radin et orgueilleux, prêt à ruiner ses enfants pour exister auprès de ceux qui le méprisent depuis toujours.
On peut penser au pays, tenu par les religieux, qui n'aide pas le peuple à s'en sortir mais lu enfonce plutôt la tête sous l'eau en l'éduquant "par des croyances plutôt que par la réflexion" (c'est Leila qui dit ça à un moment crucial du film.)
Effectivement, sous couvert de tradition, de valeurs dépassées et bonnes à jeter, cette famille depuis des décennies est entraînée vers le bas par un père incpable d'amour, qui sacrifie la vie de ses enfants à la tradition.
Petit temps mou au 2/3 de la première heure, mais le film reprend du poil de la bête dès la longue séquence du mariage et ne nous lâche plus jusqu'à sa dernière image. D'autant que son propos réel (ce n'est pas juste une chronique familiale)nous apparaît de plus en plus clair et percutant.
Une claque.
selenie

7 460 abonnés 6 690 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 août 2022
"Une fresque qui tient de Tolstoï et du Parrain", mais le cinéaste lorgne plus du côté du ciné italien du néo-réalisme et social entre De Sica et Fellini. Par cette chronique familiale on plonge aussi dans les traditions iraniennes, où les convenances, us et coutumes sont un fardeau pour beaucoup. Mais outre le contexte particulier en Iran il y a aussi le passé intra-familial qui reste un peu trop dans l'ombre ; on ne sait pas grand chose des décennies précédentes, les frustrations, les regrets ou les rancoeurs sont violentes mais sont aussi parfois mystérieuses et/ou peu compréhensibles. Ainsi la soeur semble haïr ses parents et restent très froides avec certains de ses frères à l'exception de 1-2 scènes. Les frères sont très et trop différents, aussi bien physiquement que dans leur quotidien, une fratrie qui tient plus du panel caricatural à laquelle on a du mal à croire au début du film. Il manque surtout un peu d'empathie pour ces personnages (soeur trop radicale, certains frères benêts... etc...) pour qu'on soit vraiment touché même si certains passages sont très réussis notamment vers la fin. A conseiller.
Site : Selenie
Henner
Henner

93 abonnés 144 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 septembre 2022
Pourquoi pas quatre étoiles ? Parce que le réalisateur a oublié de se munir d'une paire de ciseaux et de couper une heure sur les presque trois heures du film ...passé le second tiers on roupille. Une dame à côté se pince pour rester éveillée; mon voisin de droite dort carrément et derrière j'entends un ronflement régulier. Faut-il fiche le camp ? On hésite et miracle, au moment du mariage le film démarre ... enfin. Remarquable jusqu'au bout avec un final éblouissant.
Pourquoi ne pas couper une heure de bavardages insipides ? Mystère !
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

231 abonnés 1 511 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 septembre 2022
Grosse déception pour ce deuxième film du réalisateur iranien Roustaee qui m'avait profondément impressionné avec sa "Loi de Téhéran". A aucun moment je n'ai trouvé la porte pour me faire rentrer dans ce récit familial verbeux et beaucoup trop long. Une histoire d'honneur, de pièce d'or et de chômage censée nous montrer la société iranienne et ses tourments qui m'a laissé de glace. J'ai quitté les promesses d'un Tarantino iranien pour me retrouver avec la réalité d'un Farhadi bis, aussi ennuyeux que son illustre compatriote.
Evelyne C.
Evelyne C.

2 abonnés 31 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 septembre 2022
trop long ! aurait eu plus de poids en étant plus condensé à mon avis. Montre le peu de place de la femme dans ces sociétés même lorsque les hommes montrés, surtout le père, sont loin d'être à la hauteur.
FaRem

10 595 abonnés 11 634 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 mars 2023
À travers l'histoire de cette fratrie dysfonctionnelle, Saeed Roustayi évoque la situation économique de son pays ou plutôt la crise économique d'un pays rongé par la pauvreté et miné par des sanctions toujours plus lourdes. Ces conséquences sociales sont donc montrées à travers cette famille composée de quatre frères, de leur sœur Leila et de leurs parents. Leila est épuisée de tenir à bout de bras sa famille avec ses frères chômeurs qui vivent grâce à son salaire et à la pension de leur père. Lorsqu'une opportunité se présente, elle les pousse à la saisir, mais c'est là que les tensions et désaccords vont apparaître... "Leila's Brothers" met du temps à se lancer ou plutôt j'ai mis du temps à saisir tous les codes de cette société et de comprendre les enjeux de certaines situations. De l'extérieur, l'histoire peut être déroutante, mais ça vaut le coup d'être patient, car elle se transforme en quelque chose d'aussi jouissif qu'émouvant. La situation est tellement désespérée qu'ils en viennent à se déchirer même si on ressent toujours de l'amour entre eux. La scène du mariage et celle qui clôture sont vraiment déchirantes. La plume de Saeed Roustayi est très efficace avec d'excellents dialogues et un humour incisif, mais il a su également parfaitement s'entourer d'un fabuleux casting. Bref, un bon drame.
Hotinhere

794 abonnés 5 495 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2023
Dans l'Iran patriarcale écrasé par les traditions, une femme sort du rang pour tenter de tirer ses frères de la galère.
Porté par un casting impeccable, un drame familial puissant, malgré quelques longueurs, qui témoigne des fêlures d’une société en crise. 3,75
Ti Nou

627 abonnés 3 904 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juillet 2025
Une saga familiale qui en dit beaucoup sur une société patriarcale malade. Broyé par le poids des traditions, une fratrie tente tant bien que mal de s’en sortir entre décisions hasardeuses et difficultés à s’extraire de sa classe. C’est brillamment écrit, dialogué et interprété.
Cinememories

596 abonnés 1 673 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 septembre 2022
Il n’a fallu qu’un premier film pour nous envoûter et nous malmener. « La Loi De Téhéran » a ainsi porté Saeed Roustaee vers une nouvelle consécration de prestige, dans la compétition officielle cannoise de cette année. Le cinéma iranien est de plus en plus mis en valeur, notamment après le récent succès de « Le Diable N’existe Pas » et « Un Héros ». Alors que la censure frappe aux portes de « Holy Spider » (Les Nuits de Mashhad) et ce dernier essai, particulièrement littéraire, la volonté de brasser l’authenticité d’une culture internationale ne fait que se renforcer. Cette tragédie familiale nous fait donc l’honneur de nourrir le portrait d’un pays qui se déchire de toute part, à commencer par un foyer, où les patriarches nous font adhérer à une expérience qu’on ne peut refuser.

Les références peuvent être nombreuses, mais le cinéaste investit particulièrement celle d’un « Père Goriot » (Saeed Poursamimi), qui n’a plus le sou à investir dans une famille qui tutoie la misère, jusque dans sa dépendance aux traditions, qu’elles soient de nature religieuse ou non. On laisse les histoires de drogues de côté et on se tourne à présent vers une autre foule, dont on arrache les emplois, les salaires et surtout une stabilité qui n’a rien du miroir social que l’on suit. L’inflation contamine l’économie d’une nation, déjà en proie avec ses propres démons, que l’on reconnaît à la lâcheté. Il faut bien de la résistance dans ce monde, qui n’arrête pas d’entraîner des individus dans la spirale du malheur. L’instinct et la réflexion sont du côté de Leila (Taraneh Alidoosti), tandis que les convictions les plus conservatrices règnent du côté de ses frères et notamment derrière ses aînés, qui ne parviennent plus à regarder leurs enfants pour leur richesse d’esprit.

L’étau se resserre inévitablement autour de chaque membre, une fois qu’on aura ouvert l’intrigue avec le mouvement des masses, significatif d’un peuple opprimé, soit par les forces de l’ordre, soit par les regards de ses soi-disant pairs, soit par une douleur physique intense, chose que le film transmettra sans peine au spectateur. On reconnaît ainsi Roustaee pour son cadrage vertigineux, au cœur d’une mêlée. Et quand bien même le nombre de protagoniste augmente au fur et à mesure, il ne délaisse aucun membre de la famille endettée. Leila est constamment poussée hors d’une voiture ou dans le hors-champ, accablant ainsi une suprématie patriarcale toujours présente, ainsi discrète dans son étalonnage. Pourtant, elle ne quittera jamais l’écran, car sa conscience guette chaque scène, où les hommes discutent et sont isolés pour éviter les potentiels caprices de cette dernière.

Il n’en est rien, elle finit par s’imposer dans l’esprit de ses frères, entre amour et trahison. Sa combativité force le respect, car ce n’est pas qu’une histoire d’argent, mais bien d’une défaillance plus profonde, ancrée dans la culture même de terres, qui n’ont plus rien de saint pour leur santé. Alireza (Navid Mohammadzadeh) incarne l’iranien lambda, prêt à se soumettre aux miettes de pain qu’on lui laisse, quitte à retarder sa déchéance et à éliminer tout espoir de réussite. Tout cela, le cinéaste ne manque pas de la capturer frontalement. Il n’est pas question de se montrer furtif, mais bien d’être incisif lorsque les protagonistes entrent en désaccord ou se regroupe à l’unisson. On ne retire aucun prestige aux scènes les plus communes, qui viendront trouver de l’écho à un moment ou un autre du récit, qui dégringole vers le drame ultime à partir d’un mariage, qui est davantage synonyme de divorce, voire de révolte.

Le bouleversant récit de « Leila’s Brothers » (Leila et ses frères) nous remet ainsi un second coup de poing où on ne l’attend pas, dans les sentiments, d’une famille qui masque la sincérité avec des apparences ou des fantasmes. Une vie honnête ne paie pas, mais qu’en est-il de l’unité, de la fraternité ? Tout le monde aura son morceau de culpabilité et de responsabilité à ronger, dans cette histoire de famille. Les figures masculines s’effondrent, avec un temps considérable, mais pas déraisonnable, afin que l’on puisse catapulter l’idée d’une relation manquée entre les personnages et leur environnement, qui les conditionne au naufrage et par défaut à l’incarcération à domicile.
elriad

522 abonnés 2 048 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 avril 2023
Un film dense qui plonge le spectateur au sein d'une famille pauvre d'Iran, composée des parents, de quatre frères et d'une sœur Leïla, tous vivant sous le même toit. Problèmes d'argent, d'Ego, de mensonges et de secrets, de rancœur et de jalousie, mais d'amour aussi. Beaucoup d'amour, quand l'un des leurs est en danger. Bavard et bien dialogué, les acteurs tiennent bien la route dans ces successions de scènes de famille pourtant pas faciles à jouer. Les traditions désuètes, le pouvoir clanique, la corruption gangrène ce pays comme nous pouvons le voir régulièrement aux actus, une photographie sans concession d'une facette de l'Ian. Parfois drôle, souvent émouvant, " Leila et ses frères" ne pâtit pas de sa longueur et livre une partition réussie.
cinono1

368 abonnés 2 292 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 octobre 2023
Une histoire de tradition et de modernité autour d'une modeste famille Iranienne. Quand les enfants pour conjurer leurs difficultés se lancent dans le projet d'une création d'un commerce, le patriarche rêve de reconnaissance au sein de sa communauté. Ce qui nous vaudra une scène de mariage magistrale. Saeed Roustaaee fait une radiographie de la société Iranienne, en proie à la crise économique et soumis aux poids des traditions. Il le fait à l'aide de sa réalisation à la fois fluide, belle et naturelle. Le film n'a quand même pas la force de sa Loi de Téhéran, il comporte, malgré les qualités citées, quelques longueurs et on peut penser que la situation est atténué, que la fratrie aurait explosé, au regard de la situation dans laquelle la famille est engluée avec tous ces mauvais choix. Enfin tout peut recommencer et c'est ce que nous dit la scène finale
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